Postulat à Lausanne
Un élu socialiste veut que les bus des TL augmentent leur vitesse commerciale

Le socialiste Louis Dana dépose un postulat pour accélérer la vitesse commerciale des bus des TL. Les transports publics lausannois sont à la traine en Suisse, avec 7,65 km/h de moyenne.
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Les transports publics lausannois figurent parmi les plus lents de Suisse, avec les genevois.
Photo: Keystone
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Léo MichoudJournaliste Blick

Vous avez déjà eu l’impression que votre bus des Transports publics lausannois (TL) prend un temps fou à arriver à destination? Le conseiller communal Louis Dana, oui. Le président du groupe socialiste au Législatif du chef-lieu vaudois lance ce mardi 3 février le dépôt d’un postulat en ce sens, a appris Blick.

Il invite la Municipalité à «étudier l’opportunité de se fixer un objectif ambitieux de l’augmentation de la vitesse commerciale des TL». Ce terme désigne la vitesse moyenne d’un transport en commun dite «utile à l’usager» pour se rendre d’un point A à un point B. Et Lausanne est à la traîne par rapport à toutes les autres villes de Suisse, sauf Genève.

Lausanne en queue de peloton (avec Genève)

Une récente étude d’Avenir suisse a mesuré la vitesse moyenne standardisée des transports publics lausannois à 7,65 km/h. Cela place la capitale olympique derrière Lugano, Bâle, Winterthour, Berne, Zurich, Lucerne, Bienne et Saint-Gall, mais aussi derrière tout un tas de villes allemandes et autrichiennes.

Des mesures réalisées à partir de données récoltées en 2024 sur Google Maps, qui prennent en compte les trajets à pieds vers un arrêt. Le retard de Lausanne en la matière s’explique par la topographie très pentue du chef-lieu vaudois. Et Lausanne se rattrape en présentant le temps d’attente aux arrêts le plus faible de toutes les villes observées (2 minutes et 34 secondes), juste devant Genève.

Une récente étude d’Avenir suisse a mesuré la vitesse moyenne standardisée des transports publics lausannois à 7,65 km/h. Cela place la capitale olympique derrière Lugano, Bâle, Winterthour, Berne, Zurich, Lucerne, Bienne et Saint-Gall, mais aussi derrière tout un tas de villes allemandes et autrichiennes.

Des mesures réalisées à partir de données récoltées en 2024 sur Google Maps, qui prennent en compte les trajets à pieds vers un arrêt. Le retard de Lausanne en la matière s’explique par la topographie très pentue du chef-lieu vaudois. Et Lausanne se rattrape en présentant le temps d’attente aux arrêts le plus faible de toutes les villes observées (2 minutes et 34 secondes), juste devant Genève.

Priorité aux bus sur la route

Mais comment faire pour faire accélérer les bus? «Il convient de donner la priorité aux TL dans l’espace public, postule Louis Dana. Cela implique de développer là où c’est possible le plus de voies réservées continues, des couloirs centrés ou des couloirs à circulation alternée pour les bus.»

Sur ce dernier point, l’élu socialiste envisage une solution ressemblant à la Langstrasse de Zurich, réservée depuis 2024 aux seuls bus et aux vélos – tandis que la circulation automobile a été reportée sur d’autres axes. Le conseiller communal propose également une «priorité systématique aux feux», donnée aux bus sur les automobiles.

Un postulat «pas contre les automobilistes»

«Je dépose vraiment un objet pour les transports publics, pas contre les automobilistes. Le fait d’avoir des transports publics performants, plus rapides qu’ils ne le sont aujourd’hui, est arrangeant pour toute la population. En ayant moins de bus qui stationnent au milieu d’un carrefour, on améliore aussi la congestion automobile.»

Il espère convaincre également à droite de l’hémicycle. «Tout le monde est assez d’accord sur le fait qu’il faut faire diminuer le trafic de transit à Lausanne, assure l’élu communal. Il y a quelques années, une étude avait montré que, parmi les voitures qui passent par le Grand Pont (ndlr: central à Lausanne), seuls 28% le font pour s’arrêter quelque part en ville. Le reste, c’est du transit pour ailleurs.»

Quelques carrefours à modifier

Pour Louis Dana, il s’agirait de modifier «une dizaine de carrefours», potentiellement dans le cadre du «grand chamboulement de son réseau de transports publics» que vivra Lausanne avec l’arrivée du tram T1 et de la nouvelle ligne de métro, prévues à court et moyen terme. En sa qualité «d’usager des transports publics», il évoque notamment le croisement entre la Rue Neuve et la Rue du Valentin (près de la Riponne), le grand carrefour de Chauderon ou la place de la Gare «une fois que les travaux seront finis».

En l’état, difficile pour l’élu local d’évaluer le coût de telles modifications. «J’ai cru entendre que ce n’était pas des montants faramineux, en tout cas pour ce qui relevait des carrefours», se contente pour le moment d’avancer Louis Dana. «Ce sera aux TL de trouver des solutions novatrices. Même si on gagne 1 km/h de vitesse commerciale, ce sera déjà une avancée gigantesque.» Les TL viennent d’annoncer, ce mardi 3 février, une forte hausse de fréquentation, avec 133 millions de passagers sur l’année 2025 – une hausse de 1,4% par rapport à 2024.

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