«Un jour, un homme s'est jeté sur moi avec un couteau»
Insultes, menaces, violences physiques: des soignants livrent leur quotidien aux urgences

Violences, menaces et agressions font partie du quotidien dans les services d'urgence suisses. A l'occasion de la Journée de la médecine d'urgence, plusieurs hôpitaux dénoncent les attaques commises par des patients et leurs proches contre le personnel soignant.
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Le personnel hospitalier fait état de nombreuses agressions. Cette médecin bernoise a même été attaquée au couteau.
Photo: Screenshot Instagram
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Janine Enderli

«En tant qu'infirmière aux urgences, je suis confrontée à la violence pratiquement tous les jours.» Dans les hôpitaux suisses, les agressions contre le personnel soignant sont fréquentes. Insultes, menaces et violences physiques font partie du quotidien dans de nombreux services d'urgence.

«Mon expérience la plus traumatisante a été lorsqu'un jour, un homme s'est jeté sur moi avec un couteau», témoigne une médecin bernois. D'autres soignants évoquent également des insultes, des intimidations et des agressions commises par des patients ou leurs proches.

«Un jour, mon équipe et moi avons été menacés par un patient, raconte un employé d'un hôpital zurichois. Il a arraché toutes les perfusions et nous a lancé des objets ensanglantés, notamment des chaises.» «Malheureusement, nous sommes souvent insultés et agressés verbalement, ajoute un médecin de Bâle. Nous avons une tolérance zéro face à la violence, au sexisme, au racisme et au harcèlement!»

L'avis d'un médecin-chef

Georg Staubli, chef du service des urgences de l'Hôpital pour enfants de Zurich, explique que «toute violence verbale ou menace de violence physique est profondément traumatisante pour la personne concernée». Selon lui, certains incidents sont «extrêmement stressants» et peuvent même conduire, dans certains cas, à des départs du personnel.

Depuis plusieurs années, l'Hôpital pour enfants de Zurich dispose d'un agent de sécurité aux urgences de la fin d'après-midi jusqu'à la nuit. Georg Staubli souligne toutefois que «les incidents violents sont nettement moins fréquents dans les hôpitaux pour enfants que dans les services d'urgence pour adultes». Il précise cependant que le risque augmente lorsque les temps d'attente s'allongent ou que les parents sont particulièrement inquiets pour leur enfant.

En plus de la présence d'un agent de sécurité, l'hôpital a mis en place des formations à la désescalade pour l'ensemble du personnel ainsi qu'un plan de gestion des menaces. La police peut également être appelée en renfort si nécessaire.

Journée nationale de la médecine d'urgence

Le thème de la Journée mondiale de la médecine d'urgence, qui s'est tenue ce mercredi 27 mai, était: «Un espace sûr pour les équipes de médecine d'urgence – mettons fin à la violence partout.» Sur Instagram, les hôpitaux participants soulignent qu'il s'agit d'un message essentiel, en particulier dans les grands services. «Nous sommes le filet de sécurité de la société – 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an. Nos portes sont ouvertes à tous. Mais pour pouvoir aider, nous devons être en sécurité»

Les hôpitaux soulignent que l'énergie des équipes devrait être consacrée aux soins médicaux et non à la gestion ou à la désescalade de conflits. Parmi les mesures déjà mises en place figurent des services de sécurité disponibles 24h/24 et 7j/7, des systèmes d’alarme ainsi que des formations pour aider les employés à gérer les situations conflictuelles. Une hotline a également été mise en place pour permettre aux employés de signaler les incidents.

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