Cessez-le-feu au Liban aussi
Ces 5 décisions qui peuvent achever la guerre dans le Golfe

L'annonce d'un cessez-le-feu au Liban et la conférence qui se tient à Paris sur la sécurisation du détroit d'Ormuz montrent que la paix reprend (peut-être) ses droits. Mais cela sera trés compliqué et douloureux.
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Le Liban a subit de plein fouet la guerre entre le Hezbollah et Israël. Des négociations sont aujourd'hui envisagées.
Photo: imago/ZUMA Press
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Richard WerlyJournaliste Blick

Et si la guerre était en train de se terminer dans le Golfe persique? La question semble presque incongrue, au vu de l’éloignement des positions entre l’Iran, les États-Unis et Israël. Plus préoccupant encore: l’arrivée attendue, à proximité du détroit d’Ormuz, bloqué depuis trois jours par Washington, de nouveaux moyens aéronavals américains. La volonté de Donald Trump reste donc d’obtenir la capitulation de la République islamique, au moins sur le dossier du nucléaire militaire et des missiles, ce qui lui permettrait d’annoncer sa victoire. Au Liban, le cessez-le-feu décrété dans la soirée du jeudi 16 avril semble aussi très fragile. Mais cinq raisons permettent tout de même d’espérer une sortie de crise.

Au Liban, on négocie

Le dossier du Liban est l’énorme dommage collatéral du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. C’est en riposte aux tirs de roquettes du Hezbollah chiite libanais, aux ordres de Téhéran, que le gouvernement de Benjamin Netanyahu a lancé un assaut impitoyable sur le sud du pays, où des dizaines de villages ont été évacués et rasés, tandis que Beyrouth a subi quantité de frappes aériennes. Est-il possible, maintenant, que le Premier ministre israélien et le président libanais chrétien Joseph Aoun entament, pour la première fois de l’histoire récente de leurs deux pays, une négociation directe? C’est ce que veut Donald Trump. Cela pourrait se passer à Washington. Ce serait, pour le Liban, une chance de renouer avec une paix très fragile. Mais il faudrait pour cela que le cessez-le-feu entamé jeudi 16 avril puisse tenir...

À Paris, Ormuz va rouvrir

Une conférence réunit ce vendredi 17 avril à Paris une trentaine de dirigeants de pays européens et asiatiques résolus à rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette réunion, présidée par Emmanuel Macron et le Britannique Keir Starmer, en présence de la cheffe du giouvernement italien Giorgia Meloni, ne signifie en rien que les participants sont prêts à intervenir militairement pour cette réouverture, comme le demande l’administration Trump, alors que le blocus naval américain est en place depuis trois jours. Il s’agit toujours d’imaginer une opération de sécurisation maritime après l’arrêt des hostilités. Mais cette réunion a un mérite: imaginer l’avenir sans les frappes et le blocus, pour que le commerce du pétrole, du gaz et d’autres denrées essentielles reprenne dans ce détroit crucial.

À Téhéran, le Pakistan négocie

Quel est le message ramené de Téhéran, où il était le 16 avril, par le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir? Et de quoi parlent, depuis plusieurs jours, les dirigeants iraniens avec les Turcs et les Égyptiens? Une chose est certaine: la négociation interrompue à Islamabad après 21 heures de discussions, dimanche 12 avril, se poursuit indirectement. Pour l’heure, le cessez-le-feu dans le ciel iranien expire le 22 avril et l’Iran n’a pas demandé sa reconduction. Tenable pour les mollahs et les «gardiens de la Révolution» qui tiennent le pays? Pas du tout sûr.

À Washington, Trump paie l’addition

Les États-Unis ne sont pas encore le théâtre de manifestations antiguerre massives, comme cela fut le cas lors du conflit de 2003 en Irak ou, plus encore, lors de la guerre du Vietnam. Les sondages montrent que la base électorale MAGA («Make America Great Again») tient malgré tout, en dépit de la colère contre les agissements de ce président qui ose se comparer à Jésus dans une image diffusée sur son réseau social. Deux indicateurs sont toutefois cruciaux: le prix du gallon (3,7 litres) d’essence et l’indice boursier de Wall Street. Le premier flirte avec les 4 dollars. Le second est stabilisé. Trump a besoin d’en rester là.

Les bourses mondiales sont calmes

Le cessez-le-feu n’est pas que militaire. L’arrêt des frappes aériennes sur l’Iran, qui pourrait être suivi d’un arrêt des frappes israéliennes sur le Liban, a été bien accueilli par les marchés boursiers, et le prix du pétrole s’est stabilisé. C’est absolument crucial dans cette période de tensions, à un mois de la visite de Donald Trump en Chine pour y rencontrer Xi Jinping les 14 et 15 mai. Cette stabilité ne règle rien, car la paralysie énergétique menace et les pays du Golfe paient très cher cette guerre. Mais l’escalade est suspendue. L’Iran, comme Trump, ont besoin de ce répit.

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