Malaise avec la maison mère
Lufthansa veut s'imposer chez Swiss, le personnel boycotte les consignes

Les employés de Swiss peinent à s’identifier à Lufthansa, leur maison mère, dont l’influence ne cesse de croître. Une certaine résistance se fait désormais sentir parmi le personnel de cabine.
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Lors de l'accueil des passagers à bord d'un avion de Swiss, une information est souvent oubliée. (Photo d'archive)
Photo: Keystone
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Milena Kälin

Bien que la compagnie aérienne Swiss appartienne au groupe Lufthansa, sa maison mère allemande peine à séduire en Suisse. Une perception trompeuse, estime Carsten Spohr, PDG de Lufthansa. «C’est peut-être parfois le cas sur les réseaux sociaux. Mais lorsque j’examine nos taux de remplissage et nos chiffres de vente, je ne constate rien de tel», affirme-t-il dans une interview accordée à Blick.

Même les employés de Swiss semblent toutefois rechigner à suivre les directives du groupe. Depuis février, les chefs de cabine doivent rappeler aux passagers, lors de leur accueil à bord, que la compagnie appartient au groupe Lufthansa. Or cette mention serait régulièrement omise, parfois délibérément. C’est ce que rapporte la «NZZ am Sonntag», qui cite plusieurs sources anonymes. Le personnel de cabine aurait du mal à s’identifier à Lufthansa.

L'influence du groupe augmente

Depuis le rachat de Swiss par Lufthansa en 2005, l’influence du groupe allemand n’a cessé de croître. Cette évolution s’est accélérée en 2016, lorsque Lufthansa a réorganisé et harmonisé ses différentes filiales. Outre la nouvelle annonce à bord, la mention «Member of Lufthansa Group» est désormais visible partout chez Swiss, aussi bien sur les comptoirs d’enregistrement que sur les appareils eux-mêmes. Un employé confie d'ailleurs à la «NZZ» qu’il ne serait pas surpris de devoir porter un uniforme Lufthansa d’ici dix ans.

Une partie de la direction de Swiss aurait tenté, sans succès, d’empêcher l’apparition du logo à la grue sur les avions de la compagnie et la mention du groupe Lufthansa dans les annonces à bord. Carsten Spohr se montre serein face à ces réticences. «En Europe, nous sommes tous trop petits pour réussir seuls. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons être numéro un en Europe et numéro quatre dans le monde», explique-t-il dans l’interview. «Nous sommes fiers que Swiss fasse partie de notre groupe. Et Swiss profite de son appartenance au groupe Lufthansa.»

Des mesures d'économie aussi chez Swiss

Carsten Spohr assure toutefois que la compagnie suisse conserve son autonomie. Il rappelle que Swiss est la compagnie la plus rentable du groupe, qu’elle possède sa flotte la plus moderne, qu’elle fonctionne très bien et qu’elle enregistre une croissance supérieure à celle de Lufthansa. «De nombreux dirigeants de compagnies aériennes m’envient parce que Swiss fait partie de notre groupe», se réjouit-il.

Malgré ces bons résultats, Lufthansa impose également à Swiss un vaste programme d’économies. «Au sein du groupe Lufthansa, nous réduisons de 20% les effectifs dans l’administration. Chez Swiss, cette baisse ne sera que de 10%, car la compagnie dispose déjà d’une structure relativement légère», précise Carsten Spohr. Au total, 4000 postes doivent disparaître d’ici à 2030, principalement dans les services administratifs. Les employés de bureau de Swiss à Zurich devraient eux aussi être touchés.

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