Avant le diner à Versailles
Les 5 victoires de Trump au G7 (et elles ne sont pas minces)

Il est resté au sommet d'Evian jusqu'au bout. Avant de dîner au Château de Versailles, à l'invitation d'Emmanuel Macron, Donald Trump a engrangé les succès lors de ce G7.
1/5
Donald Trump a, cette fois, assisté à l'ensemble du sommet du G7 à Evian.
Photo: AP Photo/Julia Demaree Nikhinson
Blick_Richard_Werly.png
Richard WerlyJournaliste Blick

Il a gagné. Et il ne va pas se priver de le répéter à son retour à Washington. Avec, en prime, de belles images assurées de son dîner avec le couple Macron ce mercredi soir au Château de Versailles. Seul regret pour Donald Trump: l'annulation des feux d'artifice prévus en soirée au château du Roi-Soleil, pour cause de canicule. Mais, pour le reste, tout sera fait pour lui plaire et pour lui fournir un très bon narratif de retour d'Évian. C'est en effet au Château de Versailles que Louis XVI reçut Benjamin Franklin en 1778, et c'est dans ce palais que fut signé, en 1783, le traité d'indépendance des États-Unis.

Oui, Donald Trump a gagné lors de ce sommet du G7 auquel il a assisté dans son intégralité. Pour la présidence française de ce sommet, cette seule présence est un succès majeur, alors que le locataire de la Maison-Blanche n'était resté que quelques heures, l'an dernier, au G7 de Kananaskis, au Canada. Mais, à bien y regarder, la victoire est avant tout américaine.

Sur l'Iran, la victoire du flou

À quoi ressemble l'accord préliminaire signé électroniquement dimanche par les États-Unis et l'Iran, et destiné à être paraphé ce vendredi 19 juin au Bürgenstock? Pour l'heure, le document n'a pas été divulgué. Il devrait l'être lors de sa signature en Suisse centrale, sans doute par le vice-président J.D. Vance côté américain.

Mais, même si le flou règne, Donald Trump s'en sort bien. Les Européens lui ont promis leur aide pour sécuriser la réouverture du détroit d'Ormuz, même s'il a, pour l'heure, écarté cette possibilité. Le président des États-Unis a aussi déclaré qu'il n'y avait pas urgence à changer de régime en Iran, répétant que de nouveaux dirigeants sont désormais au pouvoir.

Sur le nucléaire, enfin, la position de Trump est constante: l'Iran s'est engagé à ne plus jamais chercher à se doter de l'arme nucléaire. Le menu des soixante jours de négociations post-accord reste lui aussi flou. Mais Trump peut affirmer que la paix est revenue, que les marchés financiers remontent en flèche et que le cours du pétrole a plongé.

Sur l'Ukraine, la victoire du cash

Les Européens paient cash les armes dont l'Ukraine a tant besoin. À commencer par les missiles d'interception Patriot, tellement nécessaires pour défendre le ciel de Kiev et des grandes villes ukrainiennes. Il en faut entre 40 et 50 par mois.

Or que vient de faire Trump à Évian? Accepter le principe de livraison de ces missiles, tout en promettant parallèlement de nouvelles sanctions pétrolières contre la Russie, alors qu'il les avait allégées ces dernières semaines afin de calmer le marché mondial des hydrocarbures.

Emmanuel Macron a souligné le succès constitué par la présence de Volodymyr Zelensky tout au long de la journée de mardi au G7. Le président ukrainien a échangé vingt minutes en bilatérale avec Trump. Bravo! Est-ce à dire que Washington est désormais prêt à tordre le bras du Kremlin? La balle est en tout cas dans le camp de Vladimir Poutine. Trump ne s'est pas mis en travers de la résistance ukrainienne.

Sur l'IA, la victoire du «America First»

Donald Trump avait prévenu d'emblée Emmanuel Macron, dès son arrivée au sommet du G7 d'Évian. Pas question d'accepter des taxes françaises ou européennes sur les géants américains du numérique. Le déjeuner organisé à l'Hôtel Royal, mercredi 17 juin, entre les dirigeants des pays du G7, leurs partenaires et plusieurs patrons des grands acteurs de l'IA (ChatGPT, Anthropic, Mistral...) n'a pas changé la donne.

Trump veut à tout prix que les États-Unis conservent leur avance en matière d'intelligence artificielle. Les moteurs les plus performants, comme Mythos d'Anthropic, ne pourront pas être exportés. Un seul mot d'ordre sur ces questions stratégiques: America First!

Sur l'Europe, la victoire du «boss»

Donald Trump est «cool». Paradoxalement, le fait d'arriver fatigué, voire «lessivé», à ce sommet du G7, après la célébration de son anniversaire le 14 juin à la Maison-Blanche, s'est avéré un atout. Tout le monde, à commencer par Emmanuel Macron, a pris soin de lui. Au point que c'est un Trump détendu qui a lancé, devant ses partenaires déjà assis autour de la table, un sonore: «I am the boss». Les analystes avaient prédit, avant la rencontre d'Évian, un sommet à six contre un. Trump a renversé la table sans coup d'éclat. Il reste, en effet, «le boss».

Sur l'économie, la victoire des marchés

Il l'a dit et répété en marge de sa rencontre avec le maréchal égyptien Sissi. Pour Donald Trump, la meilleure preuve de son succès au Moyen-Orient est la flambée des cours boursiers et la baisse des cours du pétrole. Cela préfigure, à l'évidence, son discours de campagne en vue des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis. Oui, il y a de l'inflation – même si Trump a dit qu'elle lui importait peu – mais l'essentiel est ailleurs: ce président rend les Américains plus riches grâce à leur portefeuille boursier. Et pas seulement les Américains...

Articles les plus lus