Un taux de 10 ou 12,5%
Donald Trump impose de nouveaux droits de douane punitifs à la Suisse

Donald Trump frappe encore avec de nouveaux droits de douane punitifs de 10 à 12,5 % contre 60 pays, dont la Suisse et l'UE, invoquant des conditions de concurrence inégales. Berne attend toujours un accord clair avec Washington.
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Helene Budliger Artieda et le président de la Confédération Guy Parmelin mènent les négociations douanières.
Photo: keystone-sda.ch
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Michael Hotz, Sven Altermatt et Gabriel Knupfer

Donald Trump frappe un nouveau «coup de massue tarifaire»: le jeudi 23 juillet, le président américain a imposé de nouveaux droits de douane punitifs allant de 10 à 12,5% à l'encontre de 60 partenaires commerciaux, dont la Suisse et l'UE.

Plus de 99% des importations américaines proviennent de ces pays. Le taux de droits de douane applicable à la Suisse n'était pas encore clairement défini. Le document du représentant au commerce Jamieson Greer fait état de «10 ou 12,5%» pour l'UE, le Japon, Taïwan et la Suisse.

Une justification contestable

Ce vendredi 24 juillet, l’accord jusqu’à présent en vigueur qui prévoyait des droits de douane de 10% sur les produits suisses a expiré. Désormais, les nouveaux droits de douane punitifs remplacent ces droits supplémentaires de 10%, en vigueur depuis février. L’administration Trump avait déjà préparé le terrain début juin pour les droits de douane désormais mis en œuvre en invoquant un motif contesté.

Pour rappel, la Suisse figurait sur une liste de 60 pays et zones économiques qui, selon Jamieson Greer, ne protégaient pas suffisamment leurs marchés contre les marchandises produites dans des conditions de travail forcé. En conséquence, la Suisse devait donc être sanctionnée par un droit de douane punitif. Jamieson Greer avait évoqué des «conditions de concurrence inégales» devenues «intolérables».

De telles justifications pour de nouveaux droits de douane s’inscrivent dans la stratégie de Trump pour maintenir son régime douanier en réaction à une défaite juridique cuisante. En février, la plus haute juridiction américaine avait annulé tous les droits de douane punitifs qu'il avait annoncés lors de son «Liberation Day» en début avril 2025 et les avait déclarés illégaux, y compris le droit de douane «massif» de 39% contre la Suisse. Depuis, le président américain s’appuie sur d’autres lois pour instaurer de nouveaux droits de douane, ou conclut des accords douaniers avec d’autres pays.

Les agissements de Trump sont imprévisibles

La Suisse attend toujours un accord douanier juridiquement contraignant avec l’administration Trump. Huit mois se sont écoulés depuis la déclaration d’intention commune signée entre la Berne fédérale et Washington. Début juillet, le président de la Confédération Guy Parmelin s’est rendu aux Etats-Unis en compagnie de la directrice du SECO, Helene Budliger Artieda et en est revenu bredouille. La rencontre avec le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, s’est conclue sans aucun engagement de la part de l’administration Trump.

Il est vrai que Jamieson Greer s’est récemment montré plus conciliant en public. Il a salué les progrès réalisés par la Suisse et a évoqué des «évolutions positives» dans leurs relations commerciales. «Mais au final, ce n’est pas lui qui tire les ficelles», souffle à Blick une source haut placée à Berne. «S’il y a une chose dont nous sommes certains, c’est que seule compte la volonté de Trump.»

Dans l’entourage d'Helene Budliger Artieda, certaines personnes estiment qu’il est probable que les Etats-Unis plafonnent durablement le taux des droits de douane à environ 15%. La prévisibilité de ces droits deviendrait presque plus importante que leur montant. «La stabilité est de mise», confie une source proche du dossier.

Les «mois d’horreur» à Berne

La situation actuelle n’est guère comparable aux «mois d’horreur» de 2025. Le coup de massue tarifaire de Trump avait alors plongé la Suisse dans une crise. Les membres du Conseil fédéral étaient en permanence sur le qui-vive et les hauts fonctionnaires n’avaient pas pu partir en vacances. Actuellement, les droits de douane américains touchent de la même manière un cercle plus large de pays, mais certains confient s'être presque résignés à cette politique commerciale protectionniste.

Pour ne rien arranger, des droits de douane américains supplémentaires pouvant atteindre 100% sur les importations de produits pharmaceutiques entreront en vigueur dès vendredi prochain. Pour une fois, Trump s’est montré clément envers la Suisse: en raison de l’accord existant avec le secteur pharmaceutique, si important pour l’économie suisse, les Etats-Unis ne devraient appliquer qu’un taux de droits de douane de 15% sur les médicaments et autres produits pharmaceutiques.

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