Même dans les rêves les plus fous de certains, un basculement à droite de Lausanne n’est pas à l’ordre du jour. Comme depuis vingt ans, l’alliance de gauche compte la même répartition pour ses six sièges à la Municipalité (3 PS, 2 Vert-e-s et 1 POP pour un seul PLR). Au total, 22 candidates et candidats visent ces sept sièges, et la participation pourrait être propulsée vers le haut en raison des nombreux objets (communaux, cantonaux, fédéraux) sur un seul dimanche.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
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Dès lors, l’enjeu à droite est surtout de savoir si le PLR pourra grappiller un siège supplémentaire à l’Exécutif. La gauche a donc des sièges à défendre. Florence Germond (PS, trois législatures) et David Payot (POP, deux législatures) se retireront de leurs fonctions à la fin de l’exercice. Pas comme le syndic Grégoire Junod (PS) et le reste de la Muni, qui se présentent à nouveau.
La liste PS/Vert-e-s/POP compte sur six candidatures: les quatre sortants et deux nouveaux, Julien Eggenberger (PS) et Xavier Roth (POP). Les trois partis se voient comme un «rempart nécessaire pour défendre une société fondée sur des valeurs partagées de vivre ensemble, d’égalité, de solidarité, de durabilité et de dialogue». Comprenez: un «rempart» aux «droites radicales» qui «gagnent du terrain».
Placé sur la sellette, le POP n’a «pas peur»
Si les sept sièges sont remis en jeu, c’est tout particulièrement la position du Parti ouvrier populaire (POP) qui est présentée comme la plus fragile. La faute au passage au bulletin unique. Depuis cette campagne, les électeurs et les électrices ne votent plus pour une liste complète mais doivent cocher les noms soutenus individuellement (7 choix).
Malgré ses quatre élus au Conseil communal, le POP prend appui sur l’alliance de gauche pour maintenir son siège à la Muni. Des formations du centre et de la droite de l’échiquier politique y voient une opportunité. «Même si la droite s'attaque à la formation qui lui semble la plus extrême, je n’ai pas peur pour ce siège, clame Xavier Roth pour Blick. Cela ne veut pas dire que je suis sûr d’être élu. C’est un secret de polichinelle que ce siège est particulièrement à risque, mais ce rôle d’outsider me plaît.»
Au PLR, le municipal à la tête de la Sécurité Pierre-Antoine Hildbrand se représente. Il espère voir ses colistières Mathilde Maillard et Marlène Bérard arracher une place supplémentaire. «Le PLR a une très forte chance de gagner un deuxième siège, a affirmé le politologue à l’Université de Lausanne Andrea Pilotti à Keystone-ATS, lequel ne croit pour autant pas à un 3e siège.
Dans l’espoir de se joindre à la conquête d’un siège, l’UDC présente un ticket à trois têtes – la conseillère communale Patrizia Mori et les députés vaudois Fabrice Moscheni et Valentin Christe. Selon un autre politologue de l’UNIL, René Knüsel, il n’est «pas totalement exclu» que l’un des deux derniers cités «bouscule l’élection à Lausanne».
D’autres ont moins de chances d’être élus
Alliés, Virginie Cavalli (Vert’libéraux) et Serge de Ribaupierre (Le Centre) espèrent convaincre les «déçus de la majorité actuelle» qui ne veulent pas «tomber dans la droite sécuritaire et antisociale de l’UDC… et du PLR», comme l’a expliqué la Vert’libérale à Blick. Une élection constituerait une sacrée surprise.
Avec ses cinq candidatures, Ensemble à Gauche (EàG) entend défendre «une politique alternative à celle que mène la gauche molle», à destination des «découragés». Une stratégie plus individualiste que celle de ses alliés du POP.
Au total, 393 personnes ont déposé leur candidature à l’un des 100 sièges du Conseil communal. Lors de cette législature 2021-2026, le Législatif compte 76 élus de gauche et 28 de droite, les PLR et les UDC, mais aussi les Vert’libéraux (6 élus). La droite espère y faire son trou – voire y accéder pour les candidats du Centre.
Le PS y compte actuellement 29 membres. Pour les Vert-e-s, c’est 24 élus. Et pour Ensemble à Gauche/Solidarité, c’est 13, dont 4 POP. A droite, le PLR est à 21 conseillers communaux et l’UDC à 7. En l’état, l’issue de certains objets ne fait que peu de doute, à l’image du récent postulat de Johann Dupuis (EàG) portant sur la vente contrôlée de cocaïne – approuvé par le Conseil et renvoyé à la Municipalité le 10 février dernier.
Au total, 393 personnes ont déposé leur candidature à l’un des 100 sièges du Conseil communal. Lors de cette législature 2021-2026, le Législatif compte 76 élus de gauche et 28 de droite, les PLR et les UDC, mais aussi les Vert’libéraux (6 élus). La droite espère y faire son trou – voire y accéder pour les candidats du Centre.
