L'Italie a annoncé jeudi l'expulsion de deux agents des services de renseignement russes présents sur son sol sous couverture diplomatique, dénonçant une «ingérence grave et inacceptable», deux jours après l'arrestation de deux ex-espions italiens accusés d'avoir collaboré avec Moscou.
«Le gouvernement italien a décidé d'expulser deux attachés militaires de l'ambassade de la Fédération de Russie en Italie, impliqués dans des activités d'espionnage mises au jour par le parquet de Rome», a écrit sur X le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani. Le ministère des Affaires étrangères «vient de communiquer à l'ambassadeur russe à Rome qu'Ivan Petrovich Gorbachev et Mikhail Vasilyevich Astakhov doivent quitter Rome dans un délai de trois jours», a précisé le chef de la diplomatie italienne, également vice-Premier ministre.
L'annonce de ces expulsions intervient deux jours après l'arrestation de deux anciens agents des services de renseignement italiens accusés d'avoir livré à Moscou des informations sensibles relatives notamment à l'aide militaire à l'Ukraine, selon la presse italienne. Les quotidiens La Repubblica et Il Messaggero affirment qu'au moins un des deux agents russes a collecté – en échange d'argent – des informations relatives au système franco-italien de défense antiaérienne SAMP/T, que l'Ukraine doit recevoir cette année pour le tester, et aux missiles franco-italiens Aster déjà livrés à Kiev.
«La partie émergée de l'iceberg»
Cet agent s'intéressait également à la mission de l'Otan en Bulgarie ainsi qu'à l'entreprise italienne Avio, qui produit des moteurs de drones et des missiles supersoniques. L'un des deux ex-espions italiens arrêtés mardi est accusé d'avoir transmis à ce contact russe les identités d'agents du contre-espionnage italien chargés de contrecarrer les activités des services de renseignement de Moscou dans la péninsule, affirme le quotidien Corriere della Sera.
L'avocat de cet ex-espion italien dément toute trahison, affirmant que son client, qui doit être auditionné vendredi, s'est limité à recueillir des informations accessibles publiquement. «Ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg», a estimé mardi le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, dénonçant «un conflit hybride» mené par Moscou.