C'est un scandale au retentissement national. Patrick F., ancien député de l'Union démocratique du centre (UDC) au Parlement cantonal argovien, a été mis en accusation, lundi, par le Ministère public du canton d'Argovie. L'homme de 57 ans, originaire d'Untersiggenthal (AG), est accusé d'avoir drogué au GHB, puis violé trois femmes, parmi lesquelles sa concubine, Iwona L., et la fille de celle-ci, Paula L.*, âgée de 15 ans au moment des faits.
Selon le parquet, Patrick F. aurait filmé et photographié ses actes. Le Ministère public l'accuse notamment de viols répétés, d'actes sexuels sur des enfants, de pornographie à de multiples reprises, mais également de multiples tentatives de meurtre.
La gravité exceptionnelle des faits a suscité une vive indignation partout dans le pays. «C’est une honte pour notre pays! C’est une honte pour les institutions!», s’est indignée Tamara Funiciello, conseillère nationale du Parti socialiste (PS). «Quand des enfants sont concernés, ça me fait bouillir de l’intérieur, je perds complètement mon sang-froid», a pour sa part déclaré Harry Lütolf, député du Centre au Parlement cantonal argovien.
Du signalement... à l'expulsion
Les autorités cantonales argoviennes sont, elles, vivement critiquées en raison du traitement réservé aux victimes. Et pour cause. Selon le «Tages-Anzeiger», lorsqu'Iwona L. a signalé l'affaire après l'arrestation de Patrick F. en septembre 2023, la commune d'Untersiggenthal ne l'a pas prise en charge dans le cadre de l'aide aux victimes, mais s'est intéressée uniquement à... son statut migratoire.
Un employé communal aurait ainsi demandé à l'Office des migrations du canton d'Argovie si le permis de séjour d'Iwona L. était «bien légal». Il aurait également mentionné le fait qu'elle avait demandé à bénéficier de l'aide sociale.
L'Office des migrations aurait ensuite chargé la police cantonale d'enquêter sur Iwona L., avant de prononcer finalement une décision d'expulsion dans un délai de 60 jours. Selon le quotidien zurichois, l'Office des migrations avait connaissance des sévices subis par Iwona et Paula L. Il aurait néanmoins conclu à l'absence de «cas de détresse personnelle grave».
Les autorités bottent en touche
Blick a contacté les autorités pour leur demander si elles estimaient avoir agi correctement dans cette affaire. Leur réponse est pour le moins succincte: les diverses institutions contactées bottent en touche, se retranchant derrière les règlements et invoquant tour à tour la protection des données, le secret de fonction et des procédures toujours en cours.
«Les décisions de l'Office des migrations de septembre 2024 et de février 2025 se fondaient sur les informations disponibles à l'époque et ont été prises sur cette base», explique très brièvement le Département cantonal de l'économie et de l'intérieur. L'émergence de nouveaux éléments aurait néanmoins conduit à un réexamen de la procédure. «Ces informations, portées à notre connaissance avant même la récente couverture médiatique et dans le cadre de la procédure devant le Tribunal administratif, ont conduit le Département à réexaminer et à réévaluer la suite à donner à ce dossier.»
Des accusations prises «très au sérieux»
De manière générale, il incombe aux communes de signaler les bénéficiaires étrangers de l'aide sociale à l'Office cantonal des migrations, poursuit le département. En d'autres termes, l'employé communal d'Untersiggenthal n'a commis aucune faute en signalant Iwona L. à l'Office des migrations.
Interrogé par la chaîne publique alémanique SRF, Dieter Egli (PS), conseiller d'Etat argovien en charge du Département de l'économie et de l'intérieur, se montre à peine plus loquace. S'il ne dispose pas, pour l'heure, d'éléments indiquant un quelconque dysfonctionnement, il assure prendre «cette accusation très au sérieux».
Les demandes adressées par Blick à l'aide aux victimes, au service de conseil aux victimes et au Département de la santé et des affaires sociales n'ont pas non plus reçu de réponse sur le fond. Il en va de même pour la commune d'Untersiggenthal, qui indique ne pas pouvoir prendre position, bien qu'elle comprenne l'émotion suscitée dans l'opinion publique.
Patrick F. menait une vie recluse
Et dans le village, quel est le climat? Blick s'est rendu sur place mardi. Les anciens voisins de Patrick F. continuent de s'interroger sur les circonstances exactes de l'affaire et sur l'identité de la troisième victime présumée. Plusieurs habitants décrivent un homme vivant en retrait, menant une existence particulièrement discrète.
