C'est un dénouement presque inattendu pour une cadre des hôpitaux universitaire genevoise (HUG) victime d'un tag raciste et mise à l'écart par l'institution. Ce mercredi 6 mai, le département de la Santé du canton a annoncé que la responsable des soins du département de réadaptation et gériatrie (DRG) des Hôpitaux universitaires de Genève pourra reprendre son poste dès le 1er septembre.
«Une période difficile»
Après plusieurs mois de tensions, de mobilisation et de discussions houleuses, les parties ont trouvé un accord à l’issue d’une médiation lancée par le Département de la santé et des mobilités (DSM). L’annonce, sobre, a été faite dans un bref communiqué évoquant un terrain d’entente qui met fin à un «différend de travail» entre les Hôpitaux universitaires de Genève et la responsable.
Les détails de l'accord demeurent confidentiels. Le communiqué souligne tout de même un soulagement après «une période professionnelle difficile, marquée par des propos et des actes à caractère raciste, dont un tag inadmissible et choquant sur la porte du bureau de la responsable des soins au D-RG des HUG». Les parties concernées appellent maintenant à l'apaisement.
Une crise d'ampleur
Pour comprendre l’ampleur de la crise, il faut revenir à l’origine du conflit. En juillet 2025, la responsable et plusieurs collaborateurs dénoncent des propos racistes tenus par d’autres cadres du département, notamment des remarques sur la couleur de peau et des stéréotypes dégradants, révélait La «Tribune de Genève».
La responsable des soins était elle-même ciblée par des propos racistes lors de réunions, en présence de son adjointe. Et en octobre, la situation s'était encore tendue. La porte de son bureau avait été taguée d’une inscription raciste d’une violence extrême: «N******* dégage!!!». En arrêt maladie, la cadre avait été écarte par les HUG. La direction souhaitait la transférer dans un autre service, affirmant vouloir «protéger son intégrité» face à un «climat délétère».
Des soutiens de la responsable avaient dénoncé la situation et pointaient «un racisme systémique au sein de l’institution», comme le rapportait une source à Blick. Une mobilisation avait été lancée pour demander sa réintégration. Quelque mois plus tard, les HUG avait reconnu l'existence de racisme et de xénophobie au sein du service.