Les habitants de la commune grisonne de Brienz, autrefois menacée par la montagne qui la surplombe, pourront s'exprimer sur les contours du futur village. Du moins ceux qui souhaitent y demeurer. Ceux qui désirent partir verront leur relocalisation en grande partie financée par les autorités.
Les autorités de Brienz ont organisé jeudi soir à Tiefencastel (GR) la 27e, et sans doute la dernière, réunion d'information destinée aux habitants depuis que le village est menacé et avait dû être évacué. Elles ont souhaité ouvrir de nouvelles perspectives, a indiqué le président sortant de la commune, Daniel Albertin, qui est resté en fonction deux ans de plus que prévu à cause des événements.
Aujourd'hui, la commune a reçu 42 demandes de relogement. Deux bâtiments sont déjà tellement endommagés par le glissement de terrain qu’ils seront bientôt démolis, et les plans de démolition de 13 autres bâtiments ont déjà été signés, ont expliqué les autorités.
Un des derniers actes officiels de Daniel Albertin, qui cédera son poste à la fin de l'année, sera de commander une étude, menée en collaboration avec l’EPFZ, qui portera sur l’aménagement futur du village. Toutes les personnes concernées sont désormais invitées à participer à la conception du futur visage du village. Certains d’entre eux ont annoncé leur intention de créer une association à cette fin.
Les premières idées ont déjà été formulées lors de la soirée d'information. Un résident secondaire a par exemple souhaité la création d'un «bistrot»; un autre s'est préoccupé de l'avenir des fontaines du village. «Elles resteront», ont assuré les autorités.
82,5 millions pour la relocalisation
Les habitants désireux de quitter le village bénéficieront quant à eux d’une aide financière. Un crédit de 82,5 millions de francs au total a été approuvé par l’assemblée communale en juillet. La majeure partie de cette somme sera prise en charge par le canton et la Confédération.
Le gouvernement cantonal doit désormais approuver le projet. Ensuite, tous ceux qui le souhaitent pourront déménager dans un délai de cinq ans. Chaque relocalisation devra toutefois être approuvée au cas par cas par le canton. Si le feu vert est donné, les maisons concernées seront démolies, le terrain reviendra à la commune et les personnes concernées recevront alors l’argent.
Un certain nombre d'habitants ont déjà regagné le village. Ils ont à nouveau le droit d'y vivre depuis six mois après avoir dû le quitter à plusieurs reprises pendant plusieurs mois. Plus ils seront à décider d'y rester, plus le coût de la relocalisation ailleurs pourrait s'avérer réduit.
Sur le plan géologique, la situation dans le village s’est nettement stabilisée ces derniers mois grâce à une galerie et à des forages de drainage. Mais de futures évacuations ne peuvent toujours pas être exclues à 100%.