L’orientation politique de votre ville est parfois instable. Vous le verrez peut-être le 8 mars prochain. Dimanche, toutes les communes vaudoises élisent leurs représentants à l’Exécutif (Municipalité) et au Législatif (Conseil communal ou général).
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Certaines élections dans de très grosses communes – Yverdon, Nyon, Montreux ou Vevey – pourraient tourner à l’avantage de la droite, qui a la faveur de certains politologues. Toutefois, d’autres plus petites pourraient tomber dans les mains de la gauche. Voyage dans une poignée de communes à l’avenir incertain, dont l’Exécutif est à majorité de droite.
Morges (2 à gauche, 4 au centre droit et 1 indépendant)
Presque rien n’est sûr, dans l’une des communes les plus peuplées du canton – avec près de 18’000 habitants. La Municipalité actuelle se compose de deux socialistes pour deux libéraux-radicaux (PLR), une vert’libérale, un membre de l’Entente morgienne et un indépendant, ancien du PLR. La syndique sortante Mélanie Wyss (PLR) semble bien partie pour conserver son siège, analyse «24 heures».
Mais son collègue PLR et un municipal socialiste Vincent Jaques partent à la retraite. Tandis que le représentant à la Muni de l’Entente morgienne – mouvement local de citoyens «ni de droite, ni de gauche» – ne brigue pas de nouveau mandat. Evincé du PLR en cours de mandat, Laurent Pellegrino est cette fois candidat comme indépendant. Il espère que la prime au sortant compensera sa prise d’indépendance forcée.
Résultat? L’Exécutif ressortira très remanié de ces élections, qui devraient se jouer dans un duel entre deux blocs. Lors des dernières élections communales, en 2021, la droite morgienne a surpris en reprenant une majorité qui lui échappait depuis des années. Pour réitérer l’exploit, elle lance six candidats: trois PLR, la vert’libérale sortante, une membre de l’Entente morgienne et un UDC.
L’alliance de gauche réunit trois candidats socialistes, un Vert et un membre du Parti ouvrier populaire (POP). Côté socialiste, la sortante Laure Jaton est accompagnée de deux nouveaux motivés, les trentenaires Camille Robert et Nicolas Heredia. Le popiste de 69 ans Jean-Bernard Thüler, très remuant au Conseil communal, pourrait aussi faire la surprise. Reste à savoir si le Vert Pascal Gemperli, dont le parti a été le grand perdant en 2021, saura convaincre. L’alliance de gauche avait explosé entre les deux tours en 2021. Y aura-t-il un nouveau ballottage général cette année, et profitera-t-il, cette fois, à la gauche?
Gland (1 à gauche, 4 au centre, 2 à droite)
Dans la ville de la Côte en plein essor avec ses 14’000 habitants (+ 20,5% entre 2010 et 2023), Tout dépend de comment on considère le parti des Gens de Gland (GDG). Dans cette Municipalité à sept, on ne trouve pas moins de quatre élus de ce mouvement centriste, qui dit représenter tous les citoyens de la commune. Pour autant, c’est chez eux qu’une place se libère pour la prochaine législature. GDG ne présente que trois candidats: les sortants Gilles Davoine et Chrystelle Giraud-Nydegger, ainsi que Daniel Calabrese.
Le reste de la Municipalité se compose de deux élues PLR – dont la syndique Christine Girod – et du socialiste Yves Froidevaux, qui se représente. Ce dernier a récupéré le seul siège de la gauche en 2023, lors d’une élection complémentaire. Le Parti socialiste entend profiter de cette lancée: leur Municipal est rejoint par Véronique Villaine pour viser le siège GDG et tenter d’obtenir un Exécutif très équilibré (2 PS, 3 GDG, 2 PLR).
Avec ses trois candidats dont deux nouveaux, le PLR peut contrer la tentative socialiste. Les Vert-e-s, alliés avec le PS au Conseil communal pour former la deuxième force politique de la ville, présentent aussi un candidat. De même que l’UDC, qui compte une poignée de représentants au Législatif. Et un indépendant proche de l’UDC pourrait aussi engranger des voix. Enfin, l’Elan Citoyen de Gland, un autre mouvement plutôt marqué à gauche, présente deux anciens socialistes comme candidats.
Bex (1 à gauche, 3 au centre, 3 à droite)
«La gauche rebrassera-t-elle les cartes» à Bex, se demande le journal local «Riviera-Chablais». Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura du mouvement à l’Exécutif de la commune chablaisienne aux presque 9000 habitants. Sur les sept membres de la Municipalité, seuls le syndic socialiste Alberto Cherubini, le PLR Emmanuel Capancioni et le centriste Michael Dupertuis se représentent.
Dans l’Exécutif actuel, c’est le mouvement du centre Avançons Ouverture qui mène le bal avec trois élus. Le PLR le suit de près avec deux Municipaux, et complète ainsi une grosse majorité de centre droit. A gauche, on trouve le syndic socialiste. Et à droite, le député vaudois UDC Pierre-Yves Rappaz.
Pas moins de 12 candidates et candidats – réunis dans trois blocs – espèrent faire basculer l’Exécutif de leur côté. La gauche regroupe quatre candidatures dans une alliance rose-verte. La droite lance trois PLR et l’UDC Baptiste Guérin, président de la section locale. Et Avançons Ouverture présente aussi quatre candidats – dont la députée Circé Fuchs, affiliée aux Vert’libéraux au Grand Conseil. La gauche devra cravacher pour obtenir la majorité, mais elle espère au moins récupérer le siège perdu en 2021.
Rolle (1 à gauche, 4 au centre droit)
Retour sur la Côte, plus précisément à la «Perle du Léman», comme est surnommée Rolle. La majorité actuelle de centre droit va bouger. La syndique PLR Monique Choulat Pugnale ne briguera pas de nouveau mandat, tout comme la vert’libérale Cécile Rod. Et le municipal Nicolas Walter, mis de côté par le PLR, se lance dans une candidature en tant qu’indépendant, relate le quotidien «La Côte».
La gauche rose-verte espère se faufiler dans cette brèche. Pour ce faire, la sortante socialiste Margareth Ruchti se lance dans la course accompagnée de deux conseillers communaux Isabelle Renschler (PS) et Federico Rapini (Les Vert-e-s). Obtenir la majorité s’annonce compliqué.
Car le PLR part aussi avec une sortante (Pascale Vollenweider) et deux nouveaux (Samuel Gueissaz et Hans Peter Stammbach). Fondateur de la section rolloise des Vert’libéraux, Jean-Pierre Roland espère reprendre la place laissée vacante par sa collègue de parti à la Muni.
Enfin, l’indépendant Flavien Cassier se lance pour le Parti du bon sens. Celui qui se définit comme «plutôt de droite» à «La Côte» est de ceux qui s’étaient mobilisés avec succès contre l’installation d’un centre EVAM d’accueil pour femmes et enfants migrants. Les gros enjeux, dans le petit bourg amené à grandir, sont le logement et les aménagements à venir.