Face à la menace russe, l'OTAN muscle sa défense. Le pacte militaire de l'Alliance prépare un tout nouveau plan de bataille pour contrer la moindre attaque surprise venue de l’Est. C'est ce que rapporte le quotidien allemand «Bild», qui se réfère à des documents confidentiels relatifs au projet portant le nom de code «Eastern Flank Deterrence Initiative» (EFDI). Plutôt que de se contenter d’une simple riposte, l’OTAN misera désormais sur la prévention. Les attaques potentielles devront être stoppées avant même qu'elles ne commencent.
Depuis l’adhésion de la Finlande à l’OTAN, la frontière avec la Russie s’est allongée de 1340 kilomètres. Cette ligne de front vulnérable s’étend de la mer Baltique jusqu’en Roumanie. Pour la sécuriser, l'Alliance a décidé d'en faire une véritable forteresse numérique. Ici, pas de murs de béton ni de barbelés, mais un bouclier technologique de pointe mêlant capteurs, drones, satellites et intelligence artificielle (IA).
L’accent est mis sur la détection précoce
Au cœur de ce dispositif se trouve le «Kill Web». Ce réseau numérique interconnecte en temps réel les drones de reconnaissance, les systèmes radar et les satellites. La nouvelle stratégie est la suivante: «Voir en premier. Décider en premier. Frapper en premier.» L’adversaire doit être analysé et neutralisé avant même qu’il ne passe à l’action.
Jusqu’à présent, la défense reposait sur la dissuasion. En cas d’attaque, les chars et les soldats devaient intervenir pour reprendre le contrôle de la zone. Ces capacités militaires sont certes maintenues, mais l’OTAN met désormais l’accent sur la détection précoce.
Choix de l’arme la plus efficace
Selon «Bild», les données de tous les Etats membres seront désormais regroupées dans une base centrale. Une intelligence artificielle les analysera en quelques secondes. Ce concept vise à préserver la puissance de combat et à donner plus de temps aux commandants.
Cette nouvelle technologie permet à un drone de repérer en un clin d’œil une formation de chars russes. Les données collectées sont immédiatement recoupées avec des images satellites et radar. Il en résulte une image précise de la situation. Le commandant peut ainsi choisir l’arme la plus efficace, qu’il s’agisse d’un drone, d’artillerie ou d’un lance-roquettes.