La directrice du SECO réagit aux accusations des Etats-Unis: dans une lettre, Helene Budliger Artieda expose les efforts déployés par la Suisse en matière de lutte contre le travail forcé et souligne son rôle de pionnier dans ce domaine. Elle demande aux Etats-Unis de renoncer à l’imposition de droits de douane punitifs.
La Suisse n'interdit pas l'importation de marchandises produites par le recours au travail forcé ou obligatoire, a écrit le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, dans un rapport annuel. Du point de vue des Etats-Unis, ces mesures insuffisantes favorisent de telles importations et entrainent ainsi des coûts artificiellement bas ainsi que de la concurrence déloyale. Sur cette base, le gouvernement américain peut imposer des droits de douane «punitifs ou d'autres restrictions commerciales».
«La Suisse rejette fermement ces accusations», a déclaré mardi la secrétaire d'Etat Helene Budliger Artieda dans une lettre adressée aux Etats-Unis. Le travail forcé est interdit en Suisse par la Constitution, le droit civil et le droit pénal. En tant que membre de l'Organisation internationale du Travail, le pays «s’engage à respecter les droits fondamentaux du travail et à abolir le travail forcé». De plus, la Suisse intègre systématiquement des dispositions relatives au droit du travail dans ses accords commerciaux. L'information de cette lettre de Helene Budliger Artieda a été rapportée jeudi par les journaux de CH Media.
«Un rôle de pionnier»
Dans sa lettre, Mme Budliger Artieda a souligné que la Suisse jouait un rôle de pionnier au niveau international: elle a été le premier pays à intégrer l'interdiction du travail forcé dans le droit des marchés publics. Les entreprises doivent respecter les normes internationales du travail, sous peine de sanctions pénales en cas d'infraction.
De plus, «les mesures sont constamment améliorées», écrit-elle. En 2026, le Conseil fédéral a mis en consultation de nouvelles dispositions visant à renforcer les obligations de diligence.
Pas d'impact sur le commerce américain
Rien n’indique que les pratiques commerciales suisses pénalisent les exportations américaines, que les chaînes d’approvisionnement liées à la Suisse recourent au travail forcé ou qu’elles provoquent de la concurrence déloyale. La Suisse est toutefois prête à approfondir sa coopération avec les Etats-Unis et à lutter ensemble contre le travail forcé, a ajouté la cheffe du SECO.
«Des droits de douane supplémentaires ne seraient ni justifiés ni appropriés», a souligné Mme Budliger Artieda. Elle suit ainsi la ligne du Conseil fédéral, qui avait déjà critiqué l'enquête dès son lancement en mars dernier. Les discussions sur un accord commercial bilatéral avec les États-Unis se poursuivent néanmoins. Selon le gouvernement fédéral, des progrès ont été réalisés dans ce domaine, conformément à la déclaration d'intention commune de novembre 2025.