Le PS y compte actuellement 29 membres. Pour les Vert-e-s, c’est 24 élus. Et pour Ensemble à Gauche/Solidarité, c’est 13, dont 4 POP. A droite, le PLR est à 21 conseillers communaux et l’UDC à 7. En l’état, l’issue de certains objets ne fait que peu de doute, à l’image du récent postulat de Johann Dupuis (EàG) portant sur la vente contrôlée de cocaïne – approuvé par le Conseil et renvoyé à la Municipalité le 10 février dernier.
Ne restent que trois candidatures indépendantes: Yasmine Alami pour Modernokratie, mouvement «ni de gauche, ni de droite» visant l’engagement des citoyens; Radu Ionescu pour Bon sens et Pragmatisme, qui plaide pour des actions «concrètes» ; et à l’extrême droite, Bruno Dupont pour Stop drogue et narcotrafic, dont le nom du mouvement est clair.
Problèmes en commun, solutions diverses
Mais pour quelle politique se battent les candidats? Tous les bords politiques observent des problématiques relatives aux dossiers chauds de Lausanne: drogue, police, logement, urbanisme et chantiers, commerçants mécontents et mobilité facilitée en ville. Mais tous n’apportent pas les mêmes solutions.
Le PLR et l’UDC ont imposé la thématique de la sécurité et du deal de rue. Pour ce qui est de la drogue, la droite espère par exemple faire appliquer rapidement la décision de la Municipalité de réserver les Espaces de consommation sécurisés (ECS) aux seuls résidents vaudois. Voire étendre cette mesure aux seuls Lausannois et à toutes les mesures de bas seuil. Pour autant, le parti socialiste est également favorable à des critères d’accès à ses deux ECS.
Candidat de gauche radicale, Guillaume Matthey assène que «les mesures décidées par le PS et le PLR vont renforcer la problématique de la consommation en pleine rue alors que ces partis prétendent la combattre». La police apparaît comme une solution au sentiment d’insécurité. Mais sous quelle forme? Une réforme est en cours à la suite de l’affaire des messages WhatsApp racistes. Chaque parti aimerait que cette réforme mette l’accent sur ses préoccupations.
Le pouvoir d’achat s’impose comme un enjeu central, surtout pour la gauche. Il est question de savoir où et selon quelles modalités les futurs Lausannois pourront se loger. Dans les quartiers des Plaines-du-Loup, des Prés-de-Vidy, à la Rasude ou ailleurs, la population lausannoise va augmenter. Mais pour quel loyer? La gauche espère continuer à faire usage du droit de préemption, pour racheter des immeubles au nom des autorités et atteindre son but de 30% de loyers abordables. La droite n’en veut pas et place sa confiance dans les partenariats avec des projets privés.
Le PLR envisage une baisse d’impôts de 3 points et d’agir sur plusieurs taxes. Quant à l’alliance de gauche, elle met l’accent sur les transports publics avec sa proposition d’un abonnement au TL à 1 franc par jour pour toute la population lausannoise. Quant à la défense de l'environnement, elle passe quelque peu au second plan des préoccupations affichées, quand bien même il s'intègre dans les questions d'urbanisme.
Second tour version 2016 ou 2021?
Trois scénarios se dessinent pour le second tour à venir le 29 mars: comme en 2016, comme en 2021... ou quelque chose entre les deux. Il y a dix ans, les six candidats du bloc de gauche avaient obtenu la majorité absolue (plus de 50% des suffrages) un siège dès le premier tour. David Payot (POP) était à l'époque le moins bien élu de l'alliance.
S'en était suivie une bataille entre Pierre-Antoine Hildbrand (PLR) et Hadrien Buclin (EàG) au second tour. L'enjeu? La représentation d'au moins un élu de droite dans le collège. Un mois plus tard, le libéral-radical l'avait emporté haut la main, avec 63,84% des suffrages, contre 25,47 pour la gauche radicale.
En 2021, c'est le ballotage général. Personne n'est élu au premier tour, tous les prétendants sérieux se retrouvent au second. Le PLR Lausanne envoie deux prétendants dans la bataille, mais seul Pierre-Antoine Hildbrand est réélu avec 41,82% des voix. Il reste loin derrière les candidats de gauche, les plus proches de lui étant le Vert Xavier Company (60,21%) et David Payot (61,19%).
Reste plusieurs questions pour le second tour de cette année: A combien se lanceront les PLR et qui sera devant dans les suffrages entre eux trois? L'UDC, Ensemble à Gauche ou encore les Vert'libéraux et le Centre obtiendront-ils suffisamment de voix pour se lancer sérieusement au second tour?