Un strapontin. Une présence marginale, pour remercier la Suisse, sans toutefois lui ouvrir grand les portes du sommet du G7 organisé à quelques kilomètres de la frontière. Voici ce que Guy Parmelin, le président de la Confédération, a obtenu ce mardi, convié par Emmanuel Macron à l’Hôtel Royal d’Evian. Fâcheux? Le Département fédéral des affaires étrangères n’a pas communiqué sur le sujet. Et l’entourage du conseiller fédéral s’est abstenu d’organiser un point de presse sur les lieux du sommet. Raison officielle: un agenda trop serré. Rendez-vous mercredi à Berne, au Palais fédéral, pour un «débriefing».
La vérité est pourtant que la France n’a fait, avec la Suisse et son chef de l’Etat, que le service minimum. A Paris pourtant, des diplomates nous avaient confié que la possibilité était ouverte de convier la Confédération aux discussions sur l’Ukraine et sur le détroit d’Ormuz.
Dans le cas de l’Ukraine, cette possibilité se justifiait par le fait que la Suisse a organisé, les 15 et 16 juin 2024, soit il y a pile deux ans, la conférence de haut niveau sur la reconstruction future du pays au Bürgenstock. Volodymyr Zelensky avait, il est vrai, rencontré préalablement Guy Parmelin lundi soir lors de son transit à Genève. Les deux dirigeants ont alors évoqué la possibilité d'une rencontre avec Poutine et Trump sur le sol helvétique, hypothèse répétée par le président ukrainien devant les journalistes.
Pour l’Iran, la mission de bons offices remplie depuis 1980 par la Suisse entre ce pays et les Etats-Unis plaidait pour que Guy Parmelin puisse être associé aux discussions. D’autant, et cela a été confirmé à la mi-journée ce mardi, que l’accord intérimaire entre les deux pays sera signé ce vendredi sur le territoire helvétique, justement au Bürgenstock (et non à Genève comme anticipé).
Non, ce n’est pas un «strapontin»
Rien n’y a fait pourtant. Mais attention, argumente-t-on dans l’entourage de Guy Parmelin, l’accès au sommet du G7, après l’accueil des dirigeants à l’aéroport de Genève, est bien mieux qu’un «strapontin». Une rencontre bilatérale a pu être organisée avec le Premier ministre britannique Keir Starmer. Le rendez-vous avec l’Indien Narendra Modi a aussi été très fructueux.
Bref, la Suisse n’a pas fait que ramasser les vitrines cassées par les manifestants du collectif «No G7» à Genève ce dimanche. Un conseiller d’Emmanuel Macron a même tenu, lors d’un briefing avec les journalistes, à remercier les autorités helvétiques et à exprimer la reconnaissance de son pays. Les quelques heures passées par Guy Parmelin à l’Hôtel Royal d’Evian pourraient donc présager, au moins, d’un règlement financier rapide et à l’amiable par la France d’une partie des dépenses de sécurité acquittées par Genève.
Couchepin fit mieux
En 2003, la France avait remboursé 18 millions de francs à la Confédération. Mais côté politico-diplomatique, le «deal» avait été bien meilleur. Le président Pascal Couchepin avait alors pleinement participé au sommet du G8 (avec la Russie) et obtenu un entretien bilatéral avec George W. Bush. La Suisse avait aussi accueilli une douzaine de chefs d’État non membres du G8 (principalement des pays en développement) pour un dîner de travail à Lausanne.