Hommages et invités surprise
Etincelante, Raye lance la 60e du Montreux Jazz, de retour au Stravinsky

Raye a illuminé le Stravinsky ce vendredi pour l'ouverture de la 60e édition du Montreux Jazz Festival. Avec une scène tournante et des invités surprises comme Alicia Keys, la chanteuse britannique a marqué les esprits.
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En ouverture de la 60e édition du Montreux Jazz, Raye a donné tout ce qu'elle avait dans un concert pensé pour l'occasion.
Photo: Keystone
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Léo MichoudJournaliste Blick

Raye a réveillé le Stravinsky, longtemps endormi par des années de rénovations. La chanteuse britannique à la voix virevoltante a tenu à «remercier l'organisation pour l'honneur d'ouvrir la 60e édition» du Montreux Jazz festival (MJF), ce vendredi 3 juillet. Et la jeune femme de 28 ans n'y est pas allée à reculons. Pour sa «carte blanche», elle n'a pas été avare de performances de haut vol... et de surprises.

Commençons peut-être par les rares point négatifs de la soirée. Dans un 2M2C qui vivait sa première vraie soirée musicale, après le show d'inauguration organisé par la Ville de Montreux le 28 mai dernier, le public a dû s'armer de patience pour rejoindre le Stravinsky Hall. Bénévoles encore un peu perdus, files d'attente désorganisées: pendant des dizaines de minutes, le rez-de-chaussée du Centre des congrès est resté plein à craquer et immobile.

Raye dans la grande famille du Jazz

Résultat: le concert a débuté avec un retard d'une demi heure. «Ça n'arrive pas souvent au Jazz de ne pas gérer», observe l'habitué sexagénaire Georges, venu avec son beau-fils admirer un nouvelle fois Raye à Montreux Jazz.

Il faut dire la diva britannique est chez elle dans la Riviera, elle qui a participé aux trois dernières éditions du festival. D'abord en tant que première partie en 2024 sur l'éphémère scène du Lac, puis sur la même estrade l'année suivante, mais comme tête d'affiche. Jusqu'à ouvrir les festivités ce vendredi, de quoi faire dire au directeur Mathieu Jaton que l'artiste «fait maintenant partie de la famille du Montreux Jazz Festival».

Une scène tournoyante

Au premier étage, dans la salle de concert mythique, le public découvre une disposition «inédite», de souvenir de festivalier de longue date: une scène ronde et tournante, plantée au milieu de la fosse, sur laquelle tombe de longs rideaux blancs. La véritable scène, elle, accueille plusieurs rangées de places «premium», qui offrent une vue imprenable sur la scène circulaire.

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Le balcon, lui, est dédié aux partenaires, dont le sponsor principal de la soirée – une grosse marque de montres. Les billets les moins chers sont à presque 150 francs. Le concert est «sold out», ce qui a réjoui le programmateur Rémi Bruggmann au moment de dévoiler à Blick les secrets de la programmation du MJF.

Dans cette disposition, la star du soir a tout le temps eu une partie du public à laquelle tourner le dos. Heureusement, la chanteuse à la voix d'or et aux émotions à fleur de peau n'est pas venue seule. Ses nombreux musiciens et ses deux choristes, répartis sur toute la scène, ne manquent pas d'interagir avec le public. Une question était sur toutes les lèvres: qui sont donc les «special guests» que Raye a ramené avec elle pour cette «soirée absolument exclusive»?

Alicia Keys et des surprises

Les surprises n'ont pas déçu. Le producteur et guitariste Mark Ronson est venu accompagner Raye pour une reprise de son fameux titre «Uptown Funk» et pour «Suzanne», titre de la Britanniqe.

Plus tard, c'est la superstar des années 2000 Alicia Keys qui a fait une apparition remarquée, pour interpréter deux titres en duo: son classique RnB «If I Ain't Got You» et le tube de Raye «Oscar Winning Tears». Le tout, sous les applaudissement nourris de la foule, avec laquelle Raye n'a pas manqué d'interagir – presque un peu trop, diraient certains.

Hommage aux artistes passés par là

Outre ses chansons, comme l'iconique «Where Is My Husband!» en clôture énergique du show, Raye a également rendu hommage aux artistes qui l'ont précédée sur la scène du Stravinsky. En reprenant du Nina Simone, du Prince avec «Purple Rain», du James Brown, du Ray Charles, ou encore la version de «Summertime» d'Ella Fitzgerald, passée par Montreux en 1969.

En qualifiant Montreux Jazz de «terre sacrée de la musique», en mentionnant son passage au chalet Claude Nobs et en dédiant une chanson à son grand-père suisse-allemand décédé, Raye s'est mis le public dans la poche. C'est par la virtuosité de son interprétation, par sa relation fusionnelle avec ses musiciens et par son lien avec le public rempli d'autodérision qu'elle a fait de sa prestation une ouverture de festival qui restera dans les mémoires.

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