Le «drame de Chiètres». C'est en ces termes que Philippe Demierre, président du Conseil d'Etat fribourgeois, a présenté le terrible incendie de car postal survenu mardi soir à dans le petit village de Chiètres. Devant une trentaine de journalistes, les autorités fribourgeoises ont présenté les premiers éléments de l'enquête en leur possession, tout en précisant d'emblée: «Malheureusement, nous ne savons pas encore tout.» L'édile fribourgeois a présenté ses condoléances et rappelé le bilan: six morts, cinq blessés. Parmi ces derniers, deux légèrement atteints ont pu regagner leur domicile dans la soirée. Trois personnes ont été hospitalisées, l'une a déjà pu rentrer chez elle, deux demeurent hospitalisées, dont une à Zurich.
Une personne «marginale et perturbée»
Voici le déroulement des faits tel qu'il a été présenté à la presse. Mardi soir, l'auteur présumé, un homme de nationalité suisse d'une soixantaine d'années, est monté dans le car postal aux alentours de 17h45 à Guin, dans le district de la Singine dans le canton de Fribourg. Selon les premiers témoignages recueillis par la police, l'homme avait «des sacs dans les mains». Une fois le car arrivé dans le village de Chiètres, il se serait aspergé d'un liquide pour s'immoler par le feu à l'intérieur du véhicule. Rue Murtenstrasse, le car tout entier s'est embrasé, ne laissant derrière lui qu'une carcasse d'acier noircie.
L'auteur présumé des faits, domicilié dans le canton de Berne, est décrit par les autorités comme une «personne marginale et perturbée». Sa famille avait signalé sa disparition peu auparavant. Il ferait lui-même partie des victimes.
Six décès, deux personnes toujours hospitalisées
«Une personne sortie en feu du bus», ce sont les premières informations reçues par la centrale d'appel à 18h25, indique d'un ton grave le commandant de la police cantonale Philippe Allain. «Les appelants faisaient état de fumée et de flammes émanant du véhicule», précise-t-il. Il déroule le fil de la soirée. 18h28: Les secours sont engagés. 18h43: La Rega est également mobilisée. 18h49: Un premier décès est signalé. 19h18: «Nous déplorons le décès de cinq personnes», énonce-t-il.
«Identifier formellement une personne décédée dans ces circonstances prend du temps», a rappelé le commandant de police, précisant que les identités seraient communiquées en premier lieu aux familles. Les personnes présentes dans le bus étaient âgées de 17 à 65 ans. Le procureur général fribourgeois a ensuite pris la parole pour confirmer qu'une instruction pénale avait été ouverte pour homicide, incendie intentionnel, lésions corporelles graves et mise en danger de la vie d'autrui. Les autorités sont restées prudentes, répétant à plusieurs reprises que l'enquête était toujours en cours.
Des questions en suspens
Quelles étaient les motivations de l'auteur? Pourquoi les passagers ne sont-ils pas sortis du bus? Pourquoi l'embrasement a-t-il été si rapide? Nombreuses sont les questions qui restent en suspens ce soir. Les réponses viendront probablement dans les jours qui suivent. L'heure est au recueillement. En ce début de soirée, le président de la Confédération Guy Parmelin, ainsi que les autorités cantonales, se sont rassemblés autour du mémorial improvisé sur les lieux du drame.