Le président de la Confédération Guy Parmelin est «fier» de l'accueil garanti à Genève de six chefs d'Etat et de gouvernement du G7 avant qu'ils ne se rendent à Evian. Il a condamné «avec la plus grande énergie» les déprédations de dimanche.
Guy Parmelin a accueilli lundi tour à tour tous les dirigeants du G7 en dehors de l'hôte, le président français Emmanuel Macron, arrivé dimanche à Evian sans passer par Genève. Il faut de bonnes conditions comme celle qu'offre la Genève internationale pour garantir cette approche, a-t-il expliqué à la presse.
Le Conseil fédéral «déplore», comme les autorités genevoises, «avec la plus grande énergie» les déprédations de dimanche à Genève, selon Guy Parmelin. Les responsables devront faire face à la justice, selon lui. Sur la question d'un partage des coûts avec la France en cas de dégâts, le président de la Confédération avait estimé il y a deux semaines qu'une solution serait trouvée. Depuis, le délégué du Conseil fédéral pour le G7, l'ambassadeur Alain Gaschen, avait semblé doucher les attentes sur ce scénario, la conseillère d'Etat genevoise Carole-Anne Kast affirmant aussi.
«Nous sommes toujours en contact étroit» avec la France et il faudra évaluer la situation après le sommet, explique Guy Parmelin. En revanche, il salue déjà la collaboration sécuritaire qui a, selon lui, bien fonctionné.
«Impressionné» par Lula
Autre accueil attendu, la Suisse pourrait faciliter la signature formelle de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran vendredi ou plus tard cette semaine. Guy Parmelin appelle à la patience sur les indications, considérant l'arrêt du confit puis la réouverture d'Ormuz comme des chantiers importants de cet arrangement.
Mais en même temps que sa conférence de presse, le président américain Donald Trump, le vice-président JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Ghalibaf signaient électroniquement le protocole d'accord. Et le chef de la Maison-Blanche a dit que le passage d'Ormuz serait «entièrement ouvert» vendredi.
Lundi, le président de la Confédération n'a pu dialoguer que quelques minutes avec chacun des dirigeants du G7. En revanche, il a vu dans la matinée son homologue brésilien Luis Ignacio Lula da Silva pour aborder l'accord entre l'AELE et le bloc sud-américain du Mercosur, dont fait partie le Brésil.
A deux jours de l'examen de cet arrangement par le Conseil national, il s'est dit «impressionné» par l'approche de ce pays sur la lutte contre la déforestation, une composante qui figure dans le texte. «Ce sont des mesures concrètes» et ceux qui critiquent la Suisse pour avoir signé cet arrangement doivent le «lire», insiste-t-il. Et d'ajouter que le Brésil, puissance émergente, ne veut pas que les autres pays lui disent quoi faire. L'accord avec le Mercosur pourrait faire économiser plus de 130 millions de francs de tarifs douaniers par an.
Discussion avec l'UE
Autre réunion, Guy Parmelin a pu accueillir deux dirigeants de l'UE arrivés avec un grand sourire au lendemain du rejet de l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions». «Etait-ce du soulagement ? Ils ont fait part de leur satisfaction», a-t-il dit au sujet de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui avait «pris note» dès dimanche, et celui du Conseil européen Antonio Costa.
Bruxelles surveillait attentivement le scrutin de dimanche. Désormais, les deux parties peuvent aller de l'avant sur les bilatérales III. Un vote de la population suisse pourrait être organisé dès juin 2027, mais plus probablement au début de la prochaine législature, selon le président.
Après une rencontre lundi soir avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour parler du conflit mais aussi d'économie, Guy Parmelin devrait pouvoir aborder mardi à Evian la rénovation de l'accord de libre-échange avec le Canada avec le Premier ministre Mark Carney. Il a parlé avec lui de football sur le tarmac genevois sans donner de pronostic sur le match entre les équipes suisse et canadienne à la Coupe du monde. Mardi encore, il verra à coup sûr le chef du gouvernement britannique Keir Starmer pour discuter des négociations avec Londres. De brefs dialogues avec d'autres dirigeants, y compris le président américain Donald Trump, pourraient avoir lieu.