«Une semaine compte 80h»
Le boss de On fait bondir les professionnels de la santé au travail

Caspar Coppetti affirme qu'une semaine compte 80 heures, une remarque qui fait réagir bien au-delà de l'entreprise On. Une psychologue du travail estime que ce type de message peut nuire aux employés et à leur créativité.
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Caspar Coppetti (à gauche) est cofondateur de On, membre du conseil d'administration et désormais codirecteur général.
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Sven Schumann

Les Suisses travaillent en moyenne 35 heures par semaine. C'est cinq heures de plus que leurs voisins allemands et un peu moins que les Américains. Mais pour Caspar Coppetti, cofondateur et président du conseil d'administration de On, la réalité semble toute autre. Du moins à en croire ses propres déclarations.

Depuis mars, Caspar Coppetti a repris, avec son cofondateur David Allemann, la direction opérationnelle de l'entreprise en tant que codirecteur, tout en conservant ses fonctions au conseil d'administration. Ils ont succédé à Martin Hoffmann. Interrogé sur cette charge de travail supplémentaire dans une émission de la SRF, Caspar Coppetti a répondu avec le sourire: «Une semaine compte 80 heures, nous le savons tous.» Une remarque qui fait réagir. Peut-on, et surtout doit-on, travailler autant?

Une déclaration qui met la pression

Pour la psychologue du travail Hildegard Nibel, ce genre de propos n'a rien d'anodin. «Caspar Coppetti envoie un signal à toute l'entreprise», estime-t-elle. Selon elle, le dirigeant laisse entendre qu'il attend le même niveau d'engagement de ses collaborateurs. «Cette déclaration met les employés sous pression.»

A ses yeux, les conséquences peuvent être contre-productives. «Les collaborateurs deviennent moins innovants, moins créatifs et moins enclins à coopérer.» Un paradoxe pour une entreprise qui revendique justement son esprit d'innovation. Plus généralement, de telles semaines de travail ne seraient pas efficaces sur le long terme. «Les recherches montrent qu'un être humain peut se concentrer au maximum six heures par jour», explique Hildegard Nibel.

A cela s'ajoutent les risques pour la santé. «Les personnes qui travaillent excessivement sont davantage exposées à des troubles psychosomatiques, comme les maux de tête ou les problèmes de sommeil.» Selon la spécialiste, le risque de dépression augmente également. Elle reproche ainsi à Caspar Coppetti de véhiculer un modèle de réussite potentiellement nocif.

Une «exagération humoristique» selon On

L'entreprise zurichoise relativise toutefois les propos de son patron. Selon une porte-parole, il faut les interpréter comme une boutade. «Il s'agissait d'une remarque humoristique et volontairement exagérée dans le cadre d'un échange dynamique», explique-t-elle à Blick. Elle reconnaît néanmoins qu'une part de vérité se cache derrière cette phrase. «Diriger une entreprise comme On exige un engagement exceptionnel de la part de l'ensemble de la direction.» Cet investissement ne se mesure pas toujours selon les standards d'une semaine classique de 40 heures.

Le fabricant d'articles de sport affirme toutefois accorder une grande importance à la récupération et à l'équilibre entre vie privée et vie professionnelle. «Nos collaborateurs peuvent organiser leurs horaires de manière flexible et déterminer eux-mêmes leur nombre de jours de vacances», souligne la porte-parole. Selon l'entreprise, cette politique porte ses fruits. «Lors de nos enquêtes annuelles anonymes, une très large majorité des employés se dit extrêmement satisfaite de son équilibre entre vie professionnelle et vie privée.»

Une chose est sûre: les deux cofondateurs ne manqueront pas de dossiers à traiter. Entre la forte croissance de la marque aux Etats-Unis, les débats autour de l'utilisation de la croix suisse et les plaintes liées à certaines chaussures jugées trop bruyantes, les défis ne manquent pas.

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