Monter à bord... sans billet
Ce qu'il faut savoir du nouveau système d'achat testé par l'Alliance Swisspass

Alliance SwissPass teste un nouveau système de billetterie. Concrètement: les passagers montent sans billet et l’app gère tout. Blick vous explique le concept.
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Pas moins de 3000 personnes vont pouvoir tester le concept «Bibo» («Be-in, Be-out») au cours des deux prochains mois.
Photo: Pius Koller
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Sven Schumann

Qu’est-ce qui change?

Alliance SwissPass, l’organisation faîtière des transports publics, teste un nouveau système de billetterie. Durant les deux prochains mois, 3000 personnes expérimenteront le concept «Be-in, Be-out» (Bibo). Celui-ci complète la fonction EasyRide, qui permet aujourd’hui de démarrer et terminer un trajet d’un simple geste, l’application calculant ensuite automatiquement le parcours et le tarif le plus avantageux.

Avec «Bibo», même cette étape disparaît. L’application détecte automatiquement l’entrée et la sortie des usagers dans les bus, trams ou trains. L’objectif: simplifier encore l’expérience pour les passagers. Développée par l’entreprise suisse Fairtiq, la solution promet le «confort de l'abonnement général pour tous». Comprenez plutôt: plus besoin de se soucier des billets, votre smartphone fait tout.

Quels sont les avantages par rapport à Easyride?

EasyRide a régulièrement suscité des critiques, un démarrage tardif de quelques secondes pouvant entraîner une amende. Des utilisateurs ont aussi signalé des bugs en cours de trajet ou des oublis de check-out. Autre problème récurrent: certains fraudeurs interrompent leur trajet dans l’application après un contrôle, en pariant sur l’absence d’un second passage du contrôleur. Pour contrer ces pratiques, les CFF ont revu le nombre de contrôles à la hausse. Avec «Bibo», ces problèmes devraient disparaître.

Comment fonctionne «Bibo»?

Pour détecter les déplacements, les véhicules sont équipés d’émetteurs Bluetooth, appelés «Beacons», qui communiquent avec l’application. Les usagers doivent simplement avoir leur smartphone sur eux, avec le Bluetooth activé. Les notifications doivent aussi être autorisées afin que l’application puisse signaler d’éventuels problèmes de détection.

Du côté des entreprises de transport, rien ne change: les véhicules sont déjà équipés de ces balises depuis 2023. Elles sont notamment utilisées lorsque le GPS ne fonctionne pas, comme dans les gares souterraines, ou pour distinguer correctement les liaisons lorsque plusieurs lignes se chevauchent.

Comment se déroule le test?

Depuis deux ans, un projet pilote nommé Myride teste un nouveau système tarifaire basé sur la distance parcourue plutôt que sur des zones. Le test «Bibo» s’inscrit dans ce cadre. Seules les 3000 personnes déjà sélectionnées dans le cadre de Myride pourront tester cette nouveauté durant deux mois.

Faut-il obligatoirement utiliser «Bibo»?

Non. Selon la porte-parole d’Alliance SwissPass, Michaela Ruoss, toutes les options d'achat actuelles seront conservées, qu'il s'agisse de l'acquisition de billets via l’application, sur des distributeurs ou aux guichets. Le système de check-in/check-out restera également disponible. «Bibo» viendra donc s’ajouter à l’offre existante.

Qu'en est-il de la protection des données?

Alliance SwissPass assure que la protection des données est garantie. L’autorité fédérale compétente – le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) – a indiqué à la chaîne SRF être en contact avec l’organisation et suivre le projet, afin d’intervenir si nécessaire sur les plans consultatif ou réglementaire.

Et après le test?

Selon la porte-parole d'Alliance Swisspass, Michaela Ruoss, aucun calendrier précis n’a encore été fixé. Le test doit permettre d’évaluer la fiabilité de la détection automatique des trajets, la précision des tarifs et le degré d'adhésion des utilisateurs. Les prochaines étapes dépendront de ces résultats. A terme, le système «Bibo» devrait être déployé dans toute la Suisse.

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