La chasse s'intensifie
La Suisse traque les fraudeurs fiscaux partout dans le monde

Ceux qui thésaurisent de l'argent sale auront du mal à dormir sur leurs deux oreilles. L'année dernière, la Suisse a pris pour cible 61 fraudeurs fiscaux présumés à l'étranger. L'Allemagne et Chypre ont été très ciblées. Les autorités font aussi la chasse en Thaïlande.
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La Suisse fait également la chasse aux fraudeurs fiscaux à l'étranger.
Photo: Keystone
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Ruedi Studer

Attention aux fraudeurs fiscaux! La traque des fonds cachés par les autorités se poursuit. L’an dernier, des milliers de demandes d’assistance administrative en matière fiscale ont circulé entre la Suisse et l’étranger. C’est ce que montrent les derniers chiffres de l’Administration fédérale des contributions (AFC), que Blick a pu consulter en exclusivité. 

Dans ce contexte, les autorités du monde entier resserrent l’étau sur les fraudeurs fiscaux suisses à l’étranger. «En 2025, 61 demandes d’assistance administrative ont été adressées à 26 Etats, explique Adrian Grob, porte-parole de l’AFC. La plupart des demandes ont été envoyées à l’Allemagne et à Chypre.» Il ne donne pas davantage de détails sur les autres pays.

Ce chiffre reste nettement inférieur au record de 2024, lorsque 293 demandes avaient été déposées dans 45 pays. En 2023 aussi, une légère hausse avait été observée avec 75 demandes d’entraide administrative, les autorités fiscales traquant même des détenteurs d’argent sale dans les îles Vierges britanniques.

Près de 7000 demandes de l'étranger

A l’inverse, les autorités fiscales étrangères traquent leurs propres fraudeurs en Suisse. «En 2025, 6968 demandes d’assistance administrative ont été déposées, indique Adrian Grob. La plupart des demandes adressées à la Suisse proviennent de la France, de l’Autriche, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Ukraine et des Etats-Unis.»

Cela représente environ un tiers de moins que l’année précédente, où la majorité des demandes venait de Grande-Bretagne, suivie par la France, l’Espagne, l’Autriche et l’Allemagne. En 2016, année record, plus de 66'000 demandes avaient même été déposées, principalement depuis la France.

En 2025, l’Ukraine apparaît pour la première fois dans le peloton de tête. Cela pourrait aussi s’expliquer par les plus de 70’000 personnes ayant fui leur pays et bénéficiant actuellement d’une protection en Suisse.

Echange de données avec 110 Etats

L’an dernier, l’AFC a échangé des informations sur les comptes financiers avec 110 Etats. Ces échanges ont eu lieu dans le cadre de la norme globale d’échange automatique d’informations (EAI). Le Kenya et la Thaïlande se sont ajoutés aux 108 Etats déjà concernés.

Environ 11’000 Suisses vivent en Thaïlande. Pour eux, l’AFC examinera désormais de plus près qui détient encore des avoirs dans le pays. Pour la première fois, les autorités fiscales des deux Etats se sont échangé automatiquement des données sur les comptes financiers.

La Suisse a échangé des données avec 84 pays. Elle a reçu des informations de 26 Etats, mais n’en a pas transmis, car ces pays ne remplissent pas certaines exigences ou y renoncent volontairement. L’an dernier également, aucun échange n’a eu lieu avec la Russie.

Au total, l’AFC a transmis des informations sur environ 3,8 millions de comptes financiers aux Etats partenaires et en a reçu sur environ 3,5 millions. Dans les deux cas, cela représente près de 100'000 personnes de plus que l’année précédente.

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