En bref
- À l'approche des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre 2026, les démocrates ciblent cinq thèmes pour contrer Donald Trump, notamment l'économie, la santé et la démocratie.
- Les démocrates critiquent l'incapacité de Trump à tenir ses promesses économiques, alors que 84 % des électeurs inscrits jugent l'économie cruciale.
- 73 % des électeurs considèrent l'avenir de la démocratie comme un enjeu majeur. Concernant le conflit avec l'Iran, 36 % des électeurs font confiance aux démocrates, contre 27 % aux républicains.
Donald Trump est loin, très loin d’avoir lâché prise. Ce dimanche 1er novembre, le président des États-Unis s’est rendu à Dubuque, dans l’État très agricole et très républicain de l’Iowa, puis au Kansas, pour y défendre les candidats de son parti. Jusqu’au bout, le locataire de la Maison-Blanche continue de penser qu’il est le meilleur argument pour attirer les électeurs, dont 52 millions ont déjà voté pour les élections de mi-mandat, par correspondance ou par anticipation.
Les démocrates, pour leur part, savent que la bataille la plus redoutable est celle du Sénat. 35 sièges sont en lice (33 pour un renouvellement ordinaire, deux en raison d’une interruption de mandat). Les Républicains, qui disposent d’une majorité de 53 sénateurs contre 47, ont vingt sénateurs sortants. Il faut donc que les candidats démocrates l’emportent dans au moins quatre États supplémentaires pour récupérer le contrôle de la chambre haute. Et ils comptent pour cela sur ces cinq arguments massue.
Trump est dangereux
Ce leitmotiv est celui que les démocrates répètent dès qu’ils le peuvent. Danger pour le pouvoir d’achat des Américains, en raison de la hausse des prix du carburant. Danger pour la sécurité du pays, en raison de la guerre en Iran. Danger pour l’État de droit et la démocratie, surtout. Danger pour la communauté latino, prise pour cible par les agents de l’ICE, la police anti-immigrants. Pas étonnant que Barack Obama, venu soutenir les candidats de son parti dans l’Ohio et le Michigan, ait dénoncé le goût de l’or de Donald Trump et son obsession pour sa future salle de bal de la Maison-Blanche. Trump, danger pour l’Amérique: c’est le slogan martelé par ses adversaires.
Trump est corrompu
L’argent est indissociable de la politique aux États-Unis. Mais cette fois, les douze milliards de dollars dépensés, de part et d’autre, pour la campagne des élections de mi-mandat (midterms) nourrissent la polémique. Polémique sur les financiers de la campagne des républicains, pour l’essentiel les géants du pétrole et de la tech, qui ont grandement profité de ces deux premières années de mandat de Donald Trump. Polémique sur les conflits d’intérêts de la famille présidentielle, en particulier dans le domaine des cryptomonnaies. La corruption de Trump et de son entourage est un sujet récurrent. Le fait que le président des États-Unis ait accepté un nouvel Air Force One du Qatar est aussi souvent cité dans la campagne. Ces accusations de corruption pourraient servir de base au déclenchement d’une nouvelle procédure de destitution du président (impeachment).
Trump est un va-t-en guerre
La guerre déclenchée par Donald Trump contre l’Iran le 28 février 2026, aux côtés d’Israël, ne passe décidément pas. D’abord parce que ce dernier avait promis de ne pas déclencher un conflit. Ensuite parce qu'elle a entraîné une hausse des prix, alors que ce président avait promis de faire baisser l’inflation. Enfin parce que cette guerre a abouti à un enlisement stratégique au Moyen-Orient. Or, Trump réclame une augmentation de 50 % du budget de la défense, qu’il veut faire passer de 900 milliards de dollars en 2026 à 1 500 milliards en 2027! Pourquoi? Pour faire d’autres guerres, bien sûr, affirment ses adversaires. Les liens entre Trump et Poutine, le président russe, n’ont en revanche pas été un grand thème de campagne. La guerre en Ukraine, vu qu’elle n’implique pas directement l’armée américaine, est mise de côté.
Trump terrorise la population
Même les électeurs latinos qui ont voté pour Trump en novembre 2024 vivent très mal les rafles et les déportations de l’ICE, l’agence chargée de traquer les migrants clandestins. Pourquoi? Parce que cette police fédérale se comporte comme une milice. Les deux personnes tuées dans le Minnesota, lors des descentes de l’ICE, ont fait basculer l’opinion. Des dizaines de milliers de familles latinos se retrouvent avec un parent envoyé en prison dans d’autres États, puis déporté. Un climat de terreur s’est emparé de l’Amérique, au point que certains soupçonnent Trump de vouloir utiliser cette agence fédérale comme une milice. Les entrepreneurs manquent souvent de main-d’œuvre, car les migrants se cachent, même s’ils sont en règle.
Trump n’a aucune morale
Ce président, élu le 6 novembre 2024 sur la promesse de rendre à l’Amérique sa grandeur, est accusé d’avoir, avant tout, dopé la fortune des oligarques qui l’entourent, à commencer par Elon Musk. À l’autre bout de la société, quoi pour les classes populaires? Autre dossier: l’affaire Epstein, opportunément mise de côté depuis le déclenchement de la guerre contre l’Iran. Environ trois millions de documents restent à publier sur l’affaire de ce milliardaire pédocriminel retrouvé suicidé en prison en août 2019. Les démocrates (qui n’avaient pas publié les «Epstein Files» sous la présidence de Joe Biden) ont promis de reprendre la publication s’ils obtiennent la majorité au Congrès.
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