Orelsan, comme à la maison
«J'aime trop venir à Paléo, c’est dans le haut du panier»

Fidèle du Paléo Festival et à la Suisse romande, Orelsan revient à Nyon pour la cinquième fois. A quelques heures de son passage sur la Grande Scène, le rappeur français se confie en exclusivité à Blick.
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Entre amour pour la Suisse et album le plus abouti, Orelsan fait le point sur sa carrière.
Photo: Camille Bertholet / Blick
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Léo MichoudJournaliste Blick

A Paléo, Orelsan est comme à la maison. Habitué du festival nyonnais, connaît bien les rives du Léman grâce à sa marque de vêtements Avnier, menée par le designer vaudois Sébastian Strappazzon. «Il se balade tranquillement entre les backstages, les loges et le parking, comme si de rien n'était», rigole un bénévole chargé de surveiller une entrée.

Le rappeur français, qui reviendra à l'Arena de Genève en novembre, a accepté l'interview de Blick, en exclusivité. Un cadavre de thé froid Migros traîne sur la table basse de sa loge. Détendu, Aurélien Cotentin – de son vrai nom – s’enfile dans le canapé, des Crocs aux pieds. Le voilà prêt à répondre à nos questions, à quelques heures de son troisième passage sur la Grande Scène.

Tu es venu au Paléo en 2012, 2014, 2018 et 2022. Est-ce que la Grande Scène, elle ne te fait plus rien?
(Il se marre dans sa barbe.) C’est un peu tous les deux ans, comme les JO quoi! Au contraire, j’aime trop venir. Les premières fois que j’ai joué ici, ce n’était pas sur la Grande Scène. Je m’en rappelle bien, donc voir l’évolution fait plaisir. On sait que Paléo, c’est dans le haut du panier des festivals. Au niveau du public, de l’accueil, des groupes qui jouent, il y a toujours un truc en plus. Et c’est une date particulière pour nous, notre dernière de l’été. Après, on en a fini avec les festivals.

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J’ai plein de potes en Suisse, je suis content de les voir
Orelsan
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Avec Avnier et Sébastian Strappazzon, tu connais bien la Suisse. C’est quoi que tu te réjouis de retrouver quand tu viens chez nous?
Franchement, il y a trop de trucs. J’aime bien les gens, le lac et la nourriture. J’ai plein de potes en fait, je suis content de les voir. Côté négatif, il y a juste le chocolat. Je suis allergique… Je sais pas pourquoi, ça me fait éternuer.

Tu clashes ton public dans «La petite voix». Tes fans de la première heure, tu espères qu’ils tirent quoi de ces quatre vérités que tu leur balances?
C’est pas vraiment ce que je pense, dans ce morceau. Ce sont des critiques qu’on peut entendre à droite à gauche. Pour «La fuite en avant», tout le projet est construit autour de ma partie négative qui essaie de me bouffer. Il y a la résolution à la fin de l’album. Ce que je pense est plutôt dans le morceau «Epiphanie», l'un des derniers. Donc ce qu’ils peuvent en tirer, c’est surtout de l’amusement. C’est fait pour rire. Je me clashe beaucoup moi-même, aussi, dans les paroles.

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A chaque étape de ma vie, mes albums étaient l’aboutissement maximum que je pouvais produire
Orelsan
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Des lecteurs nous ont envoyé des questions pour toi. L’un d’eux te demande, avec du recul, lequel de tes albums estimes-tu être le plus abouti?
Les albums, pour moi, ils définissent une période. A chaque étape de ma vie, mes albums étaient l’aboutissement maximum que je pouvais produire. Certains diront souvent que «La fête est finie» est mon album le plus abouti. C’est peut-être parce qu’il correspond à un moment donné, qu'il rappelle des souvenirs. Mais je le kiffe, lui et tous mes albums.

Ce n'est pas le dernier?
«La fuite en avant», ce n’est pas vraiment un album. C’est plutôt un concept qui prend tout son sens en association avec mon film «Yoroï» et la tournée. Un peu comme la bande originale de «Comment c’est loin» (ndlr: le film des Casseurs Flowteurs en 2015). Il mélange la fiction et la réalité. Et des chansons comme «Oulalalala» et «Ailleurs» sont vraiment liées au film. C’est un peu comme si tu écoutais l’album d’une comédie musicale.

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Certains morceaux peuvent rester de côté pendant un temps, puis revenir naturellement
Orelsan
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Est-ce que tu estimes qu’il a trouvé son public?
J’ai la tête dedans, donc c’est dur de répondre. J’attends que le film sorte sur les plateformes, parce que beaucoup de gens ne l’ont pas vu. Mais j’en suis satisfait et j’ai envie de continuer à exploiter les titres. On vient de sortir le remix de «Boss», en feat avec Juste Shani, et il y a encore des gens qui découvrent le morceau.

Est-ce qu’il y a des chansons que tu ne souhaites plus jouer, parce qu’elles te ramènent dans des périodes de vie que tu ne veux pas ressortir?
Il y a plein de raisons qui font que je ne joue pas certains morceaux sur scène. Ça dépend beaucoup de mon envie du moment, mais aussi de l’équilibre global de la setlist et de l’énergie que j’ai envie de donner au concert. J’ai tout un répertoire dans lequel je peux aller piocher selon ce qui me semble juste à ce moment-là. Certains morceaux peuvent rester de côté pendant un temps, puis revenir naturellement si je sens qu’ils ont de nouveau leur place sur scène.

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J’ai trouvé cool de mettre en avant ces rappeuses. Parce qu’elles sont des artistes féminines, mais surtout parce qu’elles ont du talent
Orelsan
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Tu viens de sortir un cypher (ndlr: une session rap à plusieurs) à 83% féminin, aux côtés de six rappeuses qui assurent. Ça fait partie de ta responsabilité, comme mec avec de la visibilité, de mettre des femmes en avant?
On a reçu beaucoup de retours là-dessus, c’est super. Je ne me suis pas vraiment posé la question de la responsabilité. Ce sont des rappeuses que je trouve hyper fortes. Je réfléchis avant tout sur le plan artistique. J’ai trouvé cool de les mettre en avant. Parce qu’elles sont des artistes féminines, mais surtout parce qu’elles ont du talent.

Et d’où est venue l’idée?
Je regarde souvent des cyphers anglais, comme ceux de la chaîne Balamii. J’ai regardé celui d’une rappeuse pas très connue, Ledbyher, qui avait invité plein de potes à elle. Je trouvais que ça correspondait bien à l'énergie du morceau «Boss», qui parle de ma femme.

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