Les niveaux remontent
Malgré la pluie, la sécheresse en Suisse est loin d’être terminée

Après des semaines de chaleur et de sécheresse, la pluie fait enfin son retour en Suisse. Mais les réserves d’eau restent au plus bas et il faudra encore de nombreuses précipitations pour combler les déficits.
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Le manque de pluie durant l’été 2026 a fortement affecté les lacs suisses.
Photo: Keystone
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Angela Rosser

L’été touche-t-il déjà à sa fin? Après des semaines de chaleur et de sécheresse, nombreux sont ceux qui commencent à se poser la question. Mais ce n’est pas tant l’été qui fatigue que ses températures extrêmes et le manque de pluie. Cette période de sécheresse exceptionnelle se profilait déjà depuis un certain temps.

Au printemps, le manque d’humidité était généralisé. Il y avait trop peu de neige en montagne, les lacs de retenue étaient peu remplis et les débits des rivières étaient inférieurs à la moyenne, écrit Meteo News.

Enfin de la pluie

La sécheresse a pris des «proportions de plus en plus historiques» au cours de la première quinzaine d’août, explique le météorologue Roger Perret à Blick. Les deux dernières semaines du mois ont enfin commencé avec quelques précipitations. «Nous avons besoin de toute l’eau possible en ce moment. Il faudrait qu’il pleuve énormément pour vraiment combler les déficits», explique Roger Perret.

Après cette longue période de sécheresse, les sols sont encore très secs et ont du mal à absorber correctement l’eau. Plusieurs épisodes pluvieux seront nécessaires pour reconstituer les réserves. Ces prochains jours, les averses devraient se succéder, ce qui est une bonne nouvelle pour les sols. «Ces précipitations par intermittence sont bénéfiques pour les sols», souligne Roger Perret.

Après la journée chaude de ce mercredi, les températures baisseront légèrement jeudi. «Avec 26 à 28 degrés, il fera encore chaud et humide. Vendredi, il ne fera plus qu’environ 20 degrés.» Ce week-end, les températures devraient à nouveau remonter légèrement.

Une météo instable, mais plus de canicule

Dans l’ensemble, la situation météorologique restera instable et les températures vont continuer à fluctuer. Pour l’instant, aucune nouvelle période de chaleur extrême ne se profile toutefois à l’horizon. Le risque d’orages particulièrement violents est également largement écarté. «Des averses fortes accompagnées de quelques éclairs sont toutefois possibles», précise le météorologue.

Les rivières et surtout les ruisseaux réagissent relativement rapidement aux précipitations. Le niveau des lacs, en revanche, remonte beaucoup plus lentement. «Il faudrait qu’il pleuve sans arrêt. Il en faut énormément.» Les nappes phréatiques réagissent encore plus lentement. Les conséquences de cette longue période de sécheresse continueront donc de se faire sentir pendant longtemps.

«
Le plus gros problème, c’est la chaleur
Roger Perret
»

Roger Perret estime toutefois qu’il faut «garder les pieds sur terre». Au cours des dernières décennies, les précipitations ont plutôt eu tendance à augmenter. En ce qui concerne les précipitations totales, 2026 est jusqu’à présent une année exceptionnelle. Il est peu probable qu’un tel niveau se reproduise dans les années à venir.

Ce qui a surtout marqué cette année, ce sont les longues périodes de sécheresse et les températures élevées qui les ont accompagnées. «Le problème pour les prochaines décennies n’est pas que nous allions fondamentalement manquer de précipitations. Le plus gros problème, c’est la chaleur», explique Roger Perret.

Des niveaux extrêmement bas

Les données de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) confirment également cette situation. De nombreux grands lacs affichent des niveaux d’eau extrêmement bas. Le lac de Zurich a atteint en août son niveau le plus bas jamais enregistré depuis le début des relevés en 1951. Le lac de Constance se situe quant à lui 27 centimètres sous le niveau le plus bas de la période de référence 1991-2020.

Le printemps et la première moitié de l’été 2026 comptent parmi les périodes les plus sèches jamais enregistrées. En juillet, 99% du territoire suisse était touché par une pénurie d’eau. L’été 2026 restera donc dans les annales hydrologiques suisses.

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