Enervé au G7 d'Evian
Donald Trump est KO, la guerre en Iran l'a lessivé

Le président des Etats-Unis n'a pas fait faux bon au G7 et à Emmanuel Macron, avec lequel il dinera mercredi soir à Versailles. Mais depuis son arrivée lundi, ses interlocuteurs le trouvent fatigué. La guerre en Iran pèse de tout son poids.
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Avec les dirigeants européens, Donald Trump a voulu donner le change. Pas si simple à 80 ans.
Photo: Getty Images
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Richard WerlyJournaliste Blick

Il a gagné. Sa victoire dans le golfe Persique est éclatante. La fête d’anniversaire organisée pour ses 80 ans à la Maison-Blanche, ce dimanche 14 juin, était tout simplement «unique et extraordinaire». Sur le plan du langage et des emphases verbales, Donald Trump est en pleine forme au sommet du G7 d’Évian. La preuve? Il menace de nouveau la France, pays hôte, de rétorsions commerciales sur les vins et spiritueux en cas de taxes imposées aux géants américains du numérique.

Et sur le plan physique? Ce «Commander in Chief» octogénaire est-il autant en forme que ses déclarations victorieuses le laissent penser? Trois séquences ont été scrutées à son arrivée au G7, depuis l’aéroport de Cointrin où a atterri Air Force One, lundi 15 juin.

Salutations express à Parmelin

La première séquence a été celle de ses salutations ultra-rapides avec le président de la Confédération, Guy Parmelin, venu l’accueillir au bas de son avion présidentiel. Vu l’annonce de la possible signature de l’accord Etats-Unis-Iran à Genève, et vu que la Suisse représente depuis 1980 les intérêts de Washington à Téhéran, les diplomates s’attendaient à un échange plus long que cette rapide poignée de main, suivie de quelques mètres parcourus à pied sur le tarmac jusqu’à l’hélicoptère prêt à l’amener à l’hôtel Royal d’Évian. «Il est apparu fatigué après la cérémonie de ses 80 ans et le tournoi de MMA de dimanche. La guerre des nerfs avec l’Iran l’épuise. Et si vous ajoutez à cela le décalage horaire...», raconte un journaliste qui a voyagé avec sa délégation.

Seconde séquence que les trumpologues se repassent et dissèquent ces dernières heures: la très longue poignée de main entre Donald Trump et Brigitte Macron. Pendant plusieurs minutes, le président des Etats-Unis n’a pas lâché la main de la Première dame française, lorsque le couple présidentiel l'a accueilli sur la pelouse de l'Hôtel Royal. Il est ensuite apparu moins déterminé et pugnace que d’habitude lors de sa poignée de main avec Emmanuel Macron. L’impression, pour ceux qui suivent ses voyages officiels, est que Trump vit très mal le fait d’être nargué par l’Iran. Il s’attendait, selon son entourage, à des déclarations iraniennes de soutien à l’accord. Or rien n’est venu. L’Iran refuse même toujours de confirmer la signature électronique qui aurait eu lieu dimanche. Trump est poussé dans ses retranchements. Et il n’aime pas ça. Résultat: pas de colère explosive, mais une grogne quasi permanente. «Les dirigeants du G7 le manient depuis le début comme de la nytroglycérine» complète une source française.

Une mémoire défaillante

Troisième séquence: son endurance relative lors des entretiens bilatéraux avec Emmanuel Macron, puis avec Volodymyr Zelensky, le président du Qatar et le cheikh des Émirats arabes unis, Mohamed bin Zayed Al Nahyane. À la fin de chaque entretien, Trump a peiné à récapituler la discussion, forçant ses conseillers à se rapprocher de lui et à lui murmurer des réponses. L’idée selon laquelle le président le plus puissant du monde a une mémoire défaillante fait de plus en plus son chemin. Ce qui accroît l’importance accordée, avant toute décision, du dernier interlocuteur qui lui a parlé.

Trump fatigué au G7 d’Evian? «Emmanuel Macron et Donald Trump en mode crispé. Sourires crispés, poignée de main rigide, absence sur le tapis rouge… La première rencontre entre les deux présidents à Évian a donné le ton, ce lundi, d’un sommet du G7 placé sous haute tension», juge la presse française. «Un jour après avoir fêté ses 80 ans avec un show de l’UFC sur la pelouse de la Maison-Blanche, Donald Trump semblait ressentir tout le poids de son âge lors de son déplacement en France», analyse le magazine américain de gauche New Republic.

Et de poursuivre: «Le décalage horaire a probablement aggravé une tendance qu’il a déjà à s’assoupir, même durant des journées de travail ordinaires. Trump n’est manifestement pas au mieux de sa forme, et le fait d’avoir prolongé une fête d’anniversaire particulièrement fastueuse jusqu’aux petites heures du matin ne l’a pas mis dans les meilleures dispositions pour rencontrer Macron et ses partenaires.»

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