Des plaintes pénales déposées
La justice enquête sur les 70 décès louches à l'hôpital de Zurich

Le Ministère public zurichois enquête sur 70 décès suspects survenus entre 2016 et 2020 à l’Hôpital universitaire de Zurich. Trois plaintes pénales et onze signalements pour usage inapproprié de produits médicaux ont été déposés.
Monika Jaenicke, PDG et présidente du conseil d'administration de l'hôpital universitaire de Zurich, le 5 mai 2026 à Zurich.
Photo: KEYSTONE
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ATS Agence télégraphique suisse

La septantaine de décès suspects en chirurgie cardiaque de l'Hôpital universitaire de Zurich (USZ) entre 2016 et 2020 occupent désormais le Ministère public. Le Conseil de fondation de l'établissement a déposé des plaintes ou émis des signalements dans onze cas de décès et treize utilisations de produits médicaux.

Le Ministère public zurichois a reçu trois plaintes pénales contre inconnu pour des soupçons d'homicide par négligence, de lésions corporelles graves par négligence et de faux dans les titres, indique-t-il mardi. De plus, il a recueilli onze signalements pour des usages présumément inadaptés de produits médicaux.

L'autorité d'enquête est en train de vérifier ces plaintes et ces signalements. La procédure judiciaire prendra du temps en raison de la complexité du domaine concerné, précise le parquet. Ce dernier doit vérifier si les indices concrets d'actes délictueux sont suffisants et contre qui se dirigent les reproches.

Soupçons contre l'ex-directeur de la clinique

Le Ministère public a désigné une équipe de quatre procureurs chargés de faire la lumière sur les faits incriminés au sein de la clinique de chirurgie cardiaque de l'USZ. Ces personnes disposent d'une expertise en droit pénal médical, en droit économique et en matière des délits dans la fonction publique.

Suite à la révélation, il y a quelques années, d'irrégularités au sein de la clinique cardiaque, un rapport d'enquête indépendant a confirmé, début mai, que 4500 opérations y ont donné lieu, entre 2016 et 2020, à une septantaine de décès de plus qu'attendu, sur un plan statistique. De plus, le directeur de la clinique à l'époque des faits, Francesco Maisano, a utilisé un produit qu'il a développé lui-même et dont il a profité financièrement.

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