Les 5 points d'achoppement
Au G7, de multiples fractures derrière un consensus de façade

Le sommet du G7 s'ouvre bientôt, mais les divisions entre Etats-Unis, Europe et Japon sur le commerce, la Chine et le climat menacent l'unité face aux enjeux globaux. Les cinq points à retenir.
Les tensions sur le commerce et les guerres au Moyen-Orient menacent la stabilité du bloc.
Photo: AFP
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AFP Agence France-Presse

Derrière leurs communiqués conjoints consensuels, les pays du G7 réunis en sommet à partir de lundi (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) sont divisés sur la manière de répondre aux grands défis géopolitiques et économiques.

Ces fractures sont d'autant plus visibles que Donald Trump privilégie les initiatives unilatérales sur nombre de dossiers, que ce soit le commerce international ou les conflits au Proche et Moyen-Orient.

Commerce international

C'est probablement le sujet de tension la plus visible depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Les Etats-Unis privilégient les mesures protectionnistes et les droits de douane quand les Européens, le Japon et le Canada restent globalement favorables à un système commercial multilatéral plus ouvert.

Pour autant, les Européens, qui ne veulent pas être «les idiots du village mondial» n'écartent pas des barrières à l'importation si des secteurs européens comme l'industrie automobile venaient à être menacés.

Relation avec la Chine

C'est l'éléphant dans la pièce. La Chine est au coeur d'une myriade de problématiques, pour certaines déjà anciennes, comme les surcapacités industrielles ou la réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) où la 2e puissance économique mondiale a toujours un statut de pays «en développement».

Le G7 s'inquiètent aussi de leur dépendance vis-à-vis des chaînes d'approvisionnement chinoises sur les matériaux critiques comme les terres rares, essentiels à l'électronique grand public ou aux équipements militaires.

Plutôt qu'une confrontation poussée par Washington, les Européens prônent le multilatéralisme pour réduire leurs dépendances stratégiques. Ils veulent aussi éviter à tout prix de faire du G7 une arme anti-chinoise, notamment sur les minerais critiques. Pour aborder ces sujets avant le sommet d'Evian (15-17 juin), la présidence française a organisé un sommet des «convergences» incluant la Chine, en visio-conférence.

Ukraine

Les Européens privilégient un soutien indéfectible à l'Ukraine face à la Russie et espèrent prendre la main sur ce dossier aux côtés de Volodymyr Zelensky, d'autant que le conflit au Moyen-Orient a détourné l'attention de Washington.

Au sein du G7, les discussions portent notamment sur la poursuite du soutien militaire et les modalités d'un éventuel cessez-le-feu. En matière de sanctions contre Moscou, les Européens souhaitent une pression maximale mais Washington a décidé leur allègement du fait du blocage du détroit d'Ormuz qui a fait grimper les prix du pétrole.

Climat et transition énergétique

La fracture est consommée face à une administration Trump climatosceptique. Fin avril, lors du G7 environnement, sept textes communs ont été adoptés sans jamais aborder la question du climat en raison des oppositions de Washington.

De l'aveu même de la ministre française de la Transition écologique Monique Barbut: la France a comme priorité de «préserver l'unité du G7, car cette instance doit demeurer un espace de dialogue».

D'une manière générale, les pays européens défendent des objectifs climatiques ambitieux. La position des États-Unis fluctue selon que l'administration soit républicaine ou démocrate. Quant au Canada et au Japon, ils cherchent davantage un équilibre entre objectifs climatiques et compétitivité industrielle.

Numérique

La présidence française du G7 a souhaité mettre en avant la protection des mineurs dans l'univers du numérique et l'impact énergétique de l'intelligence artificielle. Un consensus se dégage sur la nécessité de protéger les enfants.

De même, le G7 s'accorde sur l'importance stratégique du numérique, de l'intelligence artificielle et des nouvelles technologies. Le débat porte sur la façon de conjuguer innovation et régulation.

D'un côté, les Etats-Unis – qui abritent la plupart des grandes entreprises mondiales du numérique, comme Google, Microsoft, Meta ou OpenAI – estiment qu'une réglementation trop stricte risque de freiner l'innovation ou décourager les investissements. De l'autre, la France, l'Italie et l'Allemagne estiment que le développement rapide des technologies numériques exige des règles fortes pour protéger les citoyens, la concurrence et les institutions démocratiques.

L'essor de l'IA a rendu cette divergence encore plus visible. Au-delà du débat juridique, l'enjeu est géopolitique puisqu'il s'agit pour les pays du G7, à commencer par les Etats-Unis, de rester compétitifs face à la Chine.


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