Ni pratique, ni précis
Voici pourquoi le nouveau pistolet de l'armée est une catastrophe

Le futur pistolet de l'armée suisse a obtenu de piètres résultats lors des tests. Une enquête de Watson révèle désormais en détail l'ampleur de ses mauvaises performances. Les experts le jugent «inadapté à un usage militaire».
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Le SIG Sauer P320 doit devenir le nouveau pistolet de l'armée, malgré les mauvais résultats des tests.
Photo: keystone-sda.ch
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Patrick Gerber

«Ne convient pas à un usage à grande échelle», conclut un rapport sur le nouveau pistolet de l'armée SIG Sauer P320. Se basant sur la loi sur la transparence (LTrans), Watson a demandé à Armasuisse et à l'armée suisse de lui fournir des données internes. Les résultats de ce rapport sont décevants.

Un essai en conditions réelles a été mené pour tester l'efficacité de différentes armes et trois modèles ont été retenus. Le vainqueur incontesté a été le Glock autrichien, avec une note de 7 sur 10. Malgré tout, le chef de l'armement, Urs Lohner, et l'état-major de l'armée ont opté pour le SIG Sauer P320, malgré la note minimale de 1 attribuée par les experts

Selon Watson, la décision d'utiliser le SIG Sauer P320 est clairement contraire à la recommandation de plusieurs organismes d'experts et associations militaires de l'armée. Le chef de l'armement semble miser sur cette arme controversée principalement parce que SIG Sauer s'est engagé à la produire en Suisse, s'inscrivant dans la stratégie de défense du Conseil fédéral.

Nous savions déjà que le pistolet SIG Sauer avait échoué aux essais militaires sur le terrain. L'organisation compétente l'avait classé comme «inadapté à un usage par les troupes», mais pour la première fois, les détails techniques ont été publiés. 

Manque de précision

Le SIG Sauer P320 a obtenu les plus mauvais résultats à tous les tests de tir. De plus, il a présenté un nombre excessif de dysfonctionnements. La détente était «difficile à contrôler et sujette aux erreurs», et sa réinitialisation était à peine perceptible. De plus, le recul excessif de l'arme après le tir rendait la réacquisition rapide de la cible extrêmement difficile. Le tout en entraînant des problèmes médicaux tels que des douleurs au poignet. 

Des signes d'usure étaient déjà clairement visibles après une courte période d'essai. De plus, le nettoyage était «laborieux et difficile». «Le SIG P320 n'est pas adapté à une formation à grande échelle dans le cadre d'une armée de milice, car son application et la formation qu'il requiert sont trop complexes», conclut le rapport.

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