Vive émotion d'un chauffeur de bus
«Crans-Montana, puis Chiètres, il faut que ce bis repetita s'arrête»

L'incendie potentiellement intentionnel d'un car postal à Chiètres a de nouveau ému la Suisse et au-delà. Le président Guy Parmelin s'est rendu à Chiètres, pour un hommage devant des habitants meurtris.
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Armé de fleurs, Guy Parmelin s'est rendu à Chiètres (FR) au lendemain de l'incendie du car postal qui a fait 6 morts et 5 blessés.
Photo: Léo Michoud / Blick
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Léo MichoudJournaliste Blick

Guy Parmelin a traversé un village meurtri. Arrivé à Chiètres (FR) en fin d’après-midi, ce mercredi 11 mars, le président de la Confédération s’est rendu sur les lieux de l’incendie meurtrier d’un car postal mardi soir. Les autorités ont confirmé lors d’une conférence de presse que le bilan actuel est de six morts et cinq blessés, dont certains très grièvement brûlés.

Le suspect est un Suisse de 65 ans, décédé dans l'incendie: selon des témoignages récoltés par Blick, une hypothèse que la police explore, il se serait aspergé de l’essence avant de mettre le feu. Ce résident bernois est décrit comme «psychiquement instable» et «connu dans le monde médical». La thèse d’une motivation terroriste est écartée «à 99%», a assuré à Blick le conseiller d’Etat chargé de la Sécurité, Romain Collaud.

Des fleurs en hommage

Toute la journée, la population a déposé des fleurs devant le lieu où le car a été ravagé. L’incendie a laissé des traces au sol et s’est attaqué aux plantes avoisinantes comme à l’enseigne d’une pharmacie. Une tente blanche a été montée pour accueillir d’autres bouquets et un livre d’or, permettant à chacun d’exprimer son soutien aux victimes et à leurs proches.

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C’est accompagné de son épouse Caroline et d’un cortège d’autorités politiques et judiciaires fribourgeoises – mais surtout de plusieurs policiers et d’une cinquantaine de pompiers et de primo-intervenants – que le conseiller fédéral vaudois est apparu vers 16h30 au bout de la route, à nouveau fermée pour l’occasion.

Lentement, le groupe s’est approché du lieu et s’est posté à une dizaine de mètres des fleurs, attendant en silence que plusieurs habitants ne déposent les leurs. Le même jour, Guy Parmelin venait de se rendre à Sion auprès des familles de victimes de Crans-Montana.

«Il faut que ça s’arrête», dit un chauffeur de bus

Bernard D.*, lui-même chauffeur de bus et habitant de la région lacustre, est resté longtemps en émotion devant le tas de fleurs. Très touché, c’est en soutien de celui qu'il connaissait et qui partage sa profession – un homme de 63 ans d'origine portugaise, dont la police vient de confirmer le décès – qu’il s’est déplacé.

«Disparaître brûlé par les flammes, cela doit être atroce. C'est difficile d'imaginer qu'il est parti dans l'au-delà dans de telles conditions. D’abord Crans-Montana, puis Chiètres, il faut que ce bis repetita s’arrête», estime le sexagénaire vaudois, chauffeur de car depuis plus de 30 ans. «C’est devenu un métier difficile, en raison de certains comportements hors-sol qui deviennent désagréables. C’est la société qui veut ça, on est plus dans un monde de bisounours.»

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«Il ne faut pas seulement être sous la coupole, il faut aussi venir soutenir les familles dans ces moments difficiles»
Bernard D*, habitant de la région et chauffeur de bus
»

Bernard D* estime que le cahier des charges d’un chauffeur est très strict, mais qu’il «reste à savoir si tous les passagers ont le même respect». La venue de Guy Parmelin, qu’il «connaît personnellement», est pour lui une preuve de son intégrité et de sa bienveillance. «Il ne faut pas seulement être sous la coupole, il faut aussi venir soutenir les familles dans ces moments difficiles.»

«Concernant les autres victimes décédées, il s’agit de deux femmes de 25 et 39 ans et de deux hommes de 16 et 29
ans, tous Suisses et domiciliés dans la région», confirme la police. Les cinq blessés sont quatre Suisses, deux hommes de 34 et 61 ans et deux femmes de 27 et 56 ans et un Kosovar de 32 ans. «Deux personnes, la femme de 56 ans et l’homme de 34 ans, sont pour l’heure toujours hospitalisés», précise la police, qui ajoute que «toutes les victimes sont domiciliées dans la région».

Guy Parmelin s’adresse à la population

Autour d’une quarantaine de journalistes de Suisse et d’ailleurs, regroupés derrière une barrière, quelque 300 habitants de Chiètres et de la région étaient présents. Des groupes d’adolescents, pleurant à chaudes larmes. Des familles réunies et se serrant les coudes. Des connaissances et de simples soutiens, émus par la tragédie.

Le politicien UDC s’est finalement approché et a déposé plusieurs gerbes de fleurs, bientôt imité par tout son cortège. Le silence du recueillement a été brisé une première fois pour des applaudissements adressés aux secours, puis une seconde fois lorsque Guy Parmelin a dit quelques mots devant la presse, en allemand puis en français.

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Une fois de plus, nous devons vivre des moments extrêmement tristes
Guy Parmelin, président de la Confédération
»

«Une fois de plus, nous devons vivre des moments extrêmement tristes», a-t-il commencé par dire, en référence notamment à l’incendie du «Constellation» à Crans-Montana. «Mes pensées vont aux victimes, à leurs proches et à toutes les personnes touchées par cette tragédie.» Le Vaudois leur a fait part des condoléances du Conseil fédéral et a souhaité aux blessés «beaucoup de courage dans ces moments difficiles et un prompt rétablissement».

Ses remerciements se sont adressés aux «nombreux secouristes qui ont apporté leur aide» avec engagement. «C’est dans de tels moments qu’on mesure l’importance de la solidarité et de l’humanité», a conclu le président. Après une demi-heure passée sur place, il est reparti comme il est venu.

Une hotline a été mise en place pour les victimes du drame: 0800 261 700. Les témoins de l'incident sont invités à contacter la police fribourgeoise.

*Nom d'emprunt

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