Le suspense aura été total jusqu’au bout. Roger Nordmann remporte l’élection complémentaire vaudoise et permet au Parti socialiste (PS) de conserver son siège au gouvernement, après la démission de Rebecca Ruiz. Longtemps mis en difficulté par l’UDC Jean-François Thuillard, arrivé en tête au premier tour, le Lausannois a finalement tenu bon. Une victoire cruciale pour la gauche, qui a failli perdre un siège au gouvernement vaudois.
Après une campagne sous pression, l'ancien conseiller national s’apprête à faire son entrée dans un Exécutif, une position qu'il n'a jamais occupée. Interview.
Roger Nordmann, vous étiez le grand favori, mais rien n’a été simple. Avez-vous douté?
Je n'étais pas du tout sûr de gagner. Les électrices et les électeurs sont libres, ils ont fait leur choix comme ils le souhaitaient, c'est comme ça que fonctionne une démocratie.
Vous sauvez le siège socialiste. Qu’est-ce que cette victoire dit de la gauche vaudoise aujourd’hui?
Qu'elle est capable de se réunir et de se mobiliser autour de valeurs partagées par les citoyens.
Vous avez longtemps été un homme du législatif. Comment abordez-vous votre arrivée dans un exécutif en crise?
Avec beaucoup de respect. J'ai deux métiers à apprendre, celui de chef de département et de conseiller d'Etat. Les premières semaines vont être très intenses.
Vous avez promis de «rétablir le dialogue». Comment allez-vous procéder?
En discutant avec les uns et les autres. Je ne suis pas non plus président, je vais faire comme j'ai toujours fait: écouter et trouver des convergences.
Face à une droite très mobilisée, comment comptez-vous construire des majorités?
Aujourd'hui, la droite a voulu renforcer sa majorité et n'a pas réussi. L'écart s'est resserré. Et là encore, il faudra dialoguer et trouver des compromis.