De nombreuses zones d'ombre subsistent. Quelle était la nature de la relation entre Patrick F. et cette troisième victime présumée? Combien d'autres personnes a-t-il filmées à leur insu? Le Ministère public lui reproche également d'avoir réalisé des enregistrements non autorisés «d'autres personnes vivant à proximité immédiate de son domicile».
Une chose est désormais établie: l'acte d'accusation repose notamment sur 254 fichiers vidéo saisis au cours de l'enquête, comme l'a confirmé le Ministère public argovien à «20 Minuten». Son porte-parole, Adrian Schuler, précise que, selon les informations de la police cantonale, rien ne permet de penser que ces vidéos ou ces images aient été diffusées.
Le portail en ligne Nau.ch rapporte pour sa part que l'accusé apparaît lui-même sur ces enregistrements. «Il s'agit pour nous d'un matériel visuel précieux, que nous devons également présenter à l'accusé», explique Adrian Schuler au média alémanique. Ce sont précisément ces analyses et ces confrontations qui auraient fortement retardé la procédure. C'est notamment pour cette raison qu'il a fallu près de trois ans entre l'arrestation et la mise en accusation.
Patrick F. reste présumé innocent jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue.
Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.
En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.
Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.
- Solidarité Femmes Bienne
032 322 03 44
9-12h et 14-20h
Mercredi: 14-20h
Samedi: 10-12h
Dimanche: 17-20h - Solidarité Femmes et Centre LAVI Fribourg
info@sf-lavi.ch
026 322 22 02 9-12h et 14h-18h
Ligne de nuit 19h-7h
Weekends et jours fériés: 11–17h - AVVEC Genève
info@avvec.ch
022 797 10 10 - Au cœur des Grottes, Genève
022 338 24 80
Lu-Ve 8h30-12h - Ligne d’écoute en matière de violence domestiques Genève
0840 11 01 10 - Centre d’accueil Malley Prairie, Lausanne
021 620 76 76
Non—stop - Maison de Neuchâtel SAVI
savi.ne@ne.ch
032 889 66 49 - SAVI La Chaux-de-Fonds
savi.cdf@ne.ch
032 889 66 52 - Unité de médecine des violences (UMV)
Consultation médico-légale - Bureau fédéral de l’égalité
- LAVI. Aide aux victimes d’infractions
- Fédération solidarité femmes Suisse
- Brava – ehemals TERRE DES FEMMES Schweiz
076 725 91 21
Lundi à Mercredi 14h-16h
Vous, ou l'une de vos proches, êtes victime de violences de la part d'un partenaire ou d'un proche? Voici les ressources auxquelles vous pouvez faire appel.
En cas de situation urgente ou dangereuse, ne jamais hésiter à contacter la police au 117 et/ou l'ambulance au 144.
Pour l'aide aux victimes, plusieurs structures sont à votre disposition en Suisse romande, et au niveau national.
- Solidarité Femmes Bienne
032 322 03 44
9-12h et 14-20h
Mercredi: 14-20h
Samedi: 10-12h
Dimanche: 17-20h - Solidarité Femmes et Centre LAVI Fribourg
info@sf-lavi.ch
026 322 22 02 9-12h et 14h-18h
Ligne de nuit 19h-7h
Weekends et jours fériés: 11–17h - AVVEC Genève
info@avvec.ch
022 797 10 10 - Au cœur des Grottes, Genève
022 338 24 80
Lu-Ve 8h30-12h - Ligne d’écoute en matière de violence domestiques Genève
0840 11 01 10 - Centre d’accueil Malley Prairie, Lausanne
021 620 76 76
Non—stop - Maison de Neuchâtel SAVI
savi.ne@ne.ch
032 889 66 49 - SAVI La Chaux-de-Fonds
savi.cdf@ne.ch
032 889 66 52 - Unité de médecine des violences (UMV)
Consultation médico-légale - Bureau fédéral de l’égalité
- LAVI. Aide aux victimes d’infractions
- Fédération solidarité femmes Suisse
- Brava – ehemals TERRE DES FEMMES Schweiz
076 725 91 21
Lundi à Mercredi 14h-16h
- Police: 117
- Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)
Centres d’aide aux victimes LAVI
Et pour les jeunes:
- Ciao.ch (réponse dans les 2 jours)
- Pro Juventute (24/7): 147
- Patouche: 0800 800 140
- Police: 117
- Violencequefaire (anonyme et gratuit, réponse dans les 3 jours)
Centres d’aide aux victimes LAVI
Et pour les jeunes:
- Ciao.ch (réponse dans les 2 jours)
- Pro Juventute (24/7): 147
- Patouche: 0800 800 140