Il suffit parfois d'un dimanche d'élections pour voir le narratif de votre ville changer. Le 8 mars prochain, toutes les communes vaudoises élisent leurs représentants à l'Exécutif (Municipalité) et au Législatif (Conseil communal ou général). En un ou deux tours, certaines pourraient être favorables à la droite, selon des politologues.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Un élément l'illustre: les trois plus grandes villes du canton derrière Lausanne – Yverdon-les-Bains, Montreux et Nyon – ont toutes des chances de voir leur Exécutif basculer vers une majorité de droite. Mais toutes ne suivent pas la même trajectoire. Tour d'horizon des grosses communes qui pourraient voir la droite renverser une majorité de gauche... ou au moins gagner du terrain.
Yverdon (5 à gauche, 2 à droite): gauche instable, droite offensive
Dans la deuxième ville du canton, forte de plus de 30'000 habitants, la droite cherche à regagner les sièges perdus par la droite lors de la dernière élection générale. Entre 2016 et 2021, le PLR était majoritaire avec ses quatre élus à l'Exécutif. La question est de savoir si l'alliance de droite permettra de renverser la situation politique, qui apparaît comme instable.
L'Entente Yverdonnoise réunit PLR, UDC et Vert'libéraux. Elle propose cinq candidats dans la course à la Municipalité: un Vert'libéral, une UDC et trois PLR – dont les deux sortants Dominique Viquerat et Christian Weiler, qui ont notablement rompu la collégialité, en désaccord sur un projet de parking.
Avec trois socialistes et deux Vert-e-s pour deux PLR, la gauche est en position de force... et a beaucoup à perdre. Le climat politique délétère de la législature 2021-2026 a poussé le syndic socialiste Pierre Dessemontet à ne pas se représenter. Cinq candidats se présentent à gauche: les deux Vert-e-s sortants Carmen Tanner et Benoist Guillard, ainsi que trois socialistes, la nouvelle venue Madja L'Mati et les deux sortants Brenda Tuosto et Julien Wicky.
La surprise pourrait venir d'anciens de l'UDC, désormais indésirables: Ruben Ramchurn et Roland Villard, sur la liste «Yverdon demain – La voix du peuple». Lors de l'élection complémentaire de 2025, faisant suite au décès du socialiste Jean-Claude Ruchet, le polémique Ruben Ramchurn avait bien failli l'emporter, à 642 voix près.
Nyon (4 à gauche, 3 à droite): un syndic emblématique sur le départ
Une figure emblématique de la Côte et de sa vie culturelle s'apprête à quitter la vie politique. Le syndic Daniel Rossellat a annoncé qu'il ne se représentera pas à la Municipalité de Nyon, à majorité de gauche/centre-gauche. Elu à ce poste en 2008, sous une bannière hors-parti, le boss de Paléo a vu la ville aux 24'000 habitants vivre un important boom démographique. Entre 2021 et 2022, il a aussi traversé une grosse crise politique, qui a remis en question le travail de son administration.
Soutenu à gauche, mais économiquement plutôt à droite, il laisse place à une succession qui s'annonce âpre... et incertaine. Le futur syndic ou la future syndique se trouve sans doute parmi les cinq sortants qui se représentent – Pierre Wahlen (Vert-e-s), Stéphanie Schmutz (PS) et Alexandre Démétriadès (PS) à gauche, et côté PLR, Roxane Faraut ou Olivier Riesen.
Pour l'heure, les sept sièges de l'Exécutif nyonnais sont occupés par deux socialistes, un Vert, deux libéraux-radicaux (PLR), un membre du Parti indépendant nyonnais (PIN, centre-droit)... et donc Daniel Rosselat. Mis à part ce dernier et l'indépendant Claude Uldry, tous se représentent. Pour ce 8 mars, cinq candidats se présentent sur la liste «Le centre droit»: deux PLR, un UDC, une Vert'libérale et un indépendant. En obtenant quatre sièges, le centre-droit renverserait la majorité.
Pour éviter d'en arriver là, les rose-verts présentent aussi cinq candidats – deux Vert-e-s et trois socialistes. Deux candidats de gauche radicale, l'un du Parti ouvrier populaire (POP) et l'autre d'Ensemble à Gauche (EàG), veulent venir jouer les trouble-fête, ainsi que d'un indépendant du Mouvement citoyen. Logement, mobilité, parkings, espaces verts et finances communales: c'est sur ces enjeux qu'il faudra convaincre.
Montreux (5 à gauche, 2 à droite): peu de chance, mais le PLR espère
Dans la troisième ville du canton (27'000 habitants), historiquement plutôt marquée à droite, ils et elles sont 16 à convoiter les sept sièges municipaux. Le PLR a fort à faire pour récupérer la majorité qu'il a laissé échapper ces dernières années. De quatre élus pendant une dizaine d'années, les libéraux-radicaux sont passés à trois lors d'une élection complémentaire en 2019, puis seulement à deux en 2021.
D'autant plus que les deux municipaux PLR ne rempilent pas et que la droite n'a pas d'alliance pour engranger des voix. Le PLR espère toutefois convaincre avec ses quatre candidats. L'UDC lance deux candidats, Montreux Libre également. Et les Vert'libéraux lancent une candidature pour la première fois à Montreux, le même nombre que Tellement Montreux.
La majorité rose-verte actuelle (trois PS, deux Vert-e-s) espère repartir pour un tour. Les socialistes lancent deux sortants – le syndic Olivier Gfeller et Irina Gote – et un nouveau, qui n'est pas un inconnu: le député vaudois Romain Pilloud, qui s'apprête à quitter ses fonctions de président du PS Vaud. Les Vert-e-s partent à deux, dont le sortant Florian Chiaradia.
Vevey (6 à gauche, 2 au centre): basculement improbable, mais troubles à gauche
Difficile de parler d'une vraie chance de basculement à droite à Vevey, tant la gauche radicale est dominante depuis l'arrivée en force de Décroissance-Alternatives (Da) – devenue il y a cinq ans la principale force locale avec deux élus à l'exécutif et 23 au législatif. En présentant quatre candidats, dont la députée vaudoise Elodie Lopez parmi les deux nouvelles, les décroissants réussiront-ils à confirmer l'essai?
Le centre-droit pourrait surfer sur les enjeux de sécurité publique, de deal de rue et de mobilité (zones 30 et stationnement) pour glaner quelques voix et sièges supplémentaires. D'autant plus que le syndic Yvan Luccarini (Da) est critiqué pour son bilan, ses absences sa rupture de collégialité lors du vote, en 2025, sur l'installation de caméras dans la rue. Son parti dénonce des critiques sorties de leur contexte.
Les sept sortants de la Municipalité actuelle se représentent. Elle se compose de deux décroissants, d'un socialiste, de deux Vert-e-s, d'un indépendant centriste (Vevey Livre) et d'un Vert'libéral. PS et écologistes relancent leurs trois sortants et espèrent un siège supplémentaire.
Au Centre, Vevey Libre propose deux candidats, dont l’actuel vice-syndic Pascal Molliat, soit le même nombre que le mouvement En Avant Vevey (centre-droit). Le PLR tente un retour à l'Exécutif avec trois candidats aux profils divers. En bref, l'instabilité veveysanne pourrait faire bouger les choses, peut-être un peu à droite mais vraisemblablement pas vers un basculement.