«Pas de Suisse à 10 millions»
Les pouvoirs publics font front contre l'initiative de l'UDC

Cantons, communes et villes rejettent l’initiative UDC «Pas de Suisse à 10 millions». Selon eux, le texte ne résout pas les défis liés à l’immigration et risque d’aggraver les pénuries de personnel.
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La population se prononcera le 14 juin sur l'initiative qui vise à plafonner le nombre d'habitants en Suisse en restreignant massivement l'immigration
Photo: keystone-sda.ch

Cantons, communes et villes s'allient contre l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions». Le texte de l'UDC n'apporte aucune solution aux défis actuels. Au contraire, il en crée, ont déclaré ses représentants lundi devant la presse.

«Le Conseil fédéral n'est pas le seul contre l'initiative soumise au vote populaire», a déclaré Markus Dieth, président de la Conférence des gouvernements cantonaux. «Tous les cantons, toutes les communes et toutes les villes sont opposés».

L'UDC veut apporter une solution simple à des problèmes réels mais complexes, a-t-il ajouté. Elle crée en réalité plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. La limitation stricte de l'immigration va renforcer la pénurie dans les services de soins, déjà sous pression, a expliqué le conseiller aux Etats Mathias Zöpfi (Vert-e-s/GL), également président de l'Association des communes suisses.

Et la dénonciation de l'accord de libre circulation avec l'UE ne va pas limiter l'immigration. Au contraire, il y aura plus de passage. Et la Suisse n'aura plus accès aux outils de contrôle de Schengen.

Marge de manoeuvre restreinte

La main-d'oeuvre étrangère contribue à la prospérité des villes suisses, a appuyé Hanspeter Hilfiker, président de l'Union des villes suisses. Elle apporte de l'innovation, participe à l'économie et contribue à l'AVS.

«Le nombre de retraités va exploser ces prochaines années. Nous avons besoin d'employés dans les écoles, le tourisme et la santé pour faire face à ce défi», a-t-il dit.

Les règles strictes que l'UDC veut imposer vont réduire la marge de manoeuvre des pouvoirs publics. Ce alors qu'ils disposent des instruments nécessaires qui ont fait leurs preuves pour gérer la croissance, a ajouté M. Dieth, rappelant la diversité des enjeux concrets d'une région à l'autre.

Les villes investissent

La population se prononcera le 14 juin sur l'initiative qui vise à plafonner le nombre d'habitants en Suisse en restreignant massivement l'immigration. Des accords internationaux pourraient également être dénoncés.

Une courte majorité serait pour, selon les dernières prévisions. Le signe que les pouvoirs publics échouent à proposer une solution aux problèmes actuels? M. Hilfiker répond par la négative. La pression est là certes. Mais «Les villes ont beaucoup investi pour la population ces 20 dernières années. Zurich a par exemple augmenté de 20% l'offre de logements. On ne peut pas dire qu'elles ne font rien», a-t-il réagi.

Il faut aussi être prudent sur la perception des problèmes, a ajouté M. Zöpfi. Si on parle par exemple d'infrastructure - comme les transports publics - celle-ci fonctionne très bien à l'heure actuelle.

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