A Yverdon-les-Bains, les élections de la Municipalité du 8 mars pourraient-elles rebattre les cartes? A gauche, la crainte de perdre la majorité est forte. A droite, l'espoir de regagner les sièges perdus en 2021 l'est tout autant. L'Exécutif yverdonnois arbore actuellement une coloration très largement rose-verte: trois sièges socialistes, deux Vert-e-s et deux PLR. Au total, quinze candidats se disputent les sept postes à repourvoir. Tour d'horizon.
La deuxième ville vaudoise a connu une législature marquée par des tensions inédites en Suisse romande. Le climat politique s'est dégradé en cours de route, poussant le municipal socialiste sortant Pierre Dessemontet à jeter l'éponge et à ne pas se représenter. La cité thermale est pourtant coutumière des rééquilibrages. En 2016, la Municipalité se composait de quatre libéraux-radicaux, de deux socialistes et d'une Verte.
En 2021, basculement: la gauche prend la majorité avec trois socialistes, deux Vert-e-s et deux PLR. Le 8 mars, Yverdon voit s'affronter deux blocs selon le clivage traditionnel gauche-droite. Au-delà de ces deux groupes, d'autres candidats tentent le coup dès ce premier tour, même si leurs chances d'obtenir un siège sont maigres.
Depuis 2021, la Municipalité d'Yverdon-les-Bains est dominée par une large majorité de gauche (5 roses-verts contre 2 PLR). Mais la législature n'a pas été de tout repos dans la cité thermale, rythmée par deux élections complémentaires.
En 2022, la démission de Jean-Daniel Carrard contraint la ville à retourner aux urnes: François Armada est élu, maintenant le siège dans le giron du PLR. Trois ans plus tard, le décès de Jean-Claude Ruchet donne lieu à une nouvelle élection complémentaire. A l’issue d'une campagne tendue face à Ruben Ramchurn, le siège reste socialiste, à la faveur de la victoire de Julien Wicki.
Durant la législature, le climat s'est considérablement dégradé. Un municipal et le syndic socialiste Pierre Dessemontet ont dû être placés sous surveillance policière après avoir reçu des menaces. Ce dernier a finalement renoncé à se représenter, lassé de l'ambiance délétère qui règne dans la deuxième ville du canton.
Depuis 2021, la Municipalité d'Yverdon-les-Bains est dominée par une large majorité de gauche (5 roses-verts contre 2 PLR). Mais la législature n'a pas été de tout repos dans la cité thermale, rythmée par deux élections complémentaires.
En 2022, la démission de Jean-Daniel Carrard contraint la ville à retourner aux urnes: François Armada est élu, maintenant le siège dans le giron du PLR. Trois ans plus tard, le décès de Jean-Claude Ruchet donne lieu à une nouvelle élection complémentaire. A l’issue d'une campagne tendue face à Ruben Ramchurn, le siège reste socialiste, à la faveur de la victoire de Julien Wicki.
Durant la législature, le climat s'est considérablement dégradé. Un municipal et le syndic socialiste Pierre Dessemontet ont dû être placés sous surveillance policière après avoir reçu des menaces. Ce dernier a finalement renoncé à se représenter, lassé de l'ambiance délétère qui règne dans la deuxième ville du canton.
Une alliance de droite
La droite traditionnelle, réunie sous l'étiquette «Entente Yverdonnoise» (PLR, UDC et Vert'libéraux), espère bien faire vaciller l'ordre établi. En tête de liste, les deux édiles PLR Christian Weiler et François Armada, qui, dans un Exécutif pourtant relativement stable, ont brisé la collégialité au cours de la législature. Figurent également sur la liste un autre PLR, Dominique Viquerat, ainsi que le Vert'libéral Pierre-Henri Meystre.
L'UDC espère un siège
Dans l'alliance figure également l'UDC, qui espère faire son entrée à la Municipalité pour la première fois. En 2016, le candidat Pascal Gafner avait manqué de peu un siège au deuxième tour. Cinq ans plus tard, même scénario.
Cette fois, c'est Sophie Pistoia-Grosset, présidente du parti, qui tente sa chance. Pour elle, «c'est tout à fait normal que, dans la deuxième ville du canton, l'UDC soit représentée, au vu de sa force cantonale». Si elle est élue, la candidate promet «d'améliorer la qualité de vie des habitants» en s'attaquant à l'insécurité, thème central de sa campagne.
