Des témoins reviennent sur l'incendie du car postal à Chiètres
«Nous étions totalement impuissants. Les flammes étaient trop intenses»

Mardi soir, l'incendie d'un car postal a choqué le village de Chiètres, dans le canton de Fribourg. La tragédie a fait six morts et cinq blessés, un bilan confirmé par les autorités.
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Un car postal a été ravagé par les flammes dans le centre de Chiètres mardi soir. Six personnes y ont perdu la vie.
Photo: keystone-sda.ch
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Qendresa Llugiqi et Daniel Macher

Vision d'horreur pour les habitants de Chiètres mardi en début de soirée. Vers 18h30, un car postal s'est embrasé dans la localité fribourgeoise. Au moins six personnes ont perdu la vie dans cet incendie dévastateur. Le garagiste Astrit B.*, dont l'atelier se trouve non loin du lieu de l'incendie, décrit à Blick les minutes dramatiques au cours desquelles tout s'est déroulé. 

Le hasard a voulu que des policiers étaient justement chez lui au moment des faits, à la suite d'un cambriolage. «L'un des policiers a soudainement dit en écoutant sa radio: 'Taisez-vous un instant.' Il a ensuite déclaré: 'Nous devons partir immédiatement, c'est une urgence'», raconte le quadragénaire.

«Ce que j'ai vu ensuite était choquant»

Peu après, le garagiste a vu une énorme colonne de fumée noire s'élever dans les airs. «Les policiers sont montés dans leur voiture et sont arrivés en 30 secondes. Je les ai immédiatement suivis. Ce que j'ai vu ensuite était choquant.»

Le bus a pris feu en plein centre du village. «La chaleur a même fait exploser les pneus, qui ont volé sur 200 mètres», se souvient le témoin. Deux policiers – un homme et une femme – auraient été les premiers sur place et auraient tenté de coordonner l'intervention des secours. Les pompiers, dont la base se trouve juste en face du garage, auraient mis plusieurs minutes avant de pouvoir intervenir, selon le garagiste. «Tout est allé si vite. En un instant, tout était en feu», résume-t-il.

«Je suis sorti pieds nus»

«Il y avait des flammes partout», raconte pour sa part Osman Ismaili, un retraité vivant à Chiètres depuis 35 ans. Son appartement se situe juste à côté du lieu de l’incendie. Il dînait en famille lorsqu’ils ont soudain aperçu le feu à la fenêtre. «J’ai crié que ça brûlait et je suis sorti en courant, pieds nus», explique-t-il. 

A l'extérieur, il a été témoin de scènes dramatiques: «J’ai vu un homme ramasser une pierre et briser une vitre. Peu après, un homme a réussi à s’échapper du bus». Le Fribourgeois avait même des connaissances à bord. «On ne sait toujours pas ce qui leur est arrivé», déclare Osman Ismaili, les larmes aux yeux. «C’est tout simplement horrible et déchirant.»

«Ma femme a l'habitude de prendre ce bus»

L'histoire de Justyna S.*, habitante de Chiètres, montre à quel point certaines personnes ont échappé de peu à la tragédie. D'habitude, elle se rend chaque jour au travail en empruntant précisément cette ligne de car postal. «Nous avons vraiment eu de la chance. ma femme prend habituellement ce bus pour aller travailler. Aujourd'hui, heureusement, j'ai pu aller la chercher», raconte son mari.

S'il était parti un peu plus tard, tout aurait été différent, il en est convaincu: «Si j'avais été en retard ou si je n'avais pas pu aller la chercher, elle aurait pris cette ligne – et je ne me le serais jamais pardonné.» Il ajoute que sa femme est particulièrement bouleversée car elle connaît les conducteurs, qu'elle les accompagne tous les jours.

«Les flammes étaient trop intenses»

Un secouriste arrivé sur les lieux peu après le début de l'incendie apporte également son témoignage. Cet homme, qui souhaite rester anonyme et refuse d'apparaître à nouveau devant la caméra, a décrit la scène à Blick. «J'ai éteint la veste en feu à mains nues, lâche-t-il. Nous étions totalement impuissants. Les flammes étaient trop intenses.». L'incendie s'est manifestement propagé très rapidement. 

* Noms connus de la rédaction

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