En bref
- La Caisse publique de prêts sur gages (CPPG) à Genève a été victime d’un vol de lingots d’or et pièces d’une valeur de 750'000 francs en avril 2026. Un employé sous fausse identité a été arrêté en mai.
- La CPPG s'engage à dédommager intégralement les 20 clients lésés: les déposants recevront des objets de valeur équivalente ou une indemnisation financière dans un délai de trois mois.
- Un audit de sécurité a été lancé par la nouvelle présidente Fabienne Bertolucci pour corriger les failles dénoncées dans un rapport sévère de la Cour des comptes publié le 31 mars, qui pointait des lacunes de gestion depuis 2018.
L'affaire avait provoqué un véritable séisme politique au bout du Léman. Face au vol d'environ 750'000 francs de lingots d'or et de pièces par un employé engagé sous une fausse identité, la Caisse publique de prêts sur gages (CPPG) réagit et s'engage désormais à dédommager intégralement les vingt déposants floués. Selon un communiqué datant de vendredi 12 juin, le conseil d’administration de l'établissement de droit public a arrêté des modalités de prise en charge strictes pour réparer les conséquences de ce vol majeur commis en avril 2026.
Concrètement, la CPPG s'engage à remplacer chaque gage dérobé par un objet similaire et de valeur équivalente dans un délai maximal de trois mois. Si un remplacement à l'identique s'avère impossible, les emprunteurs recevront une indemnité financière correspondant à la valeur de marché actuelle de leur dépôt. Durant cette période d'attente, la direction renonce à percevoir ses droits fixes.
Un employé avec une fausse identité
Rembobinons. En avril dernier, un vol spectaculaire portant sur vingt-quatre prêts, principalement des lingots d'or et des pièces de valeur, a été découvert. L'auteur présumé du délit était un collaborateur engagé fin mars 2026 sous une fausse identité, arrêté par la police à la fin du mois de mai.
Aujourd'hui, la CPPG précise qu'un inventaire complet de sept semaines a été mené sous la supervision d'un huissier de justice. Il a permis de sceller les gages restants et de cibler précisément les vingt clients lésés, qui ont tous été contactés individuellement.
La nouvelle présidente de l'institution, Fabienne Bertolucci, qui entrée en fonction le 27 mai dernier, a présenté ses excuses. Elle a lancé un audit de sécurité approfondi afin d'examiner d'éventuelles failles dans les procédures de sécurité et de contrôle.
Un dédommagement sur fond de crise
Si la CPPG met tout en œuvre pour éteindre l'incendie auprès de ses usagers, cette affaire intervient dans une institution déjà secouée par de vives controverses sur sa gouvernance. Ce service traversait déjà une crise sans précédent à la suite d'un rapport au vitriol de la Cour des comptes publié le 31 mars et publié par Blick. Cet audit dénonçait notamment une gestion lacunaire des inventaires physiques, l'absence de processus de contrôle formalisés et des failles administratives majeures persistantes depuis 2018.
Ce scandale avait secoué l'institution à Genève, entraînant le départ de la présidente socialiste Lorella Bertani, puis la démission, le 12 mai, de l'administratrice déléguée Lynn Bertholet. Cette dernière s'était défendue dans les colonnes de Blick: elle réfutait toute malversation... tout en taclant au passage la conseillère d’Etat Nathalie Fontanet et la Cour des comptes.
Alors que la droite exigeait déjà une enquête pénale sur la gouvernance interne de la caisse, ce vol digne d'un film risque encore d'alimenter les critiques formulées à l'encontre des mécanismes de contrôle internes de l'institution. La nouvelle direction se défend et affirme vouloir renforcer ces dispositifs et tirer tous les enseignements de cette affaire.