Ruben Ramchurn toujours là
Dans la course également, le trublion Ruben Ramchurn remballe pour un tour. Cet ex-membre de l'UDC tente sa chance aux côtés de Roland Villard, lui aussi ancien membre du parti agrarien, sur la liste «Yverdon demain – La voix du peuple». Ruben Ramchurn avait failli l'emporter lors de l'élection complémentaire qui l'opposait à Julien Wicki au deuxième tour, en mars dernier. A nouveau, il se positionne en outsider, désireux de s'affranchir du jeu des partis traditionnels.
Connu pour ses coups d'éclat et ses prises de position tranchées, notamment sur le deal de rue, Ruben Ramchurn pourrait siphonner une part significative de l'électorat UDC. Sa présidente, Sophie Pistoia-Grosset, admet qu'il dessert le parti agrarien. Son relatif succès de mars dernier s'expliquait, selon elle, par l'absence d'un candidat solide à droite. Une lacune que sa propre candidature entend, cette fois, combler.
A gauche, une nouvelle tête: Majda L'Mati
La gauche présente cinq candidats à la Municipalité de la ville du Nord vaudois: deux Vert-e-s et trois socialistes, parmi lesquels Julien Wicki, Brenda Tuosto et Majda L'Mati. C'est le profil de cette dernière que l’alliance rose-verte met particulièrement en lumière. Secrétaire municipale, naturalisée, née au Maroc: elle représente une première dans l'histoire politique de la ville. Jamais encore une personne d'origine extra-européenne n'avait brigué un siège à l'Exécutif.
En cas de victoire, Majda L'Mati siégerait dans une ville où, il y a peu, un élu au conseil communal a été la cible d'insultes racistes. Un contexte qui donne à sa candidature une résonance particulière.
Son colistier socialiste Julien Wicki l'accueille avec enthousiasme, saluant son «engagement associatif important». Il juge sa présence sur la liste d'autant plus bienvenue dans une ville où 40% de la population est étrangère. «Il serait temps qu'on reconnaisse au niveau politique aussi l'importance de cette population dans la vie de notre ville», estime-t-il.
Titulaire d'un CFC
Majda L'Mati revendique pleinement ce rôle de pionnière. «C'est mon but de montrer que les femmes d'origine étrangère sont aussi autonomes et désireuses de s'impliquer activement dans la société, explique-elle, avant d'ajouter en plaisantant: c'est mon côté féministe.» Un engagement qui se traduit dans son programme. Elle place la lutte contre les violences domestiques au cœur de ses priorités, convaincue que «la sécurité ne se limite pas aux problèmes visibles dans l'espace public». La création d'un lieu d'accueil dédié aux femmes victimes lui tient particulièrement à cœur.
Au-delà de ses origines, c'est aussi son parcours professionnel qu'elle souhaite incarner. Titulaire d'un CFC d'employée de commerce et adjointe de la secrétaire municipale à Baulmes, dans le Jura vaudois, elle entend représenter une frange souvent absente des cénacles politiques.
«Je fais partie de presque 40% de la population qui a un CFC. J'aimerais casser cette image du politicien issu d'un parcours académique et universitaire, en montrant qu'en Suisse, un CFC peut amener à exercer des responsabilités», tonne-t-elle. Elle espère ainsi ouvrir la voie à «des personnes comme elle», qui hésitent encore à s'impliquer dans la politique locale.
Mathilde Marendaz aussi candidate
Plus à gauche, Mathilde Marendaz, députée Ensemble à gauche au Grand Conseil, et Rayan Ammon, conseiller communal à Yverdon, figurent sur la liste «Solidarité & Ecologie», avec pour arguments de campagne la gratuité des transports et davantage de logements abordables.
Dernière candidature annoncée, celle de l'indépendant Mergim Dibrani, ex-membre du Parti socialiste, qui se présente sous l'étiquette «Yverdon Ville inclusive». Il entend défendre les intérêts des minorités, notamment des personnes à mobilité réduite. Déjà candidat lors de l'élection complémentaire de mars dernier, il n'avait alors récolté que 1,88% des voix.
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