Réaction aux critiques
Valérie Dittli déplore «l’étalage en détail des dissensions»

Se défendant par un communiqué, la Conseillère d’Etat estime avoir pleinement informé le gouvernement. Assurant que les deux mandats critiqués servaient l’intérêt public, elle répond indirectement aux appels à la démission en affirmant vouloir poursuivre son action.
La Conseillère d’Etat valérie Dittli estime avoir pleinement informé le gouvernement.
Photo: keystone-sda.ch
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Myret ZakiJournaliste Blick

Après le coup de tonnerre suscité par la publication du rapport Meylan, Valérie Dittli a envoyé à son tour à 17h un communiqué, en vue d’ «apporter des clarifications» sur les interrogations liées au départ de Jean-Claude Mathey de la Commission foncière rurale et à l’octroi des fameux mandats externes.

Le communiqué se conclut par ce qui ressemble à une réponse indirecte aux appels à la démission: «Pour conclure, écrit-elle, je réaffirme ici ma volonté de continuer à agir en tout temps dans l’intérêt de l’Etat pour nos institutions et la population.

Ayant assuré «avoir contribué pleinement à l’enquête de Maître Meylan», elle «déplore que les dissensions au sein du Conseil d’Etat soient étalées publiquement et en détail», tout comme elle «regrette que des collaborateurs de l’Etat soient nommément mis en cause, sans qu’une enquête ait permis de déterminer précisément d’éventuels
manquements».

Valérie Dittli ne le nie pas: «il y a bel et bien eu un accord confidentiel avec Maître Mathey». Elle insiste cependant que le mandat de 10’000 francs ne constitue pas la contrepartie du retrait de la plainte pénale», même si ces deux points figuraient dans la même convention. Elle assure par ailleurs que le mandat de 30’000 francs «n’a aucun lien avec la convention signée avec Maître Mathey».

«Sans contrepartie»

La Conseillère d’Etat tient à tracer une ligne claire de séparation entre les discussions qui ont eu lieu au sujet du retrait de la plainte de Jean-Claude Mathey et celles concernant le mandat, «sans contrepartie ni conditionnement, chacune répondant à des enjeux clairement séparés», assure Valérie Dittli.

D’après la magistrate, même si les deux points figuraient dans la même convention, «deux paragraphes distincts règlent, d’un côté, la question du retrait de la plainte et, de l’autre, la fin amiable des rapports de fonction».
Elle estime par ailleurs que, «vu qu’aucun président n’a encore été nommé à la tête de la CFR, et que Maître Mathey s’engage à rester à disposition de la future présidence durant un semestre pour assurer au mieux la transition, cet engagement justifie le montant de 10'000 francs.» 

Ce faisant, elle répond directement à la conclusion inverse de Jean-François Meylan, qui dans sa conférence de presse du jour, parle d’un montant «disproportionné» par rapport au mandat qui est lié à cette somme, à savoir la rédaction d’un état des lieux de la Commission foncière rurale, qui a débouché sur un texte de seulement 7,5 pages, dont «4 pages utiles», selon l’enquêteur.

Répondant par ailleurs aux accusations de la gauche, qui estime qu’elle a fait passer ses intérêts propres avant ceux de l’Etat, Valérie Dittli souligne que les deux mandats «ont exclusivement servi l’intérêt public et la bonne continuité de l’action de l’Etat, objectif qui devait primer sur les circonstances du départ». Enfin, la conseillère d’Etat, aujourd’hui désavouée par le reste du collège, estime «avoir informé pleinement la Présidente et avoir transmis au mieux au Conseil d’Etat les informations le concernant, selon les circonstances et le cadre légal».

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