Surveillé par la Turquie
Le terroriste de Winterthour se serait radicalisé en Suisse

Selon un expert turc, Nesip D. se serait davantage radicalisé lors de son séjour en Turquie. Les autorités antiterroristes se seraient alors intéressées à son entourage et à ses contacts.
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Daniel Macher

Nesip D.possède les nationalités suisse et turque et se serait radicalisé lors d'un séjour en Turquie, d'après un expert en sécurité cité par «20 Minuten». Après avoir temporairement échappé à la surveillance des autorités suisses en 2024, elles auraient retrouvé sa trace en Turquie, où il aurait attiré l'attention des services antiterroristes.

Le père de Nesip D. a confirmé à Blick que son fils avait séjourné en Turquie. Ses parents espéraient qu'un changement d'environnement lui serait bénéfique et qu'il pourrait y trouver un nouvel équilibre. Mais selon son père, le jeune homme n'a pas non plus trouvé sa place dans son second pays. «Il avait souvent des différends avec d'autres personnes et se disputait beaucoup. Mais en Turquie, il faut faire attention à ceux à qui l'on s'oppose», explique-t-il.

Les services de sécurité turcs sur ses traces

Selon Emre Öztürk, spécialiste de la lutte antiterroriste auprès de la police d'Ankara, Nesip D. se serait radicalisé durant son séjour en Turquie. Toujours selon l'expert, l'homme de 31 ans aurait attiré l'attention des unités antiterroristes turques en raison de son entourage. Son nom serait notamment apparu dans le cadre d'enquêtes liées à l'organisation terroriste Etat islamique (EI).

En avril, les forces de sécurité turques ont mené une vaste opération contre des sympathisants présumés de l'EI. Selon le ministère turc de l'Intérieur, 525 personnes ont été arrêtées. D'après Emre Öztürk, certaines d'entre elles appartiendraient à l'environnement social ou idéologique élargi de Nesip D.

L'expert ne cite aucun nom, mais affirme néanmoins qu'une partie des personnes concernées entretenaient des liens avec l'Europe occidentale et utilisaient les réseaux sociaux comme principal outil de communication et d'organisation. La Turquie aurait notamment servi de plateforme logistique pour certaines activités.

Pas considéré comme une menace

A la suite de ces investigations, les autorités turques auraient conclu que Nesip D. avait quitté le pays. Selon Emre Öztürk, elles supposaient alors qu'il était rentré en Suisse. Malgré ses contacts présumés, l'homme de 31 ans n'aurait jamais été considéré comme une menace immédiate par les autorités turques. L'expert relève toutefois que plusieurs personnes de son entourage ont été arrêtées ou poursuivies en justice.

Selon les informations dont dispose Emre Öztürk, un seul enregistrement policier concernant Nesip D. est connu en Turquie, dans lequel il tiendrait des propos insultants à l'encontre de Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République turque.

Toutefois, les enquêteurs turcs affirment que sa radicalisation ne s'est pas faite en Turquie. Emre Öztürk estime que le processus aurait débuté plus tôt, alors que Nesip D. vivait encore en Suisse, principalement via des canaux numériques. «Selon nos informations, Nesip D. a été radicalisé en Suisse», affirme l'expert dans les colonnes de «20 Minuten».

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