Les opposants au G7 qui ont enflammé les rues de Genève ce dimanche vont peut-être devoir faire taire leurs critiques. Si les annonces faites par Emmanuel Macron se concrétisent, en particulier à propos de la fin du conflit en Iran et dans le détroit d'Ormuz, le sommet d'Evian pourrait entrer dans l'histoire comme l'une des rencontres de ce genre les plus productives. Ces cinq dossiers seront-ils réglés? Si oui, alors Evian aura servi à quelque chose.
Rouvrir Ormuz, une urgence
Emmanuel Macron l'a confirmé dans un entretien accordé, avant le début de ce sommet du G7, à la chaîne TF1. Tout est prêt, du côté européen, pour déployer une force maritime de sécurisation du détroit d'Ormuz, sous commandement de la France et du Royaume-Uni. Si la décision est prise à Evian, avant même la finalisation de l'accord entre l'Iran et les Etats-Unis, vendredi 19 juin, l'économie mondiale poussera un ouf de soulagement. Donald Trump, en tout cas, n'y fera pas obstacle. Au contraire. Le président des Etats-Unis répète sans cesse que le détroit d'Ormuz est déjà rouvert.
Nucléaire iranien: le retour de l'ONU
Là aussi, Emmanuel Macron a donné des indications dans son entretien télévisé, en ouverture du sommet du G7. Selon le président français, les soixante jours de négociation qui suivront la signature de l'accord de principe entre l'Iran et les Etats-Unis seront largement consacrés à la question du contrôle futur du programme nucléaire iranien. Or, lors du G7 d'Evian, une annonce pourrait être faite: celle d'un retour prochain en Iran de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Cette agence était le pilier de l'accord de 2015, le fameux JCPOA, rejeté par Donald Trump en 2018. Son retour serait une victoire pour l'ONU, qui en a bien besoin, à quelques kilomètres de Genève, la capitale européenne des Nations unies, où ces pourparlers nucléaires pourraient se dérouler.
Intelligence artificielle, la prise de conscience
Il est naïf de penser que les dirigeants des pays du G7 décideront, à Evian, d'un futur cadre pour réguler l'intelligence artificielle. Donald Trump a d'ailleurs menacé la France, avant de s'embarquer pour les bords du Léman, si Paris entreprend de taxer les géants américains du numérique. On est donc loin d'un accord. Très loin!
Et pourtant, la prise de conscience des risques que fait courir l'intelligence artificielle à nos économies et à l'humanité pourrait progresser à Evian, où plusieurs grands patrons de la Tech seront présents. Ce sommet du G7 préfigurera les débats du prochain sommet mondial sur l'IA, qui se tiendra à Genève en 2027.
L'Ukraine, bientôt dans l'UE
Ce sommet du G7 pourrait marquer une avancée historique pour l'Ukraine vers son intégration à l'Union européenne. Le président du Conseil européen (l'instance qui représente les dirigeants des 27 pays membres de l'Union), Antonio Costa, l'a confirmé d'emblée. L'ouverture, ce lundi, du premier des six volets des négociations d'adhésion entre l'UE et l'Ukraine est confirmée. Pour Volodymyr Zelensky, attendu mardi à Evian, c'est une victoire diplomatique de taille. Le président ukrainien s'envolera d'ailleurs, dans la foulée du G7, pour le sommet européen des 18 et 19 juin à Bruxelles.
Bravo Macron?
Ce sommet d'Evian sera le dernier sommet du G7 pour le président français, qui ne peut pas se représenter à l'élection présidentielle de 2027 pour un troisième mandat consécutif. Or, la chance semble lui sourire. Grâce à l'opération de sécurisation du détroit d'Ormuz, qui devrait entraîner le déploiement dans la zone du porte-avions Charles-de-Gaulle, le locataire de l'Elysée tient, un peu, son apogée diplomatique. Il est au centre du jeu. Il ne s'est pas laissé entraîner dans la guerre de Trump. Il continue de défendre coûte que coûte l'intégrité territoriale du Liban, dont Israël occupe l'extrême sud, bastion du Hezbollah chiite.
Evian, ou la preuve que Macron sert (quand même) à quelque chose?