Le Parti socialiste (PS) se montre réservé sur l'accord de libre-échange modernisé avec la Chine. Il exige des garanties pour protéger les droits humains et les droits du travail. Les Vert-e-s sont quant à eux prêts pour le référendum. Le PS Suisse examinera avec attention le résultat des négociations entre la Suisse et la Chine, indique jeudi le parti dans un communiqué. «Depuis des années, le travail forcé systématique fait partie intégrante des chaînes d’approvisionnement chinoises», rappelle le PS.
Il est donc impératif que l'accord contienne des mécanismes efficaces pour protéger les droits humains et les droits du travail et pour sanctionner les violations, selon le conseiller aux Etats Carlo Sommaruga, cité dans le communiqué. «De simples déclarations d'intention ne suffisent pas», poursuit le Genevois, rappelant les résultats insuffisants obtenus avec la Malaisie et le Mercosur.
Les Vert-e-s se montrent tout aussi critiques. «La Chine surveille et poursuit les minorités tibétaine et ouïghoure en Suisse. De plus, le travail forcé est un problème grave en Chine. Nous n'accepterons aucun accord qui ne comporte pas de sanctions à l'encontre des violations des droits humains», indique leur présidente Lisa Mazzone dans un communiqué. «En l'état, nous sommes prêts pour le référendum.»
Bonne nouvelle pour l'économie suisse
Pour Claude-Alain Boillat, membre de la section romande de la Société Suisse-Chine, cet accord est une excellente affaire pour l'économie suisse. Il mettra fin à un déséquilibre dans la relation entre les deux pays, puisque actuellement environ la totalité des produits chinois sont exonérés de droits de douane, ce qui n'est pas le cas des produits suisses.
En outre, l'accord prévoit des dispositions fondamentales en matière de travail. «C'est la première fois que la Chine s'engage à ce point dans un accord de libre-échange», souligne-t-il dans l'émission Forum de la RTS . La Chine a également pris des mesures «ambitieuses» sur les questions environnementales. «On est dans une Chine nouvelle qui prend des engagements sur les questions de travail et d'environnement».
Acteurs économiques satisfaits
«Il y a un certain nombre d'éléments dans la politique chinoise qui ne sont pas exactement les mêmes que chez nous, et c'est peu dire», relève le conseiller national Laurent Wehrli (PLR/VD), interrogé par le 19h30 de la RTS. «Mais là, pour la première fois dans l'histoire des relations économiques internationales de la Chine, ils ont accepté une référence directe à la déclaration des droits de l'homme, c'est clairement une avancée», se réjouit-il.
L'association de l’industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux, Swissmem, se félicite également de l'aboutissement des négociations. «La modernisation de l'accord permet d'éliminer les désavantages douaniers sur les produits de haute technologie et d'actualiser les règles du jeu en matière de commerce. C'est exactement la politique économique dont a besoin un petit Etat tourné vers l'exportation», a indiqué son président Martin Hizel sur la plateforme X.