Le trajet entre l’école et la maison ne prend pas dix minutes à Amjad Al Hamada. Comme tous les midis, le garçon de sept ans emprunte la même rue, dans le sud de la ville syrienne d’Alep. Comme toujours, il passe devant un vaste champ de ruines. Des amas de béton, des barres de fer tordues, et même, au milieu, une chaussure. «C’est là que nous dormions tous», explique-t-il. Il y a un peu plus de trois ans, la maison de sa famille se dressait encore à cet endroit. Une nuit de février 2023, elle s’est effondrée lorsqu’un puissant séisme a frappé la ville. En Syrie, plus de 6000 personnes ont perdu la vie et deux fois plus ont été blessées.
La famille a survécu parce que la mère, Kawthar Al Mohammad, 48 ans, a crié à tous de sortir du lit. «Nous avons eu de la chance, uniquement de la chance», dit-elle. «Mais ce tremblement de terre ne m’a jamais quittée. Je ressens encore les secousses en moi.»
Depuis 2011, la Syrie est ravagée par une guerre civile brutale. Plus d’un demi-million de personnes y ont perdu la vie, près de sept millions de Syriennes et de Syriens ont fui à l’étranger. Même après la chute du dictateur Bachar al-Assad, renversé par des milices islamistes en décembre 2024, l’avenir du pays demeure incertain.
La Croix-Rouge suisse (CRS) s’engage dans une trentaine de pays dans les domaines de la promotion de la santé, de la prévention de catastrophes et de l’aide d’urgence.
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Une aide de départ pour installer un atelier de couture
Aujourd’hui, la famille d’Amjad Al Hamada vit à quelques rues de la ruine de leur ancien foyer, au premier étage d’un immeuble. Les murs sont froids, le crépi est fissuré. Il y a quelques semaines, sa mère, Kawthar Al Mohammad, a reçu, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge suisse, une aide pour ouvrir son propre atelier de couture. Elle a pu acheter deux machines à coudre et une installation solaire pour le toit. «Nous n’en sommes qu’au début», dit-elle en tirant une couture dans le tissu bleu. «Mais pour la première fois depuis des années, je perçois une chance de pouvoir reconstruire quelque chose par nous-mêmes.»
À quelques rues de là vit la famille d’Amer Ayan, 44 ans. Lorsqu’il se lève, il doit s’appuyer des deux mains sur la petite table pliante du salon. En 2014, lors d’une explosion sur un marché de légumes, des éclats l’ont gravement blessé sur son dos et ont détruit son genou. «La première année, je ne pouvais absolument pas bouger, je restais simplement allongé», raconte-t-il. «Aujourd’hui, je peux au moins marcher un peu. Mais qui engagerait un travailleur aussi limité?»
Sa famille a elle aussi perdu sa maison, vécu plusieurs jours dans la rue, puis dans différents camps de réfugiés. Aujourd’hui, ils logent dans l’appartement de deux pièces du frère d’Amer Ayan, qui a fui en Turquie. Leur fils cadet, Murad-Allah Ayan, 13 ans, est atteint de leucémie. Tous les vingt jours, il doit consulter un médecin. Chaque contrôle coûte 15 dollars. «C’est un défi immense», explique la mère, Ezdihar Al Saud, 43 ans, en caressant les cheveux de son fils. «Nous ne pouvons même pas nous offrir une bouteille de gaz entière. Nous la faisons remplir petit à petit pour pouvoir cuisiner aujourd’hui – et demain, on verra.»
Avec l’aide de la Croix-Rouge suisse et du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS), la famille a pu louer un petit atelier. On y coud des boutonnières pour une usine de chemises. Deux des quatre fils vont à l’école le matin et aident leurs parents dans l’atelier l’après-midi. «Ici, l’enfance n’existe que par moments», confie Ezdihar Al Saud.
Un vent de changement
Depuis 2018, la Croix-Rouge suisse collabore avec le CRAS. Ensemble, ils fournissent de l’eau et de la nourriture, des vêtements, des abris et de petites aides financières de départ. Amélie Courcaud, 45 ans, coordonne les projets communs pour la Croix-Rouge suisse. Infirmière de formation, originaire de France, elle explique: «Lorsque je suis venue en Syrie pour la première fois, il y a dix ans, les gens ne pensaient qu’à partir.» Aujourd’hui, après le changement de régime, elle ressent quelque chose de nouveau. «Un esprit de renouveau et d’initiative est perceptible. Les gens veulent commencer à reconstruire. Notre aide financière pour le lancement de petits commerces les y aide. C’est l’approche la plus pertinente dans ce contexte.»
Les structures sont fragiles dans tout le pays: les hôpitaux publics fonctionnent à peine, le personnel qualifié manque, et il n’existe pas d’assurance maladie. «Sans le Croissant-Rouge arabe syrien, l’accès aux soins serait impossible pour de nombreuses personnes», souligne Amélie Courcaud. «S’il existe un moment opportun pour soutenir la Syrie, c’est maintenant.»
Des mines dans le jardin
À une heure de route d’Alep, les frères Ahmad, 17 ans, et Omar Al Ahmad, 15 ans, vivent avec leurs parents et leurs cinq frères et sœurs dans une petite maison. En tant que fils aînés, ils portent les stigmates de la guerre. Il y a cinq ans, Omar Al Ahmad jouait dehors avec une pierre. Une mine se trouvait dessous. L’explosion lui a arraché plusieurs doigts. «Je peux à peine utiliser ma main», dit-il. Son frère Ahmad Al Ahmad a perdu un bras après avoir touché un câble électrique défectueux en jouant. «Si le courant n’avait pas été coupé, je serais mort», explique-t-il.
La famille a fui pendant cinq ans, passant d’un camp à l’autre. Lorsqu’elle est revenue, les champs étaient jonchés de mines. «C’était une zone de front», explique le père, Yaser Al Ahmad, 40 ans. «On apprend à faire attention à chaque pas. Mais on n’est jamais vraiment en sécurité.» Les deux fils travaillent comme journaliers dans une usine et sur des chantiers. Grâce au soutien de la Croix-Rouge, la famille peut payer les frais de santé et réparer sa maison: de nouvelles fenêtres, un toit étanche et une porte qui ferme.
L’avenir de la Syrie reste incertain. Mais des personnes comme Kawthar Al Mohammad, Ezdihar Al Saud, Ahmad et Omar Al Ahmad recommencent à planifier, à apprendre, à construire. Dans chaque toit réparé, dans chaque histoire racontée, se cache une petite preuve que ce pays est plus que ses ruines.
Cet article a été réalisé par le Ringier Brand Studio à la demande d'un client. Les contenus ont été préparés de manière rédactionnelle et répondent aux exigences de qualité de Ringier.
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