Maintenir le statu quo droite-gauche (4-3) ou faire entrer un UDC au Château? Tel est le choix auquel sont conviés Vaudoises et Vaudois ce dimanche 8 mars, pour l'élection complémentaire au Conseil d'Etat.
D'un côté, le Parti socialiste entend bien remplacer sa sortante par le ténor de la politique vaudoise Roger Nordmann. De l'autre, l'Alliance vaudoise (PLR–UDC–Le Centre), largement fragilisée, a lancé Jean-François Thuillard, candidat UDC, agriculteur et vétéran de la politique communale. Dans la course également – même si ses chances d'être élue sont infimes: Agathe Raboud Sidorenko, conseillère communale lausannoise d'Ensemble à gauche.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Le 8 mars, la Suisse vote tous azimuts. Objets fédéraux sensibles, enjeux cantonaux brûlants et élections locales décisives: de Berne aux communes, c’est un véritable super scrutin qui s’annonce. Fiscalité, santé, institutions: tour d’horizon d’un dimanche à haute tension démocratique.
Si les enjeux sont nombreux dans ce scrutin, les chances de l'UDC face au favori Roger Nordmann demeurent minces. Le score de la droite constituera néanmoins un indicateur précieux à l'approche des prochaines élections au Conseil d'Etat, dans un an tout juste. A moins d'une semaine de l'élection, à la demande de Blick, Olivier Meuwly, historien et politologue, membre du PLR, décrypte les enjeux.
Olivier Meuwly, que dire des deux candidats qui ont leurs chances? L'un semble favori...
Roger Nordmann est l'une des stars du PS depuis longtemps. Il réalise toujours d'excellents scores au National. Ce n'est pas tout à fait la même élection, mais il est évident qu'il part avec un avantage. Cela dit, Jean-François Thuillard ne doit pas être sous-estimé. C'est un député solide, avec une longue et solide expérience cantonale. Il sort d'une bonne présidence du Grand Conseil. Les scrutins locaux peuvent aussi influencer les enjeux cantonaux. Lausanne exerce notamment, une forte influence: si la droite y reprend du poil de la bête, cela pourrait constituer un atout supplémentaire pour Jean-François Thuillard.
L'UDC cherche à reconquérir un siège qu'elle n'a plus occupé depuis 2011. Remettre en question le ratio droite-gauche à une année seulement des prochaines élections: est-ce un pari risqué, voire contre-productif, pour la droite?
Oui, forcément, toute élection comporte une part de risque. Cela dit, laisser le siège au PS sans se battre aurait paru étonnant. Il y avait donc une forme de dualité: soit respecter l'équilibre validé par le corps électoral, soit démontrer que cette alliance de droite, qui s'est révélée fragile, conserve malgré tout une ligne cohérente. Que l'UDC tente sa chance peut donc paraître logique. Mais ce qui est également clair, c'est que pour le parti, cette élection aura valeur de signal pour la suite. Le résultat de Jean-François Thuillard conditionnera ce que le parti pourra envisager en 2027.
N'est-ce pas un piège d'être élu dimanche? Le candidat arriverait dans un gouvernement en pleine crise.
Pour l'un ou l'autre camp, il était difficile de ne pas s'engager dans cette campagne. Les deux candidats misent sur leur expérience respective pour démontrer ce qu'ils pourraient apporter et, surtout, pour stabiliser l'ensemble. S'ils avaient jugé le risque trop élevé, ils ne se seraient tout simplement pas lancés.
C’est ce qu’a fait le PLR?
Je ne pense pas. Même si certains prétendent que le PLR pourrait aller chercher seul un quatrième siège, c'est illusoire. Le PLR a trois sièges, il n'en aura jamais un quatrième. Les seuls légitimes à tenter leur chance, c'est l'UDC. Parce qu'ils représentent une force importante au Grand Conseil, sans pour autant siéger au gouvernement.
Le PLR a historiquement une culture du compromis. Peut-on imaginer que certains électeurs libéraux-radicaux votent pour Roger Nordmann dans une logique de stabilité plutôt que d’appartenance partisane?
Ce n'est pas exclu. Si le PS avait été dans la même situation que le PLR (en position de force avec un ratio 4-3, ndlr), il ne se serait pas lancé et aurait incité l’extrême gauche à se présenter et l’aurait soutenue. Nous nous retrouvons ici dans une situation similaire du côté de l'alliance de droite qui laisse la place à l'UDC. Il appartient donc aux électeurs PLR de décider s'ils souhaitent maintenir le statu quo ou non, mais voter UDC enverrait un signal fort en vue des élections de l'année prochaine.
Dans l'affaire du Bouclier fiscal, tous les regards étaient tournés vers Valérie Dittli, mais désormais Pascal Broulis est également pointé du doigt, notamment par la presse. Cela peut-il desservir l'alliance de droite?
C'est toute la question, et ce n'est pas certain. Il est clair que le PLR doit composer avec cette hypothèque. Mais le PLR n'est pas en première ligne dans cette élection. Les conséquences de l’affaire du Bouclier se posent davantage pour les élections communales, même si, en principe, les enjeux locaux l’emportent.