«Ça m'a révoltée!»
Elue contre son gré, une garagiste de Prilly (VD) accuse le PLR de tromperie

Une garagiste de Prilly (VD) affirme avoir été élue contre son gré au législatif de la commune, révèle la RTS. Elle accuse le PLR de l'avoir trompée en lui faisant croire qu'elle signait une pétition.
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Une garagiste accuse le PLR de l'avoir désignée candidate au législatif de Prilly (VD) sans son consentement.
Photo: keystone-sda.ch
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Leo VonlanthenJournaliste Blick

Des candidatures non-consenties aux dernières élections communales éclaboussent la commune vaudoise de Prilly. C'est ce que révèle RTS ce lundi 23 mars.

Nous sommes en janvier 2026. Joel et Claudia Castro, un couple de garagistes, signent une pétition en faveur du maintien de places de stationnement. Dans ce cadre, ils donnent leurs noms, prénoms, adresse et date. «On a fait confiance, on n'est pas allé plus loin», explique Claudia, lundi matin, au micro de la Matinale de la RTS.

Election indésirée

Mais deux mois plus tard, elle et son mari découvrent leurs noms et leurs visages au sein de la liste des candidats du Parti libéral-radical au Conseil communal (législatif) de Prilly. Pire encore: le dimanche 8 mars, Claudia Castro apprend qu'elle a été élue avec près de 700 voix, alors qu'elle n'a jamais souhaité s'engager. 

«Ça m'a révoltée», raconte Claudia Castro. Elle assure avoir ignoré les mails, appels et autres sollicitations tout au long de la campagne.

Le PLR nie toute tromperie

Interrogé par la RTS, le PLR Prilly conteste toute tromperie. «En aucun cas, il n’a été question de pétition», déclare Tony Capuano, membre du comité du parti. Selon lui, le parti a clairement indiqué que les signatures étaient récoltées en vue des élections communales.

Dans un contexte marqué par des difficultés à recruter des candidats, le responsable assume toutefois pleinement sa stratégie d’élargissement de la liste électorale du parti. «Plus nous sommes nombreux, plus nous avons de voix», explique-t-il.

Le syndic de Prilly, Alain Gilliéron, assure pour sa part que la procédure a été respectée. L'édile, lui aussi membre du PLR, rappelle que l’administration a pour seul rôle de vérifier les noms, prénoms, adresses, professions et signatures figurant sur les listes.

Un «scandale»

Du côté de Rebecca Joly, élue verte au Conseil municipal des Vert-e-s, le son de cloche est tout autre. L'élue évoque un «scandale» dans cette affaire. «Faire partie d'un Conseil communal doit être un choix éclairé», déclare-t-elle.

La RTS, qui a fait valoir la loi sur l'information, a pu consulter la feuille d'inscription signée par le couple Castro. La mention «8 mars – Elections du Conseil communal» est bien présente. Mais pour Rebecca Joly, «l’écriture est petite et il est possible de faire signer la feuille avant même de compléter certaines informations». Elle relève également une ressemblance nette entre ce document et une pétition.

Photos retouchées par IA

Un autre élément trouble les Castro: les photos de campagne. Leurs portraits ont été fortement retouchés, notamment à l’aide d’outils d’intelligence artificielle. Le parti assume ces modifications, évoquant des ajustements auxquels tous les mouvements recourent. De son côté, le couple affirme avoir accepté d'être pris en photo uniquement dans le cadre de son travail et de la pétition.

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Aujourd'hui, Claudia Castro est dans l'impasse. La loi lui offre trois options: siéger, refuser le mandat ou démissionner. Mais aucune ne lui convient. S’engager est exclu, et une démission publique pourrait, selon elle, nuire à la réputation du garage familial.

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