Entre la Suisse et l’Union européenne (UE), l'ambiance vire à nouveau au vinaigre. D’un côté, le Conseil fédéral négocie un vaste ensemble d’accords pour stabiliser ses relations avec son principal partenaire économique. Un projet qui suscite déjà de vives oppositions au sein des commissions parlementaires. De l’autre, l'UE vient de doucher la Suisse avec deux décisions particulièrement préjudiciables.
D'une part, pour protéger son industrie sidérurgique, l’UE va doubler les droits de douane sur l’acier dès le 1er juillet, les faisant passer de 25% à 50%. Parallèlement, l'UE exige de la Suisse qu'elle verse des allocations chômage aux travailleurs frontaliers qui perdraient leur emploi sur le sol helvétique. Une facture salée, estimée entre 600 et 900 millions de francs par année.
L'avertissement de Guy Parmelin à Ursula von der Leyen
Au micro de la radio SRF, le président de la Confédération Guy Parmelin s'est dit «surpris» par cette démarche. Qualifiant d'«inacceptable» la hausse des taxes sur l’acier, il a révélé avoir directement mis en garde la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une rencontre début mai: «Attention. Cela pourrait se retourner contre vous.»
Le conseiller fédéral rappelle que l’industrie suisse est un rouage essentiel des chaînes d'approvisionnement européennes, fournissant notamment de l'acier de haute technologie pour le secteur aérospatial. Un compromis est indispensable.
Un timing douteux?
Guy Parmelin entend également fermement négocier la réglementation relative aux travailleurs frontaliers. Le Parlement devra ensuite donner son accord. Sans mentionner le fait qu'un référendum reste tout à fait envisageable.
Le président de la Confédération fustige ouvertement la méthode de l'UE. «Le comportement de l'UE, alors que le Parlement est censé approuver un accord majeur, n'est pas constructif», a-t-il déclaré. Berne et l'UE s'étaient pourtant engagés à ne pas soulever de telles incertitudes lors des négociations sur l'accord. «Et voilà que deux questions sensibles surgissent à très court terme. Mais c'est la politique de l'UE. Le moment choisi n'est peut-être pas idéal», conclut-il.