Vision d'horreur pour les habitants de Chiètres mardi en début de soirée. Vers 18h30, un car postal s'est embrasé dans la localité fribourgoise. Au moins six personnes ont perdu la vie dans cet incendie dévastateur. Le garagiste Astrit B.*, dont l'atelier se trouve non loin du lieu de l'incendie, décrit à Blick les minutes dramatiques au cours desquelles tout s'est déroulé.
Le hasard a voulu que des policiers étaient justement chez lui au moment des faits, à la suite d'un cambriolage. «L'un des policiers a soudainement dit en écoutant sa radio: 'Taisez-vous un instant.' Il a ensuite déclaré: 'Nous devons partir immédiatement, c'est une urgence'», raconte le quadragénaire.
«Ce que j'ai vu ensuite était choquant»
Peu après, le garagiste a vu une énorme colonne de fumée noire s'élever dans les airs. «Les policiers sont montés dans leur voiture et sont arrivés en 30 secondes. Je les ai immédiatement suivis. Ce que j'ai vu ensuite était choquant.»
Le bus a pris feu en plein centre du village. «La chaleur a même fait exploser les pneus, qui ont volé sur 200 mètres», se souvient le témoin. Deux policiers – un homme et une femme – auraient été les premiers sur place et auraient tenté de coordonner l'intervention des secours. Les pompiers, dont la base se trouve juste en face du garage, auraient mis plusieurs minutes avant de pouvoir intervenir, selon le garagiste. «Tout est allé si vite. En un instant, tout était en feu», résume-t-il.
«Ma femme a l'habitude de prendre ce bus»
L'histoire de Justyna S.*, habitante de Chiètres, montre à quel point certaines personnes ont échappé de peu à la tragédie. D'habitude, elle se rend chaque jour au travail en empruntant précisément cette ligne de car postal. «Nous avons vraiment eu de la chance. ma femme prend habituellement ce bus pour aller travailler. Aujourd'hui, heureusement, j'ai pu aller la chercher», raconte son mari.
S'il était parti un peu plus tard, tout aurait été différent, il en est convaincu: «Si j'avais été en retard ou si je n'avais pas pu aller la chercher, elle aurait pris cette ligne – et je ne me le serais jamais pardonné.» Il ajoute que sa femme est particulièrement bouleversée car elle connaît les conducteurs, qu'elle les accompagne tous les jours.
* Noms connus de la rédaction