Emmanuel Macron prépare sa sortie. Et tout ce qui peut y contribuer, y compris le sommet du G7 à Evian, est bon à prendre pour ce président de la République qui ne pourra pas, en mai 2027, se représenter pour un troisième mandat consécutif. Exagéré d'écrire cela alors que le sommet des pays les plus riches, inauguré par la France en 1979 à la Guadeloupe, plonge la population de Genève dans l'inquiétude? Non. À y regarder de près, le grand raout politico-diplomatique d'Evian ne servira qu'une cause: celle d'Emmanuel Macron.
Bien sûr, tous les chefs de gouvernement invités au pied des Alpes ne seront pas là, en théorie, pour encenser ce chef de l'État en fin de course. Les dirigeants arabes conviés à Evian – le prince héritier saoudien MBS a toutefois décliné l'invitation – y viendront pour parler du Moyen-Orient, du détroit d'Ormuz et du Liban, surtout si un accord de principe est paraphé ce week-end entre les États-Unis et l'Iran. Idem pour les patrons des grandes firmes technologiques – Sam Altman, d'OpenAI, sera de la partie – qui distilleront leurs conseils et leurs exigences sur l'intelligence artificielle. Mais qui peut croire que ce G7 accouchera de solutions? Alors qu'en revanche, pris sous l'angle de l'avenir de Macron, la réunion a beaucoup plus de sens.
Locomotive de l'Europe
Emmanuel Macron, rappelons-le, se voit en locomotive de l'Europe depuis le début de son premier mandat. Bingo! Ce sommet, avec l'Ukraine au menu – Volodymyr Zelensky sera présent à Evian –, va donc lui permettre de soigner à nouveau cette stature en réitérant le soutien à Kiev sur le sol français. Idem en matière diplomatique : l'idée d'une sécurisation maritime européenne du détroit d'Ormuz, lorsque les hostilités auront cessé, doit beaucoup au président français. Gagné là aussi. En cas de cessez-le-feu durable entre l'Iran et les États-Unis, la porte sera ouverte à une intervention navale sous pavillon de l'Union européenne. Le locataire de l'Élysée tiendra sa victoire.
Viennent ensuite les considérations plus personnelles. Même s'il n'est pas confirmé à l'heure où sont écrites ces lignes, un dîner au château de Versailles entre Donald Trump et Emmanuel Macron pourrait clore la séquence du G7. Lors de celle-ci, le président français pourrait même être formellement invité par son homologue américain aux cérémonies du 250e anniversaire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis, le 4 juillet. En plein tumulte mondial, et au moment où les États-Unis rabrouent en permanence l'Europe, l'affaire serait tout bénéfice pour Emmanuel Macron, qui pourrait ainsi également rendre visite à l'équipe de France de football, hébergée à Boston. Belle passe décisive!
Le sommet de l'IA en 2027
Dernier point, dont les Suisses ont compris l'importance et qu'ils sont en train de payer cher: Evian est à côté de Genève. Et la Genève internationale accueillera, début 2027, le prochain sommet mondial de l'intelligence artificielle. Ce G7, auquel Guy Parmelin sera finalement convié pour la journée du mardi 16 juin, pavera donc la voie numérique à l'avenir d'Emmanuel Macron. Une seule mauvaise surprise pourrait gâcher le plaisir de ce président français à la recherche d'un emploi après mai 2027: l'absence inopinée d'un Donald Trump trop fatigué par les festivités de son anniversaire. Mais il ne ferait tout de même pas ça à «Emmanuel»...