Désormais en place à Milan
Décès suspects à Zurich: l'ex-chirurgien rejette les reproches

Mis en cause pour des décès suspects à l'USZ de Zurich, Francesco Maisano dénonce un «lien erroné» entre ses méthodes innovantes et la surmortalité. Onze cas ont été signalés au ministère public.
L'ancien chef de clinique de l'USZ dit ne pas être un «innovateur sans scrupules», comme certains médias le présentent.
Photo: Valeriano Di Domenico
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ATS Agence télégraphique suisse

L'ex-chirurgien cardiaque de l'hôpital universitaire de Zurich (USZ) Francesco Maisano, mis en cause pour des décès suspects entre 2016 et 2020, rejette les accusations. L'hôpital de Milan, où il occupe actuellement le poste de médecin-chef, a ordonné un audit.

«À Zurich, nous avons gardé la porte ouverte même pour les cas les plus complexes. Et c'est précisément grâce à des techniques innovantes que nous avons limité les risques pour ces patients», explique dans un entretien diffusé dimanche par la NZZ am Sonntag M. Maisano, qui était aussi chef de clinique à l'hôpital zurichois. Il dit avoir été engagé à l'USZ pour promouvoir des techniques innovantes, comme le dispositif controversé Cardioband. «L'université a reçu une part des recettes issues de mes collaborations avec l'industrie.»

Une enquête indépendante mandatée par l'USZ a mis en évidence une surmortalité significative de 68 à 74 décès pour 4500 interventions réalisées d'octobre 2014 à mai 2020. L'examen des 307 décès survenus durant le mandat de Francesco Maisano a permis d'identifier 75 interventions chirurgicales problématiques. Parmi ces cas, l'hôpital a signalé au ministère public du canton de Zurich onze décès «inattendus» ainsi que l'utilisation inappropriée de dispositifs médicaux dans 13 cas.

Ils se taisent

Francesco Maisano salue dans la NZZ am Sonntag les enquêtes menées en Italie et se dit convaincu qu'elles «permettront de faire la lumière sur cette affaire». Mais ce qui le préoccupe, c'est «le silence de dizaines de collègues et d'anciens collaborateurs». Ils connaissent les faits et se taisent «pour ne pas passer sous les roues», ajoute-t-il. «Si ceux qui sont au courant pouvaient s'exprimer librement, nous en saurions davantage».

L'ancien chef de clinique de l'USZ dit ne pas être un «innovateur sans scrupules», comme certains médias le présentent. Il assure avoir développé des techniques et des appareils comme tout médecin soucieux du bien-être de ses patients et avec pour but d'avoir des instruments plus sûrs et moins invasifs.

«Toutes nos interventions innovantes ont été entièrement filmées et enregistrées», poursuit-il. Des centaines de spécialistes du monde entier sont venus à Zurich «pour observer nos techniques» et «nous avons publié les résultats. Il y avait une transparence totale».

«Lien erroné» avec la mortalité

Concernant la surmortalité dans son ancien service, le chirurgien cardiaque souligne qu'elle concerne principalement les interventions chirurgicales conventionnelles et non les procédures innovantes ou par cathéter. «C'est là le point le plus pertinent sur le plan clinique qui fait le plus défaut dans la couverture médiatique, car celle-ci a établi un lien erroné entre les interventions innovantes et la mortalité».

Et il ne s'agit que de onze cas qui ont été portés devant le parquet. Il a été établi qu'aucun élément intentionnel n'était identifiable comme cause des décès. «Onze cas en cinq ans sur un total d'environ 4500 interventions», pointe M. Maisano. Les patients ont été informés avant les interventions des risques et du caractère innovant des procédures, assure-t-il. Lors des entretiens avec les patients, il dit avoir été accompagné d'un assistant médical parlant leur langue maternelle.

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