L'artiste lausannoise sur scène
«J’ai joué devant trois personnes»: Marie Jay réalise son rêve à Paléo

A quelques heures de son premier concert à Paléo, la chanteuse lausannoise de 22 ans se confie sur son trac, son départ à Paris et son attachement à la Suisse. Elle raconte aussi le jour où elle a joué devant seulement trois personnes.
Marie Jay jouera pour la première fois au Paléo ce jeudi 23 juillet au Club Tent.
Photo: Blick / Solène Monney
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Solène MonneyJournaliste Blick

A quelques heures de monter pour la première fois sur une scène de Paléo, Marie Jay a accepté de répondre aux questions des internautes. Entre trac et excitation, la chanteuse lausannoise de 22 ans se confie avant son concert prévu à 16h30, ce jeudi 23 juillet, sous le Club Tent.

Elle revient sur son concert donné devant seulement trois personnes, son départ à Paris et son attachement toujours aussi fort à la Suisse. Après la sortie, en juin, de son deuxième EP, «Le rose, c’est has been», elle se réjouit de défendre ses nouvelles chansons sur scène tout l’été. Dans une période particulièrement créative, Marie Jay écrit déjà la suite.

Marie Jay, comment vous sentez-vous à quelques heures de votre concert à Paléo?
J’ai le trac, mais je suis aussi très joyeuse. Je suis en train de réaliser un rêve d’ado, donc c’est assez fou. Les deux émotions sont vraiment présentes à égalité.

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J’avais vu Angèle sous le Club Tent il y a quelques années. Me dire que je vais jouer là où elle s’est produite, symboliquement, c’est très fort
Marie Jay
»

En tant que Vaudoise, Paléo est-il un festival particulier pour vous?
Oui, c’est justement pour cela que c’est aussi fou de venir jouer ici. J’ai vu énormément d’artistes à Paléo et j’en ai aussi découvert beaucoup grâce à ce festival. J’avais notamment vu Angèle sous le Club Tent il y a quelques années. Me dire que je vais jouer là où elle s’est produite, symboliquement, c’est très fort.

Quel a été votre plus grand moment de solitude sur scène?
J’ai déjà fait six heures de route pour aller jouer dans une salle de 500 places, quelque part en France. En arrivant, les organisateurs nous ont expliqué qu’ils n’avaient pas fait beaucoup de publicité et qu’ils ne savaient pas combien de personnes viendraient. Finalement, j’ai joué devant trois personnes.

Vous les connaissiez?
Pas du tout. C’étaient trois dames d’une soixantaine d’années, adorables, assises dans un coin de la salle. Avant de commencer, je leur ai proposé de déplacer leurs chaises au milieu pour qu’elles soient mieux installées. Je me suis dit qu’elles étaient venues voir un concert et que j’allais donc leur offrir un vrai concert. C’est devenu une sorte de show privé. Elles étaient très bienveillantes et très attentives. Je voulais vraiment qu’elles vivent le concert qu’elles méritaient. A la fin, je connaissais leurs prénoms. On avait passé un petit moment entre filles, presque comme une soirée pyjama.

Vous vous êtes installée à Paris. Est-il devenu indispensable de quitter la Suisse pour développer une carrière ambitieuse dans la musique?
Je ne pense pas. Chacun doit faire comme il ou elle le souhaite. Personnellement, je suis dans une période où j’ai très envie de rencontrer des gens qui font la même chose que moi et de trouver de nouvelles personnes avec qui écrire des chansons. Au départ, Paris ne me faisait pas du tout envie. Je voyais ça comme une ville grise, un peu enfermante. Puis j’y suis allée trois ou quatre jours pour rencontrer des artistes. Je me suis rendu compte que j’avais envie d’aller voir six concerts différents et de boire des cafés avec huit personnes. 

Je me suis dit que ça pouvait être sympa de venir quelque temps pour baigner dans cette fourmilière créative. Cette envie est arrivée assez soudainement. Je ne sais pas combien de temps cela va durer. Mon cœur appartient malgré tout à la Suisse et j’ai envie de vivre ici. Mais pour une petite période, Paris est une expérience amusante.

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En Suisse romande, j’ai aujourd’hui la chance de pouvoir dire que le public, c’est la maison. Je ne prends pas cela pour acquis et je ne le prendrai jamais pour acquis
Marie Jay
»

Qu’est-ce qui vous manque le plus de la Suisse?
Le lac Léman, l’El Tony Maté – et je ne suis pas payée pour le dire –, mes chats, mes parents, mon frère, les arbres, le calme et les gens souriants. Je reviens quand même très souvent. Les personnes avec lesquelles je compose mes chansons sont à Lausanne, tout comme mon groupe. J’ai aussi encore beaucoup de concerts en Suisse. Cela me donne régulièrement une bonne excuse pour venir dire bonjour à ma famille.

Qu’est-ce qui distingue le public suisse des autres publics?
En Suisse romande, j’ai aujourd’hui la chance de pouvoir dire que le public, c’est la maison. Je ne prends pas cela pour acquis et je ne le prendrai jamais pour acquis. Lorsque je joue ici, il y a souvent dans les premiers rangs des personnes qui connaissent déjà une ou deux chansons de mon EP. J’ai l’impression qu’elles sont venues après avoir pris le temps d’écouter ma musique, et c’est très précieux. Il arrive même que certaines filles viennent habillées comme moi, avec les mêmes barrettes. C’est génial.

Quelle chanson de votre nouvel EP vous ressemble le plus aujourd’hui?
Je dirais «Oups». C’est la dernière chanson que j’ai écrite et je l’ai placée à la toute fin de l’EP. Elle est très second degré. Je l’ai écrite à un moment où j’avais envie de parler de choses pas forcément très joyeuses. De ces périodes où les galères s’enchaînent, où l’on se sent sous l’eau et où tout se casse un peu la figure. Mais j’avais aussi envie de raconter ces moments où l’on décide malgré tout de prendre les choses à la légère, de continuer à faire la fête et de danser au milieu de son propre chaos. La chanson mélange le dramatique et le «ce n’est pas si grave». Cela me représente assez bien.

Quelle chanson conseilleriez-vous à une personne qui ne connaît pas encore votre univers?
«Sparadrap» reste mon petit hymne. C’est une chanson que je chante beaucoup avec le public lorsque je monte sur scène. C’est un peu mon bébé, celui qui me connecte le plus directement aux gens.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite?
Cet été, je vais chanter toutes les nouvelles chansons que je viens de sortir pendant les concerts, jusqu'en automne. Je suis très heureuse et j’ai vraiment hâte. J’ai aussi beaucoup d’inspiration en ce moment. Je vais donc profiter de l’été pour écrire entre les concerts. Je ne sais pas encore ce que ces chansons deviendront ni quand elles sortiront, mais j’ai très envie d’écrire. On peut me souhaiter de continuer à faire de la musique de la manière la plus joyeuse et sincère possible. Et la santé de mes proches.

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