La Listeria en cause?
Après avoir mangé une truite de chez Manor, elle croit «passer de vie à trépas»

Une sexagénaire vaudoise a été hospitalisée après avoir consommé une truite saumonée de chez Manor. Son mari accuse la listeria, raison d'un retrait du produit des magasins, mais le supermarché dément tout lien.
1/4
Après avoir mangé une truite achetée au Manor de Marin, Myriam s'est sentie mal. Son mari met en cause la Listeria.
Photo: manor.ch

En bref

Généré par l’IA, vérifié par la rédaction
  • Une séxagénaire vaudoise a souffert de graves symptômes, après avoir consommé une truite saumonée achetée chez Manor. Le produit avait été rappelé par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire en raison de la présence de Listeria monocytogenes dans un lot du même producteur.
  • Après vérification, Manor affirme que le produit consommé par la cliente n'appartenait pas au lot contaminé. Malgré cela, le mari de la victime maintient qu'il ne s'agissait pas d'une 'simple' gastro-entérite.
  • Le couple réclame un dédommagement couvrant les frais médicaux, mais Manor se limite à proposer le remboursement du produit. Le mari a contacté son assurance juridique, bien qu'il doute de l'issue favorable d'une telle démarche.
Blick_Leo_Michoud.png
Léo MichoudJournaliste Blick

«Elle a cru passer de vie à trépas», s’inquiète le Vaudois Luc*. Vendredi 7 et samedi 8 août, son épouse Myriam*, âgée de 66 ans, est restée au fond du lit avec «des crampes abdominales terribles, des nausées, des maux de tête et autres».

Le mercredi 5 août, la Nord-Vaudoise avait consommé «l’entier d’un paquet de truite saumonée acheté la veille chez Manor à Marin (NE) et retiré de la vente depuis». C’est grâce à l’article de Blick, annonçant le rappel du produit, que le couple a mis le doigt sur ce qui semblait alors être le problème.

La faute à la Listeria trouvée chez Manor?

Le 7 août dernier, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires a conseillé aux Suisses de ne pas consommer l’ensemble des produits à base de truite saumonée confectionnés par l’entreprise «Le Terroir du Léman». En cause? La détection de Listeria monocytogenes dans certaines préparations, vendues notamment dans des Manor Food, mais aussi dans d’autres commerces de détail de Suisse et en ligne.

Après deux jours de douleurs, doublés de deux «épisodes de selles molles» et d’un symptôme grippal, la sexagénaire s’est rendue aux urgences de l’hôpital de Sainte-Croix (VD). Le diagnostic du médecin fait état d’une «possible gastro-entérite virale» et suspecte un potentiel lien avec la listériose, l’infection liée à la bactérie.

Celle-ci est généralement bénigne chez les personnes en bonne santé, mais peut provoquer des symptômes graves chez les personnes immunodéprimées. La Listeria présente également des risques particuliers pour les personnes âgées, ainsi que les femmes enceintes.

«
Mon épouse se porte mieux, mais il faut surveiller toute aggravation de son état
Luc*, acheteur vaudois de truite
»

Elle a reçu les bons médicaments, a fait une première prise de sang, puis une seconde. «Mon épouse se porte mieux, mais il faut surveiller toute aggravation de son état pendant les 6 à 8 semaines prochaines», indique Luc. Ce dernier n’a pas mangé de truite, et n’a rien eu.

Dédommagement des frais médicaux

Le dimanche 9 août, le Vaudois adresse une réclamation à Manor: «Il n’y a pas de diagnostic clair, mais nous suspectons fortement un lien entre l’état de mon épouse et la présence de Listeria dans le produit retiré depuis de votre magasin». Il a reçu une réponse le mardi.

Selon Luc, Manor «répète ce que nous savons déjà et qui annonce que 'les articles peuvent être rapportés dans tous les supermarchés et que le prix de vente sera remboursé'.» Un remboursement lui importe peu, puisque l’article a déjà été consommé.

Le Vaudois juge «déplorable» la prise de position de Manor «en regard du préjudice causé». Il s’attend à un geste commercial de la part du supermarché, par exemple la prise en charge de la facture d’hôpital. «En achetant chez Manor, on espérait acheter un produit de qualité, élaboré en Suisse… Eh bien non. J’ai contacté mon assurance de protection juridique pour connaître mes droits à un dédommagement.»

«Après vérification», Manor dément

Blick a contacté Manor pour connaître le fin mot de l’histoire. Et surprise: le supermarché explique qu'«après vérification interne des faits», la truite ingérée par l’épouse de Luc n’était pas concernée par le retrait de la vente.

Voici ce qu’ont révélé les «investigations menées en collaboration avec le fabricant» par Manor: «Le produit consommé par cette personne portait une date limite de consommation (10/08) différente de celle des produits contaminés par la listeria. Il ne faisait donc pas partie du lot dans lequel la présence de Listeria monocytogenes avait été détectée.»

La porte-parole de Manor assure qu'«à ce stade, sur la base des éléments dont nous disposons, il n’existe aucun élément permettant d’établir un lien de causalité entre les symptômes présentés par la cliente et le produit qu’elle a consommé». C’est «par mesure de précaution» et «sans présumer que d’autres lots étaient contaminés», que «l’ensemble des produits concernés de ce fournisseur» ont été rappelés.

Luc campe sur ses positions

La firme a informé Luc de cet élément, en regrettant «vivement que son épouse soit tombée malade» et en lui souhaitant «de tout cœur un prompt rétablissement». Malgré son démenti, la firme bâloise indique prendre ce «signalement avec la plus grande attention» et avoir «intégré l’ensemble des informations et documents transmis à l’examen de cet incident».

«
Je crains qu’ils me disent que toute démarche à l’encontre de Manor soit vaine…
Luc*, acheteur vaudois de truite
»

De son côté, le Vaudois «reste néanmoins convaincu que [s]on épouse n’a pas eu une 'simple' gastro-entérite et qu’il s’agissait d’une intoxication plus grave de type Listeria». Il juge «regrettable que l’hôpital n’ait pas effectué de prélèvement des selles permettant d’en apporter la certitude».

Luc prévoit de contacter l’établissement médical pour savoir si une telle analyse est encore faisable, et a encore un rendez-vous avec son assistance juridique. Fort de ces nouvelles informations, il perd espoir quant à un dédommagement: «Je crains qu’ils me disent que toute démarche à l’encontre de Manor soit vaine…»

Articles les plus lus