Attribués au Nigéria et au Tchad
L'ONU réclame des enquêtes après des bombardements dans le nord-est du Nigeria

L’ONU demande des enquêtes indépendantes après des frappes militaires au Nigeria et au Tchad ayant causé de nombreuses victimes civiles. Le Haut-Commissaire dénonce des attaques meurtrières dans une région déjà touchée par les violences jihadistes.
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Les autorités des deux pays doivent «veiller à ce que les responsables de toute violation rendent des comptes, conformément aux normes internationales», a exhorté Volker Türk.
Photo: IMAGO/Newscom / Yonhap News
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AFP Agence France-Presse

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé mercredi des enquêtes «indépendantes» après des bombardements attribués aux armées nigériane et tchadienne qui auraient fait des dizaines de morts dans le nord-est du Nigeria.

«Il est crucial que les autorités nigérianes et tchadiennes mènent des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales sur ces incidents troublants», a déclaré Volker Türk dans un communiqué.

L'armée nigériane et des bandes criminelles (appelées localement «bandits») qu'elle combat ont tué plus de 100 civils dimanche dans le nord-est du pays, selon des sources contactées par l'AFP.

Un chef communautaire a fait état d'au moins 72 morts, mais la branche nigériane d'Amnesty International a évoqué «au moins 100 civils» tués, lors de l'une des journées les plus meurtrières du conflit contre ces groupes armés.

Bastion jihadiste

«Je suis consterné par les informations selon lesquelles des frappes aériennes de l'armée nigériane sur un marché de l'Etat de Zamfara auraient tué au moins 100 civils le 10 mai et en auraient blessé beaucoup d'autres», a déclaré M. Türk dans un communiqué.

Il s'est également dit «alarmé et attristé» par les informations faisant état d'un nombre élevé de victimes civiles lors des attaques menées depuis vendredi par des avions de combat tchadiens contre des camps de Boko Haram situés sur des îles isolées du lac Tchad, au nord-est du Nigeria.

Cette vaste étendue d'eau et de marécages située entre le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad, s'est transformée depuis 2009 en bastion jihadiste, abritant à la fois des combattants de Boko Haram et de l'État islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP).

«Les civils et leurs biens ne doivent jamais être la cible d'attaques»

Un responsable du syndicat des pêcheurs du lac Tchad a déclaré que «40 pêcheurs nigérians sont portés disparus et seraient probablement morts noyés à la suite des frappes, selon les pêcheurs qui ont réussi à s'échapper».

Les autorités des deux pays doivent «veiller à ce que les responsables de toute violation rendent des comptes, conformément aux normes internationales», a exhorté M. Türk, appelant également «de toute urgence les deux armées à prendre toutes les précautions possibles pour éviter frapper les civils». «Les civils et leurs biens ne doivent jamais être la cible d'attaques», a-t-il insisté. 

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