Une ombre au tableau?
Un géant de lumière à 165 millions: le nouveau QG de la RTS ouvre ses portes

Après 12 ans de préparation, la RTS centralise ses activités à Lausanne-Ecublens. Le site, autofinancé à hauteur de 165 millions de francs, ouvrira ses portes au public les 30 et 31 mai prochains.
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La RTS inaugure son nouveau centre de production à l’EPFL ce week-end.
Photo: keystone-sda.ch
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ATS Agence télégraphique suisse

On le sait, la RTS déménage! Son nouveau centre de production flambant neuf est en pleine phase d’installation sur le campus de l'EPFL à Lausanne-Ecublens. Facture de ce géant de verre et d'acier: 165 millions de francs. Le public est invité à l'inauguration cette fin de semaine.

Vu du ciel, on dirait un immense piano à queue. Dès la fin mai, le tout nouveau site de la RTS se dévoilera enfin au grand public. Un projet titanesque destiné à remplacer le vénérable bâtiment lausannois de la Sallaz et plusieurs infrastructures genevoises installées dans la mythique Tour.

A l'intérieur, l'impression d’espace domine. Baigné de lumière, le bâtiment est soutenu par un entrelacs d'imposantes poutres en «V» composées à 90% d'acier recyclé. Un pari architectural audacieux: construire pour près d'un siècle, alors même que personne ne sait à quoi ressemblera le métier de journaliste dans dix ans!

Mais pour Pascal Crittin, directeur de la RTS, c'est justement tout l'enjeu. Il défend un projet qui est «le fruit de douze années de réflexion. Nos objectifs étaient de casser un système en silos, d'avoir une flexibilité totale pour les 90 prochaines années et de miser sur l'ouverture au public, le voir et être vu.»

Une ombre au tableau?

Si la direction est conquise, ce nouveau colosse pourrait éclipser son prestigieux voisin, véritable landmark du campus. Comme l'a pointé le journaliste du «Temps» Nicolas Dufour au cours de la visite de presse, on peut légitimement se demander s'il n'est pas dommage que ce complexe vienne écraser le Rolex Learning Center voisin.

Le directeur de la RTS défend un bâtiment qui est «le fruit de douze années de réflexion».
Photo: keystone-sda.ch

Ce dernier, célèbre pour son architecture visionnaire tout en vagues, est l'œuvre de l'agence japonaise SANAA. Pour la précision historique: ses architectes, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa, ont été récompensés par le prestigieux prix Pritzker en 2010. La cohabitation visuelle entre les deux géants du campus promet de faire causer.

165 millions autofinancés

Côté portefeuille, le chiffre en impose: 165 millions de francs (130 millions pour la construction, 35 millions pour la technologie). La RTS rassure: l'investissement est entièrement autofinancé par la vente de son propre parc immobilier, notamment le site de la Sallaz. Sans même tenir compte des recettes liées à la vente de la Tour à Genève.

Le bâtiment repose sur un impressionnant réseau de poutres en «V».
Photo: keystone-sda.ch

Au total, près de 950 collaborateurs se partageront 500 places de travail sur 25'000 m2. Ces derniers devront aimer les transports en commun puisque seule une centaine de places de parc sont disponibles. Elles seront distribuées selon un système de réservation qui tiendra compte des priorités éditoriales et des horaires décalés.

Si les chaînes de radio musicales (Option Musique, Espace 2, Première, Couleur 3) ont déjà ouvert le bal cet hiver, l'actualité radio («La Matinale», «Forum», les flashs infos) débarquera sur le campus fin juin. Pour voir le «19h30» réalisé depuis l'EPFL, il faudra en revanche patienter jusqu'en novembre. Et la rédaction des sports ? Elle sera la dernière à faire ses cartons, pas avant 2028. La RTS conserve toutefois de belles attaches au bout du lac (magazines TV, documentaires, fiction et archives). Même si ce déménagement reste un crève-cœur pour les Genevois, force est de constater que pour le reste de la Romandie, Lausanne est nettement plus central.

Des portes ouvertes XXL

Conçu pour «l'échange permanent avec la population», avec un hall assez monumental et des enseignes en néon, le bâtiment a pour ambition de se transformer en véritable place de fête. Les samedi 30 mai (9h-21h) et dimanche 31 mai (8h30-18h), la population est invitée à fouiner dans les coulisses. Un week-end 100% gratuit et sans inscription préalable.

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