Elle travaille maintenant pour l'UDC
Une ex-fonctionnaire de l'immigration jugée pour discrimination raciale à Bâle

Une ancienne fonctionnaire de l'immigration comparaît vendredi à Muttenz pour discrimination raciale, abus de pouvoir et contrainte. Accusée d’avoir enfreint la loi durant plus de quatre ans, elle aurait ciblé certains migrants et partagé des contenus discriminatoires.
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Une ex-collaboratrice de l'Office des migrations est accusée de discrimination raciale.
Photo: DR
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Simone Steiner

La liste des accusations visant cette ancienne fonctionnaire de l'immigration est particulièrement longue. Ce vendredi, elle comparaît devant le tribunal pénal de Bâle-Campagne, à Muttenz, notamment pour contrainte répétée, discrimination raciale, abus de pouvoir et violation du secret de fonction.

Elle a travaillé pour l’office cantonal jusqu'en août 2024 et travaille désormais pour l'Union démocratique du centre (UDC). Selon le ministère public, l'ancienne fonctionnaire voulait protéger la Suisse de «certains immigrés» ainsi que les pouvoirs publics des «coûts de l'aide sociale».

Des interrogatoires ciblés

D'après la «Basler Zeitung», elle aurait enfreint de manière systématique le droit en vigueur durant quatre ans et demi. Elle aurait notamment poussé des requérants à renoncer à des réductions de primes d'assurance-maladie auxquelles ils avaient pourtant droit, en les menaçant de retirer leur autorisation de séjour.

Il lui est aussi reproché d'avoir refusé l'entrée à des immigrés de l'UE pourtant sans casier judiciaire, parfois pour des infractions mineures. Selon des documents judiciaires, elle aurait également retardé pendant plusieurs années le renouvellement d'autorisations de séjour, sans aucune base légale.

L'ancienne fonctionnaire aurait également ordonné des interrogatoires ciblés uniquement en raison de l'apparence physique de certaines personnes, notamment si elles portaient une barbe ou le voile. Elle aurait aussi partagé à plusieurs reprises sur WhatsApp des contenus discriminatoires visibles par ses collaborateurs.

Le ministère public fonde son accusation sur des e-mails internes ainsi que plusieurs documents administratifs. L'accusée bénéficie jusqu'ici de la présomption d'innocence.

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